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2013 21
mai

Il sera question de traduction audiovisuelle samedi prochain, le 25 mai, au cours de la journée Barcelone à Paris, de 10 h à 17h45, dans le cadre du séminaire « Le film pluriel ».

À 14 heures, Jean-François Cornu, au nom de l’ATAA, y présentera une communication intitulée « Les versions sous-titrées et doublées : des versions “originales” à conserver et étudier comme les autres ? » et dont voici le résumé :

Conserver et montrer toutes les versions d’un film sous-titrées et doublées dans une même langue est une manière de contribuer à une histoire vivante du cinéma. Mais comment évaluer et répertorier ces versions ? Sur le plan historique d’abord, chaque époque a ses propres conventions : un sous-titrage en français antérieur aux années 60 n’a rien à voir avec un autre établi après 1990, de même qu’une oreille exercée peut reconnaître la période de réalisation d’une version doublée. Sur le plan technique ensuite, une version sous-titrée peut être identifiée selon le système d’impression ou de gravure des copies, ou selon les modes d’incrustation électronique ou numérique, de même qu’une version doublée s’identifie grâce au mode d’enregistrement ou à la voix et au ton des comédiens. Sur le plan esthétique enfin, le niveau de qualité technique et de traduction d’un sous-titrage ou d’un doublage est riche en conséquences sur la fidélité à l’œuvre originale et sur la réception du film par le public. Les deux, trois ou quinze versions d’un même film que dénombrent les spécialistes de certains réalisateurs se multiplient alors de façon vertigineuse…


Mais reprenons au début :

- « Barcelone à Paris » ?

multiversions petit

Cette journée présentera trois communications préparées pour le colloque « Multiversions » qui s’est tenu en avril dernier, à la Filmoteca de Barcelone, ainsi qu’une table ronde réunissant plusieurs de ses participants. (Un compte rendu de ce colloque paraîtra dans le prochain numéro de L’Écran traduit.)


- « Le Film pluriel » ?

C’est un groupe de recherche fondé en 2006, animé par Marie Frappat et François Thomas, dont on peut lire la présentation détaillée et les programmes précédents.


Les activités du Film pluriel ont donné à ce jour naissance à deux publications :


Détails pratiques

Entrée : libre et gratuite.

Lieu : Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, Centre Censier, salle 49
13, rue de Santeuil — 75005 Paris

Les séances suivantes du « Film pluriel » auront lieu le 15 juin et le 19 octobre ; cette dernière permettra d’entendre François Minaudier expliquer pourquoi, selon lui, « Tous les sous-titres sont mortels ».


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2013 14
mai

affiche

Du 30 mai au 1er juin, Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes) accueille la troisième édition des Journées européennes du doublage.

Au programme : une série de rencontres autour des métiers du doublage avec des auteurs, des comédiens ou encore des directeurs artistiques, ainsi que des projections de films en version française, des conférences et des ateliers.

« Que ce soit à l’occasion de [sa] métamorphose en studio de doublage, ou bien lorsqu’il bourdonnera de débats exceptionnels avec plusieurs adaptateurs et comédiens, le Cinéma de Beaulieu va devenir pendant trois jours un lieu d’expérience sans précédent », annoncent les organisateurs. « Cinéphiles aguerris ou simples curieux issus du grand public, les spectateurs auront droit à ce qu’un voile se lève pour eux sur un art dont ils ignoraient parfois jusqu’à l’existence. »

Pour tout savoir sur cette manifestation et consulter son programme complet, rendez-vous sur son site : www.jed-beaulieu.com

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2013 02
mai

christophescamthumb2

Pour la première fois depuis la création de la Société Civile des Auteurs Multimédia et grâce au travail de Jean Bertrand – qui, pendant plusieurs années, a été le seul traducteur à faire partie de la Commission audiovisuelle – un représentant de notre profession va siéger au Conseil d’administration, l’organe décisionnaire de la Scam. La mobilisation des traducteurs se doit d’être à la hauteur de l’événement : au-delà du choix d’un candidat, il s’agit de saluer, par un vote massif, la décision de la Scam de créer un siège qui nous soit réservé, et de montrer le rôle que nous entendons jouer. La présence de l’un d’entre nous renforcera notamment notre visibilité, aussi bien auprès des adhérents de la Scam exerçant un autre métier (réalisateur, journaliste, photographe, auteur d’œuvres radiophoniques) qu’auprès de l’ensemble des professionnels de l’audiovisuel et du grand public.

