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fév 05
L'Homme à la caméra de Dziga Vertov, 1929 © D.R.

L'Homme à la caméra de Dziga Vertov, 1929 © D.R.

Traducteur notoire et historien du cinéma, Bernard Eisenschitz s’intéresse au film sous toutes ses formes. Le Centre Pompidou lui a confié la programmation d’un cycle de projections-conférences intitulé Ceci n’est pas… un documentaire.

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Derrière un titre un peu provocateur, ton propos n’est pas de nier le film documentaire en tant que genre, mais de dire qu’aucun film ne peut prétendre montrer la réalité objective des choses, c’est bien ça ?

B.E.: Oui, ce cycle est le quatrième d’une série qui s’appelle Regards critiques. Jean-Louis Comolli a d’abord proposé un survol à la fois précis et large de l’histoire du documentaire, puis Sylvie Lindeperg a présenté son rapport avec et l’histoire, et Daniel Deshays le documentaire et le son.

Quand j’ai commencé à réfléchir à cette programmation, je me suis aperçu que depuis que je voyais des films, je ne faisais pas de différence entre le documentaire et la fiction, même s’il y a évidemment des extrêmes. Et il y a des moments où ça se croise. C’est un peu comme quand Renoir disait qu’il n’existe pas de cheval noir ou blanc, mais différentes gradations de gris. On est toujours dans quelque chose qui fait intervenir la fiction, le choix même de l’intervention relève de la fiction. On ne devrait pas l’appeler fiction, évidemment. Mais on est loin de l’idéal de cet enregistrement pur et objectif des caméras de surveillance. Encore que les caméras de surveillance, précisément, sont mises à des points stratégiques et ne voient pas nécessairement ce qu’elles devraient voir.

Je suis donc parti de cette idée et j’ai pris des films qui pour moi étaient mystérieux, qui n’étaient solubles ni dans le documentaire ni dans la fiction, qui permettaient de se poser des questions, et j’étais curieux d’essayer ça avec un public. suite »

fév 03
Slate.fr 28 janvier 2010

Slate.fr 28 janvier 2010

Une fois n’est pas (assez) coutume, la parole a été donnée aux adaptateurs de l’audiovisuel, mention sous-titrage, dans un journal généraliste.

Slate.fr, sous la plume de Pierre Langlais, s’attarde ainsi sur les conditions de travail des traducteurs de série, avec un vis-à-vis direct sur les… fansubbers.

Lire l’article

nov 27

Un petit film formidable réalisé par Ivan Verbizh pour la semaine du sous-titrage.
Avec les interventions de Sophie Benaben, coordinatrice du pôle sous-titrage sourds & malentendants de l’ATAA, et de Thierry Jullien, du CAASEM.

Image de prévisualisation YouTube
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nov 23

L’ATAA se mobilise pour le maintien d’adaptateurs professionnels garants d’un sous-titrage de qualité destinés aux personnes sourdes et malentendantes.

L’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) interviendra à la table ronde, qui se déroulera mardi 24 novembre 2009, de 10h30 à 12h30, à l’Espace Fondation EDF, 6 rue Récamier, 75017 Paris (métro Sèvres-Babylone).
Cette journée, organisée dans le cadre de la semaine du sous-titrage (www.semainedusoustitrage.org) par l’UNISDA (Union Nationale pour l’Insertion Social du Déficient Auditif) et l’AFIDEO (Association Française pour l’Information et la Défense des sourds s’exprimant Oralement), sera ouverte par M. Patrick Gohet, président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées.
Pour une meilleure accessibilité à la culture audiovisuelle aux personnes déficientes auditives, le Pôle sous-titrage pour les sourds et malentendants de l’ATAA se félicite des avancées technologiques qui, depuis quelques années, révolutionnent le sous-titrage, comme la reconnaissance vocale.
Néanmoins, si elles améliorent l’accessibilité aux programmes pour le public sourd ou malentendant, ces avancées technologiques se développent sans encadrement qualitatif ni concertation avec le public concerné !
De plus, les nouveaux domaines d’application (cinéma numérique HD, Internet, VoD, téléphonie mobile) ne semblent pas s’investir dans cette forme de sous-titrage et s’ouvrir ainsi aux 6 millions de personnes déficientes auditives.
Pour tenter de remédier à ces manquements, de nombreuses questions seront débattues lors de cette journée.