Christophe Ramage, suppléant puis successeur de Jean Bertrand à la Commission au cours des quatre dernières années, se présente à cette élection. Il compte sur votre participation, car un élu ne peut exprimer les avis de toute une profession si celles et ceux qui la composent ne se font pas entendre quand occasion leur est donnée de le faire.

Les adhérents de la Scam recevront la convocation à l’assemblée du 19 juin à compter du 30 avril et pourront voter en ligne (https://vote.election-europe.com/scam/) ou par correspondance à compter de cette date et ce, jusqu’au lundi 17 juin 2013, 17 heures.

Tous les renseignements sont disponibles sur le site www.scam.fr dans votre Espace Auteur.


À (re)lire également : ce portrait de Christophe Ramage publié sur le blog de l’ATAA en 2009.

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2013 28
avr

strabic_vost_2

L’ATAA participera, jeudi 2 mai à 19 heures, à la table ronde organisée au théâtre de la Gaîté lyrique sur le thème « VOST, les mots à l’écran ».

Cette manifestation constituera le deuxième numéro de l’émission 3615 Strabic lancée en mars par la revue de design en ligne strabic.fr. Les débats seront diffusés en direct sur le site du théâtre, où il sera également possible de les (re)voir ultérieurement.

En donnant la parole à l’ATAA, les organisateurs de cette rencontre offrent l’occasion aux adaptateurs d’expliquer au grand public leur travail, y compris les contraintes qui le régissent et expliquent parfois leurs choix de traduction. La thématique de la lecture à l’écran étant assez large, le thème du sous-titrage à destination des sourds et malentendants pourra également être abordé.

La présence de la typographe Sandrine Nugue, qui a travaillé sur cette thématique et étudié ses aspects plus scientifiques (vitesse de lecture d’un cerveau humain, travail intuitif du cerveau sur les mots et les lettres, etc.), permettra aussi de clarifier les mécanismes de la lecture à l’écran et d’aborder sous un autre angle les règles appliquées par les adaptateurs en sous-titrage. Une table ronde qui sera, nous l’espérons, intéressante tant pour le grand public que pour les professionnels !


Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la Gaîté lyrique ou sur la page Facebook de la table ronde.


Informations pratiques :

Jeudi 2 mai à 19 heures, entrée libre
Gaité lyrique – Plateau média
3 bis rue Papin, 75003 Paris
Métro Réaumur-Sébastopol, Arts et Métiers ou Strasbourg Saint-Denis


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2013 16
avr

couv traduire

Pour son numéro de décembre 2012, la revue Traduire de la Société française des traducteurs (SFT) se penche, le temps d’un copieux cahier spécial, sur la traduction dans le domaine des sciences sociales (ou des sciences humaines, les deux appellations sont employées assez indifféremment dans le dossier). Parler de traducteurs « spécialisés » dans les sciences sociales serait manifestement un non-sens, tant sont vastes les domaines abordés dans ce cahier : philosophie, économie écologique, finance, architecture, administration publique, etc.

Les différentes contributions de ce numéro placent leur focale à une distance plus ou moins grande de l’acte de traduction, ce qui permet de multiplier les angles d’approche.

Ainsi, l’article de Gisèle Sapiro qui ouvre le dossier commence par décrire un phénomène dans sa globalité, celui de la circulation des ouvrages traduits dans le domaine des sciences humaines, et balaye en quelques pages l’édition de traductions d’ouvrages de sciences sociales ainsi que ses enjeux et les obstacles qu’elle rencontre à l’heure de la mondialisation[1].

L’article d’Alice Berrichi « La traduction en sciences sociales », complémentaire de celui de Gisèle Sapiro, s’attache lui aussi à dépeindre la circulation des traductions d’ouvrages de sciences sociales, en présentant les problèmes qui se posent en la matière ainsi que les difficultés propres au transfert d’une langue à une autre des concepts et des termes appartenant à ce vaste ensemble de disciplines.

Un cran plus près des praticiens proprement dits, signalons, sous la plume de Verónica Román, un aperçu très complet de la place du traducteur dans le marché de la traduction économique et financière (tributaire de phénomènes de grande ampleur tels que la mondialisation ou la crise actuelle), ainsi qu’un regard sur le rôle de la traduction et de l’interprétation au sein des services publics espagnols (Carmen Valero Garcés). Où l’on apprend qu’ont lieu au niveau international des rencontres entre services de traduction et d’interprétation de la fonction publique de différents pays, et qu’il existe, à l’échelon espagnol, un réseau de chercheurs et de formateurs en traduction et interprétation qui joue un rôle d’observatoire permanent de la communication entre les langues et entre les cultures.

« De la traduction en philosophie » (par Tiina Arppe, chercheuse et traductrice) nous laisse entrapercevoir les défis de la traduction de la philosophie en finnois (« Lorsqu’une de mes amies finlandaises, qui habite en France, avait un jour mentionné à l’une de ses connaissances locales, professeur de philosophie, que j’étais en train de traduire un texte de Jacques Derrida vers le finnois, cette connaissance avait constaté laconiquement que c’était certainement un bon moyen de se suicider »). Problèmes étymologiques et de champs lexicaux sont abordés au moyen d’exemples très parlants (malgré notre absence de familiarité avec le finnois) et aboutissent à une conclusion éclairante : « Il ne s’agit pas en philosophie de traduire un « savoir » objectif unique, un ensemble de faits réels, auxquels le traducteur pourrait faire référence pour réussir son travail. Ses choix reposent toujours sur sa propre interprétation du texte philosophique – autrement dit, traduire un texte philosophique, c’est aussi toujours en quelque sorte philosopher, raisonner sur des questions de philosophie. »

Avec l’article de Tiina Arppe, nous nous sommes rapprochés de la pratique proprement dite de la traduction en sciences sociales et sciences humaines. Une série de textes creuse ce sillon : celui de Sabri-Fabrice Sayhi (« Traduire dans le domaine de l’économie écologique ») détaille les problèmes terminologiques propres à la traduction dans le domaine complexe (car transdisciplinaire, puisque touchant à la fois au développement économique et à l’environnement) de l’économie écologique. Plusieurs exemples concrets (notion de soutenabilité, recours aux métaphores, emploi des adjectifs « écologique » et « environnemental ») débouchent sur une réflexion intéressante quant au caractère idéologique de cette terminologie et aux glissements de sens que l’on y constate. L’article s’accompagne d’un petit glossaire anglais-français-espagnol. Dans une autre discipline, l’architecture, un article de Kim Sanderson (« À la poursuite de l’intangible ») évoque certaines difficultés de traduction très concrètes rencontrées par l’auteur (anglophone) face à un ouvrage de Le Corbusier présentant la particularité de mêler l’allemand et le français.

Trois articles élargissent la thématique du dossier principal : « Parlons du traducteur : rôle et profil » (Marie-Hélène Catherine Torres), « La face cachée de la révision » (Charles Martin) et une contribution qui nous intéresse plus directement, sur la version doublée en français d’un film italien sorti en 2002 (« Traduction multimédia et voix régionales : la version française du film Respiro d’Emanuele Crialese », par Antonino Velez). Si son lien avec la traduction en sciences humaines semble ténu, ce dernier article est néanmoins fouillé et analyse en détail les stratégies de restitution (plus ou moins fructueuses) des particularités sociolinguistiques du film dans son doublage, notamment le recours fréquent au dialecte sicilien (et le décalage entre dialecte et italien « standard »), la traduction des toponymes ou encore le rendu de certaines expressions argotiques. Une gageure dans une œuvre qui semblait prédestinée à être exclusivement sous-titrée pour sa distribution en France (film d’art et essai, en italien, mêlant italien et dialecte sicilien). On notera cependant que l’auteur évoque peu, dans son explication des choix d’adaptation, certaines contraintes propres au doublage (telles que le synchronisme des répliques avec le mouvement des lèvres des acteurs de la version originale) et surtout qu’il ne mentionne nulle part le nom de l’auteur des dialogues doublés qu’il analyse…