  • Comment améliorer la qualité et ouvrir les nouvelles technologies au sous-titrage pour les personnes déficientes auditives ?
  • Peut-on obtenir une homogénéité du sous-titrage
    quel que soit le support audiovisuel ?
  • Quel avenir pour les adaptateurs actuels ? Quel statut leur permettra d’être protégés des aléas du marché et de se former à l’évolution de la profession ?
  • Qui seront les adaptateurs de l’avenir ? Par qui et comment seront-ils formés ?

A noter que ces questions font déjà l’objet de concertations et de débats réguliers entre les professionnels de l’audiovisuel et les associations de personnes déficientes auditives, auxquels participe activement l’ATAA.
La coordination du pôle S&M de l’ATAA
Pour plus de renseignements, vous pouvez nous écrire à pole-sourd-malentendant@ataa.fr  ou contacter Sophie Bénaben (06 11 18 22 73).
L’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) a été créée en 2006 et fédère près de 200 adaptateurs prestataires de l’ensemble des laboratoires de post-production.

Notre site : www.ataa.fr

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nov 22
semainedusoustitrage

Semaine du sous-titrage, du 18 au 24 novembre 2009

A quand le cinéma accessible aux personnes sourdes ou malentendantes ?

C’est le « sous-titre » de la semaine du sous-titrage, organisée par l’Unisda et l’Afideo. Sa mission : développer le sous-titrage en France des programmes télévisés, des films français dès leur sortie en salle, en DVD et en VOD, et de la publicité.

L’Ataa participera à la table ronde qui aura lieu le mardi 24 novembre 2009 de 10h30 à 12h30, intitulée « Sous-titrage : quelles exigences de qualité pour le public et les professionnels ? ». Seront présents des représentants des personnes sourdes, des professionnels du sous-titrage, des laboratoires de sous-titrage et des chaînes de télévision.

Ouverture par Patrick Gohet, président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées.

Espace Fondation EDF
6 rue Récamier
Paris 7ème
métro Sèvres-Babylone

Pour tout le programme de la semaine du sous-titrage : semainedusoustitrage.org

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nov 13

20minutes

Un petit article du quotidien 20 minutes (édition du 13 novembre 2009) s’intéresse à l’adaptation des séries anglo-saxonnes, et notamment celle de « Sex and The City ». C’est court mais, pour une fois, l’article s’intéresse à ce qui constitue l’essence de notre métier, la transposition d’une oeuvre d’une langue et d’une culture à une autre.

A noter aussi, relativement récemment, une série de quatre articles sur le site Excessif (Dvdrama) qui, il faut bien le dire, nous ont un peu déçus. [Parties n°2n°3, n°4.] Le dossier se voulait fouillé mais se perd dans des considérations techniques qui finissent par faire oublier le coeur de notre métier, et censément le sujet du dossier, c’est-à-dire la traduction ! Son auteur n’a pas cru bon de contacter des professionnels et s’est plus vraisemblablement appuyé sur des informations tronquées qu’il a glanées ici et là, notamment auprès de fansubbers. Une confusion des genres qui donne une image faussée de nos métiers.

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nov 12
On vous attend !

On vous attend !

L’Ataa a décidé d’organiser non pas une, mais deux réunions “portes ouvertes” par an. La première de l’exercice 2009-2010 aura lieu très bientôt, le 4 décembre prochain, une fois de plus dans les magnifiques locaux de la Scam.

Notre association grandit et fait de plus en plus de choses dans des domaines de plus en plus variés. Il faut désormais plus d’une soirée pour résumer son action et ses projets, tout en laissant le temps de boire un coup (et se goinfrer de petits fours et de cheesecake) entre confrères et consoeurs. Elle se dédouble donc afin de pouvoir écourter la première partie informative et allonger la seconde partie, plus festive.

A qui s’adresse cette soirée ? Aux membres de l’Ataa, bien sûr, mais aussi à tous les traducteurs et adaptateurs qui souhaitent en savoir plus sur l’association, suivre son action et rencontrer ses membres.