Un numéro éclectique, en résumé, qui permet de se faire une idée de la richesse des thématiques que l’on peut être amené à aborder en traduisant dans le domaine des sciences humaines et des sciences sociales. Un certain nombre d’articles sont du reste eux-mêmes traduits d’une autre langue (espagnol, anglais, finnois), ce qui permet aussi de constater que les traducteurs talentueux ne manquent pas dans les sciences humaines et sociales.


Traduire n°227, décembre 2012, « Éco, socio, philo… & co », 136 pages

Pour commander un numéro de Traduire ou vous abonner (deux numéros par an), contactez la Société française des traducteurs à l’adresse traduire@sft.fr ou rendez-vous sur cette page.

À noter : les adhérents de l’ATAA souhaitant s’abonner à Traduire bénéficient d’un tarif préférentiel (30 euros par an au lieu de 40).



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couv TL

Contrairement à ce numéro de Traduire, la dernière livraison de TransLittérature, la revue de l’Association des traducteurs littéraires de France, n’est pas axée sur une thématique unique et centrale.

Le numéro 44 (hiver 2013) s’ouvre sur un nouvel article de la série « Côte à côte », qui compare les différentes traductions publiées d’œuvres littéraires. Cette fois, ce sont les premières lignes de La Métamorphose de Kafka que Corinna Gepner passe au crible, au moyen de cinq traductions françaises récentes. Si l’exercice peut laisser le lecteur sur sa faim (« La suite ! », est-on tenté de réclamer), il est mené de façon intéressante par l’auteur de l’article, qui décortique les difficultés propres au texte allemand et les spécificités de chaque traduction.

Ce premier article nous place d’emblée « à hauteur de traducteur », aux prises avec les mots eux-mêmes, leurs pièges et leurs insuffisances. Plusieurs autres contributions adoptent cette même perspective, à commencer par le journal de bord tenu par Patricia Barbe-Girault qui relate la traduction épineuse de The Life (de Malcolm Knox, paru en France sous le titre Shangrila aux éditions Asphalte en 2012). Un défi à tous points de vue : pavé de plus de 500 feuillets, anglais d’Australie, écriture déconcertante à nulle autre pareille et plongée dans le milieu du surf des années 1970, un domaine que la traductrice ne connaissait guère. Le récit de cette traduction épique est tout à fait passionnant, Patricia Barbe-Girault partageant ses doutes et ses échecs avec autant de franchise que ses satisfactions et ses victoires.

Un long entretien avec Diane Meur, traductrice et romancière, nous entraîne vers d’autres horizons, ceux de son quatrième roman, Les villes de la plaine, qui mêle fiction, antiquité et réflexion sur la nature de la traduction. Dans cette entrevue surprenante, l’auteur évoque son rapport aux mots et à l’écriture, différent selon qu’elle endosse sa casquette de traductrice ou de romancière.

Toujours au plus près des mots, mentionnons un article signé Jacques Legrand (« traducteur de Rilke, Trakl et Fontane entre beaucoup d’autres ») et intitulé « La mesure et le nombre – Autres réflexions sur la traduction poétique ». Avec beaucoup de justesse, il met le doigt sur les concessions que doit faire le traducteur de langue française aux structures syntaxiques, aux sonorités, au rythme, etc. de la langue source qu’il traduit. Trahir légèrement le sens pour parvenir à un style plus élégant, conserver l’ordre des mots mais se voir obligé d’en ajouter de nouveaux (« Adieu la percutante brièveté, le cri désespéré de l’original. Est-ce la quadrature du cercle ? »), trouver une équivalence « la moins approximative possible », autant de dilemmes quotidiens auxquels est confronté le traducteur littéraire…

Mais les traducteurs ne se contentent pas d’écrire, ils partagent aussi leur savoir-faire et leur passion de vive voix. Dominique Nédellec relate ainsi l’animation d’un atelier de traduction  dans un lycée : « Comment expliquer à des lycéens en quoi consiste mon métier ? Comment capter immédiatement leur attention ? Passeur, faussaire, imposteur, caméléon, anguille, pigeon à l’occasion… Oui, bien sûr. Mais encore ? » Elle optera finalement pour l’image du funambule en équilibre entre deux mondes distants…

De nombreux autres ateliers et interventions sont évoqués dans les articles de la revue consacrés à la « Journée de printemps » organisée le 16 juin 2012 par l’association ATLAS, qui organise par ailleurs les assises annuelles de la traduction littéraire (Arles). Au menu : « Le traducteur à ses fourneaux ». Les Assises 2012 (autour du thème « Traduire le politique ») et le festival littéraire « Mixed Zone » de Liège ont également les honneurs de la rubrique « Colloques ».

Mentionnons encore la rubrique « Lectures » qui rend compte de l’ouvrage Traduction : histoire, théories, pratiques (Delphine Chartier, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2012) et des recommandations en faveur de la traduction littéraire publiées à l’automne dernier par la Commission européenne. Sont en outre évoquées l’œuvre d’Isaac Bashevis Singer (dans le prolongement du dossier sur le yiddish publié dans un précédent numéro de TransLittérature) et celle d’Aharon Appelfeld (écrivain israélien qui relate notamment dans ses écrits comment il fut privé de langue pendant la guerre et connut par la suite une « mutation linguistique »).

Rappelons que c’est aussi dans ce numéro – décidément très riche – de TransLittérature que l’on peut retrouver l’entretien croisé « Les traducteurs tissent leur toile » entre Valérie Julia (qui a coordonné la mise en ligne des archives de TransLittérature) et Samuel Bréan (membre du comité de rédaction de la toute nouvelle revue en ligne de l’Ataa), publié simultanément dans le premier numéro de L’Écran traduit.


Depuis le lancement du site de TransLittérature, chaque numéro de la revue est accessible en ligne dès la publication du numéro suivant.


TransLittérature n° 44, hiver 2013, 93 pages




Notes    (cliquer sur ↵ pour revenir au texte)
  1. Profitons-en pour recommander ici quelques-uns des ouvrages de Gisèle Sapiro, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de la sociologie de la traduction : Translatio. Le marché de la traduction en France à l’heure de la mondialisation (CNRS Éditions, 2008), mais aussi l’étude récente qu’elle a dirigée et qui est chroniquée à la fin du même numéro de Traduire : Traduire la littérature et les sciences humaines : conditions et obstacles (Ministère de la Culture et de la Communication, 2012).

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2013 04
avr

Vendredi 29 mars, pour la remise du 2e Prix du sous-titrage et du 1er Prix du doublage organisés par l’Association des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel (ATAA), la Fémis a fait salle comble ! En présence de quelque 150 invités issus du monde de la traduction, mais aussi de représentants des sociétés de distribution et des laboratoires, et de directeurs de plateau, les organisateurs de la manifestation ont commencé avec une question : « Un film, qu’est-ce que c’est ? » C’est un intense travail créatif, qui représente des années d’engagement et un investissement financier important. Pour franchir les frontières, il doit passer par une seule personne, l’adaptateur, qui a donc une lourde responsabilité. À lui de transmettre au public toute la richesse d’une œuvre en langue étrangère. Le principe paraît simple, mais sa mise en application relève de la gageure : respect du sens, aussi bien le plus évident que le plus subtil, du ton, des registres, de l’humour, des références culturelles, mais aussi fluidité de l’expression et naturel de la langue sont autant de difficultés que seuls des professionnels parviennent à surmonter. Une remarque d’un des jurés de cette année résume à merveille l’essence de ce travail : « Une bonne adaptation, c’est trouver sa liberté au milieu des contraintes. »