Nous vous attendons donc le 4 décembre prochain, à 18 heures précises à la Scam, 5 rue Vélasquez, Paris 8e.

Attention, l’inscription est impérative. Pour assister à cette rencontre, envoyez un mail avec vos coordonnées et qualité à info@traducteurs-av.org.

oct 10
Media for All - Anvers

Media for All - Anvers

L’Ataa prendra part à la conférence internationale « Media for All » qui se tiendra à Anvers du 22 au 24 octobre 2009 sur le thème « Quality Made to Measure ».

Voici un résumé de l’intervention que Samuel Bréan y fera,
in English.

Subtitling the inaudible?
Subjectivity in audiovisual translation

Subtitlers often leave certain portions of the audiovisual text untranslated, whether for reasons of lack of space (i.e. time) available or by choice. It may thus seem paradoxical to focus on the opposite scenario: when the subtitler chooses to translate elements that are hardly perceptible, or even completely inaudible, to a native speaker watching the film.

A recent British DVD edition of Une femme mariée (Jean-Luc Godard, 1964) provides several instances of such a subtitling, which can be usefully compared with other translations of the film. Godard’s oeuvre is notoriously complex, mixing sound, image and text in elaborate ways. It often poses challenges to translators, arguably culminating in his Histoire(s) du cinéma (1989-1998): “As ‘unwatchable’ and as ‘unlistenable’ in many respects as Finnegans Wake is ‘unreadable’, the first two parts of Godard’s Histoire(s)… are also almost as hard to translate as the Joyce book.” (Jonathan Rosenbaum). This paper will therefore also draw examples from other films by Godard to shed a light on the choices made by the subtitler of Une femme mariée, and help us to see the crucial role played by subjectivity in subtitling.

Rappel : l’an dernier, nous avions pris part à la conférence sœur de Media for All, Language and the Media, un rendez-vous qui nous avait permis de revoir nos excellents confrères scandinaves et polonais et de nouer d’autres liens, notamment en Serbie, en Espagne et en Grèce.

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oct 08
Prière de jeter !

Prière de jeter !

Compression des coûts, économies d’échelle, déconsidération des cœurs de métier, délocalisation… sont le lot quotidien du monde du travail actuel.
On n’a plus que ces mots-là à la bouche, plus que ces mots-là dans les oreilles, devant les yeux…
Des mots, vous avez dit des mots ?
Mais, les mots, sont-ils réductibles, sont-ils rentables, sont-ils délocalisables ?
Comment ? La langue, le génie d’un peuple, serait elle aussi exportable et lucrative à souhait ?
Oui ! Le progrès n’a aucune frontière, aucune limite.
Ainsi voit-on la traduction, ce passage toujours périlleux, toujours délicat, d’un sens et d’un style à l’autre, d’un génie à l’autre, d’une culture à l’autre, bref, ainsi voit-on cette fameuse « communication interculturelle » bradée elle aussi, empaquetée, soupesée, quantifiée, externalisée, robotisée, délocalisée.
Certains « demandeurs » de traduction n’ont plus qu’un unique souci : trouver vite, très vite, le moins cher, le plus loin possible, le moins dérangeant possible, le plus corvéable à merci.
Peu leur chaut de restituer à leur public, à leur client, le message d’origine qui leur a été confié. L’auteur de départ sera méprisé ? Qu’importe ! La bonne intelligence du public de destination sera bafouée ? La belle affaire !
C’est là noircir le trait, direz-vous. Malheureusement, non.

Pour le prouver, et puisqu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit florilège des annonces que l’on rencontre parfois, de plus en plus fréquemment, dans le petit monde de la traduction audiovisuelle : la requête d’un laboratoire de post-production parisien qui file un mauvais coton, une annonce légendaire de SDI et une autre du moins légendaire Ben’s World, et puis en s’éloignant un peu de la traduction audiovisuelle pure, les lamentables dérives de l’ANPE et de notre ministère de la Culture.