À n’en pas douter, les quatre lauréat(e)s y sont parvenu(e)s. Maï Boiron, distinguée pour son sous-titrage de Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, a rappelé qu’une adaptation était aussi un travail d’équipe effectué en collaboration avec des spécialistes du sujet abordé par un film. Autre point de vue du côté de Belinda Milosev, récompensée dans la catégorie Film non anglophone, pour La Parade, du réalisateur serbe de Srdjan Dragojevic. Visiblement émue, la lauréate a salué ses parents qui lui ont transmis l’amour de leur langue, ce qui lui a permis – conjointement avec le distributeur Sophie Dulac – de donner une deuxième vie à ce film militant tourné en 2010 et sorti en France début 2013.



blog la parade + zero

Changement de genre avec Sur la route. Qui mieux qu’une inconditionnelle de Jack Kerouac pour assurer l’adaptation en doublage du long métrage du même nom réalisé par Walter Salles ? Le hasard faisant parfois bien les choses, Claire Impens, lectrice assidue de l’œuvre de cet auteur majeur de la « Beat Generation », s’est en effet vu confier ce travail qu’elle a vécu comme un vrai coup de chance et un clin d’œil du destin. Enfin, dans la catégorie Film d’animation, le jury a souligné l’excellence du travail de Bob Yangasa dont l’adaptation du film Les Pirates ! Bons à riens, mauvais en tout de Peter Lord restitue à merveille l’humour so british et parvient à toucher aussi bien les enfants que les adultes.



blog les pirates + sur la route

À l’heure où certains prestataires techniques, parmi les plus prestigieux, souhaiteraient réduire l’auteur à une ligne anonyme dans les devis, la richesse et la diversité de ce palmarès mettent en avant des auteurs dont la passion reste intacte et dont la volonté de traduire dans les meilleures conditions fait d’eux les garants de l’investissement créatif et financier que représente une œuvre cinématographique. Que faut-il en conclure ? Lorsqu’un distributeur confie une telle responsabilité à une personne, il a tout intérêt à la choisir lui-même !

Venu nombreux pour soutenir les auteurs d’adaptations, le public ne s’y est pas trompé, tout comme les professionnels du secteur audiovisuel qui, par leur présence, ont témoigné de l’importance de ce métier encore méconnu. Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour l’année prochaine !




Palmarès

SOUS-TITRAGE

Film anglophone :
Maï Boiron pour Zero Dark Thirty (États-Unis) de Kathryn Bigelow (distribution : Universal)

Film non anglophone :
Belinda Milosev pour La Parade (Serbie) de Srdjan Dragojevic (distribution : Sophie Dulac)

DOUBLAGE

Film en prises de vue réelles :
Claire Impens pour Sur la route (France/États-Unis/Grande-Bretagne/Brésil) de Walter Salles (distribution : MK2, VF dirigée par Philippe Blanc)

Film d’animation :
Bob Yangasa pour Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout de Peter Lord (distribution : Sony Pictures, VF dirigée par Barbara Tissier)

Pour télécharger le dossier de presse, cliquez ici.

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2013 19
mar

the prosperous translator

Voici une cinquième chronique issue de l’ouvrage de Chris Durban The Prosperous Translator, traduite par Karine Rybaka. Le texte original en anglais est à la suite.

Pour retrouver toutes les chroniques traduites, cliquez ici.

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

Je relis actuellement le travail le plus nul que j’aie jamais vu de ma carrière. Il s’agit d’une traduction française de 10 000 mots à partir d’un texte anglais traduit du japonais… La traduction anglaise est plutôt bonne, mais la traduction française est un tissu d’âneries. Elle est « l’œuvre » d’un type au CV impressionnant, qui prétend être titulaire d’un MBA et enseigner la comptabilité dans une université suisse. Mais son travail n’est que de la bouillie pour chats.