On respire bien à fond…

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oct 07
pariscience

Pariscience : un festival de bas tarifs

Pariscience, le Festival international du film scientifique, a lieu cette année du 7 au 11 octobre au Muséum national d’histoire naturelle (Jardin des Plantes). Plusieurs dizaines de films sont présentés et 24 d’entre eux sont en lice pour décrocher l’un des prix décernés par le festival. Un jury composé majoritairement de scientifiques est chargé de désigner les gagnants.

Face à ce parterre de spécialistes, tout porte à croire que les documentaires retenus pour la dernière étape de la compétition sont de très haut niveau (un premier « tri » est effectué parmi 350 films présentés). Mais qu’en est-il de leur traduction ? En effet, les œuvres sélectionnées viennent du monde entier et doivent donc être traduites avant d’être présentées au public parisien. Une étape qui ne saurait être traitée à la légère.

Un documentaire scientifique peut facilement perdre de sa rigueur et de sa pertinence du fait d’une traduction approximative, vite faite ou mal documentée. C’est un genre qui requiert toujours des recherches approfondies – en bibliothèque et sur Internet, bien sûr, mais aussi au téléphone, dans les musées, « sur le terrain », lorsqu’il devient nécessaire de contacter des spécialistes de la ou des discipline(s) concernée(s) pour se faire expliquer tel mécanisme ou tel phénomène. Tout l’enjeu est de rendre le documentaire accessible au grand public sans pour autant simplifier à l’excès son propos. Ici, impossible d’« employer un mot pour un autre », chaque terme a son importance. Pour obtenir une traduction de qualité, il faut donc permettre à l’adaptateur de prendre son temps et de se consacrer pleinement à son travail. Plus prosaïquement, il faut le payer correctement.

Or les traductions du Festival international du film scientifique sont sous-traitées entre autres à une société de postproduction qui impose à ses traducteurs un tarif forfaitaire particulièrement bas. Une fois ramené au feuillet de traduction et au sous-titre, le tarif n’atteint même pas la moitié du tarif syndical. Bien sûr, pour ce prix défiant toute concurrence compétente, le traducteur (souvent plutôt littéraire de formation) est censé pouvoir passer avec la même aisance de l’archéologie aux mathématiques, de la physique des particules à l’astronomie, de la robotique aux nanotechnologies ou encore à la physique quantique (« tellement difficile à vulgariser », précise le président du jury de Pariscience, l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet, interviewé sur France Info le 6 octobre 2009).

Pariscience se présente pourtant comme un événement prestigieux, bénéficiant du soutien d’un nombre impressionnant de partenaires : le Muséum d’histoire naturelle, la Mairie de Paris, la Région Ile-de-France, Veolia Environnement, le CNRS, le ministère de la Recherche, le Commissariat à l’énergie atomique, le CNES, l’INSERM, l’IFREMER, Arte, la PROCIREP, Le Monde, Science et Avenir, Okapi ou encore l’INA. Difficile de croire que cette manifestation de grande envergure ne peut pas se permettre de payer ses traducteurs à un tarif décent.

Une fois de plus, les traducteurs sont donc les grands oubliés de la fête, du fait de calculs à court terme. A long terme, bien sûr, la logique est plus que périlleuse : traiter avec autant de légèreté les versions françaises des documentaires présentés, c’est risquer de compromettre sérieusement la réception des œuvres par le public. Si l’ambition affichée du festival est de faire « connaître, savoir et comprendre » les avancées des sciences par l’entremise du film, les spectateurs pourraient, en fin de compte, se sentir plutôt troublés, consternés et définitivement rebutés.

Interrogé sur ce qui fait « un bon film scientifique », Jean-Pierre Luminet déclarait hier au micro de Marie-Odile Monchicourt : « Un bon film scientifique, c’est évidemment un film avec un contenu puissant et moderne, qui a une réalisation si possible pas trop traditionnelle (…) et un sujet fort – la science, heureusement, propose constamment des sujets forts. (…) Et la mise en boîte finale : ça inclut tout, la voix, la musique, la beauté de l’image. ».

« Et la traduction », aimerions-nous ajouter.

Pour en savoir plus sur la traduction de documentaires, consulter l’article qui y est consacré sur le site de l’ATAA.

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