Je me pose donc deux questions :

  1. De toute évidence, ma relecture sauve la mise de l’agence de traduction qui a commandé la traduction. Comment puis-je en tirer parti ?

  2. Je suis agacé qu’un « confrère » puisse pondre un travail aussi médiocre, tout en étalant de telles références. J’ai ses coordonnées. Comment pourrais-je lui rabattre son caquet ?

signé : Correcteur de l’extrême

Réponse :

Cher Correcteur,

  1. Facturez en fonction du travail effectué. Un petit entretien avec le chef de projet pourrait également s’avérer utile, mais en restant au-dessus de la mêlée. Au lieu de fulminer contre l’incompétence de votre confrère (l’agence doit se mordre les doigts de lui avoir confié ce travail), placez-vous plutôt sur un terrain plus neutre en leur parlant de la qualité. Demandez-leur par exemple si leurs contrats interdisent aux traducteurs de sous-traiter. C’est une piste à explorer, car c’est peut-être là que le bât a blessé (à moins que le traducteur ait placé une confiance excessive dans sa mémoire de traduction ou ait tout bonnement travaillé en état de mort cérébrale).

  2. Bon, vous avez très envie d’écrire une lettre à la fois élégante, spirituelle et efficace sur le thème : « Vous êtes un vaurien qui discrédite notre profession ».

    À notre avis, la meilleure tactique consisterait à vous adresser à lui d’égal à égal, et à lui faire comprendre que vous n’êtes pas dupe. Quelque chose comme : « Cher confrère, cette traduction vous a visiblement échappé. J’ignore si vous ne maîtrisez pas votre logiciel d’aide à la traduction, ou si vous faites une confiance exagérée à l’un de vos étudiants, en tout cas, en tant que confrère, je tiens à vous dire que je compatis, et vous prie de trouver ci-joint mes commentaires. »

    Vous lui rappelez ainsi que sa façon d’agir envers le client n’a rien de professionnel (sans parler du manque d’éthique), tout en restant modéré dans vos propos.

Laisser libre cours à sa colère peut être euphorisant, mais garder en tête le point 1. sera meilleur pour vos affaires.

FF & AO

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2013 06
mar

Venez nombreux !

Venez nombreux !

En 2012, l’ATAA avait innové en créant le tout premier Prix du sous-titrage, afin de mieux faire connaître au grand public et aux médias les métiers qu’elle défend depuis 2006.

Forte du succès de cette première édition, l’ATAA a décidé de renouveler l’expérience. Renouveler ? Pas seulement ! Si, en 2013, un jury rassemblant des auteurs, des distributeurs et des producteurs distinguera à nouveau deux sous-titrages (Catégorie film anglophone et Catégorie film non anglophone), un second jury décernera en effet le premier Prix du doublage. Composé de trois auteurs, d’un distributeur et de deux directeurs artistiques, il statuera sur dix films choisis par le comité de sélection et sortis en salle entre janvier et novembre 2012. Comme pour le sous-titrage, deux catégories ont été définies : film d’animation et film en prise de vue réelle. Les lauréats seront désignés en fonction de quatre critères principaux : la fidélité au texte original, la qualité du français, la fluidité des dialogues et le naturel de la langue.

Les organisateurs auront le plaisir de vous accueillir le 29 mars 2013 à la Femis (6, rue Francœur, Paris 18e), à 18h30, pour la remise des Prix. Début des réjouissances à 19h précises. La cérémonie sera suivie d’un cocktail avec buffet.

Plus de renseignements à cette adresse :
http://www.ataa.fr/index.php/notre-action/prix-du-st-et-du-db.html

L’événement Facebook se trouve ici :
https://www.facebook.com/events/433403850072995/

Important : il est impératif de s’inscrire au préalable auprès de info@ataa.fr.

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2013 25
fév

Cette journée d'études se déclinera ensuite le 14 septembre à Genève et le 7 décembre à Bruxelles.

Cette journée d'études se déclinera ensuite
le 14 septembre à Genève et le 7 décembre à Bruxelles.


L’ATAA participera à la cinquième édition de la « Traductologie de plein champ », qui se tiendra le samedi 2 mars, Université Paris Diderot, amphi Buffon, 9h00-18h00.

Tous les détails se trouvent sur cette page, le programme (pdf) étant ici.

La participation est gratuite, mais l’inscription est obligatoire : merci pour cela d’écrire, pour le samedi 2 mars, à Nicolas Froeliger (nf@eila.univ-paris-diderot.fr).

(Pour consulter le programme des précédentes éditions des journées « Traductologie de plein champ », rendez-vous sur le site de l’Université Paris Diderot.)


Présentation des organisateurs :

La problématique des traductions adressées au grand nombre n’est pas nouvelle, mais elle acquiert une acuité plus grande depuis quelques années sous l’effet de trois phénomènes :

  • la professionnalisation croissante des métiers de la traduction ;

  • le développement des échanges, y compris culturels, et donc des flux de traduction de toute nature ;

  • la multiplication concomitante des moyens de produire et de diffuser des contenus en  tous sens et en toutes langues.

D’où un certain nombre d’interrogations, concernant, pour commencer, l’opération de traduction elle-même : en quoi la définition du public cible influe-t-elle sur les choix de traduction ? La légitimation de l’expression artistique ou scientifique doit-elle obligatoirement se payer d’une dépense intellectuelle lourde pour le lecteur ? Quid de la traduction des textes religieux (voire politiques) possédant à la fois un contenu exotérique (destiné à tous) et une teneur ésotérique (compréhensible par les seuls initiés) ? Comment reconfigurer un texte écrit au départ pour un petit nombre de lecteurs et destiné, à l’arrivée, au grand public (et inversement) ? Telles sont quelques-unes des interrogations générales de ce colloque international sur trois sites (Paris, Genève, Bruxelles).

À Paris, le 2 mars, on s’attachera plus particulièrement à définir ce qu’il faut entendre par grand public, aux démarches intellectuelles qui font que tout texte, aussi spécialisé soit-il, fait intervenir, à un certain moment, une phase de vulgarisation (ou dés-ésotérisation). Le grand public, c’est aussi l’audiovisuel, avec ses contraintes de rapidité, pour la traduction en direct d’événements sportifs, et ses enjeux culturels, par exemple, dans le cas des films français sur la Guerre d’Algérie. C’est également la littérature : celle dite de genre ou de gare, celle dite classique, que l’on peut souhaiter rendre accessible à un lectorat étendu, et même la littérature antique, avec en prime un éloignement dans le temps. Quels mécanismes, quelles manipulations, quelles reconfigurations sont à l’œuvre dans ces trois cas de figure ? C’est enfin et plus généralement une question de contact, conflictuel ou pas, entre cultures : c’est notamment par la traduction que des systèmes de pensée se rencontrent, mais que fait la traduction de cette rencontre ? Lors de notre première journée, à Paris, ces différents questionnements seront suivis d’une table ronde sur les besoins, acteurs, pratiques et enjeux de la traduction pour le grand public et réunissant des représentants d’associations de traducteurs (SFT, ATLF, ATAA), des diffuseurs d’informations en traduction et des éditeurs autour de cette problématique que l’on a trop longtemps méprisée ou confinée au seul domaine littéraire.


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2013 19
fév

L’ATAA a le plaisir d’annoncer la naissance de L’Écran traduit, revue sur la traduction et l’adaptation audiovisuelles, dont nous avions parlé ici même il y a quelques mois.

Le premier numéro de cette revue semestrielle est consultable à l’adresse suivante : http://ataa.fr/revue/.

ET numéro 1

Au sommaire :

- Un dossier sur le doublage en Allemagne (cinq articles)

- Un entretien avec Charles Vannier, directeur technique de Wild Bunch

- Un article sur l’inaudibilité et la traduction audiovisuelle

- « De l’écrit à l’écran », autour d’Anna Karénine… Et d’autres choses encore.

 

Bonne lecture et à bientôt !




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