
Couverture du magazine "Pour vous" du 2 janvier 1936
Dans cette rubrique, nous présenterons des articles, en français ou en anglais, portant sur le doublage et le sous-titrage, depuis leurs origines jusqu’à aujourd’hui, et cela, afin de donner un aperçu de la façon dont la traduction audiovisuelle est présentée dans les médias (spécialisés ou non) à diverses périodes et dans des pays différents.
Pour commencer, voici un article datant des débuts du parlant. Il montre que le débat VO/VF (ou sous-titrage/doublage) ne date pas d’hier… Les arguments employés par l’auteur sont parfois pour le moins farfelus.
La référence de cet article a été trouvée grâce au précieux site Calindex, qui répertorie de façon détaillée 17 revues françaises de cinéma (Positif, Ecran, Image et Son, Midi-Minuit Fantastique…).
L’auteur : fils d’Arthème Fayard, lui-même fils du fondateur des éditions du même nom, Jean Fayard (1902 – 1978) était journaliste et romancier (Mal d’amour, Prix Goncourt 1931). A la mort de son père, en 1936, il prit sa place à la tête de la maison d’édition Fayard.
La revue : « Soutenu par un groupe de presse puissant – celui du grand quotidien du soir L’Intransigeant - Pour Vous peut se permettre une certaine indépendance : sans publicité, c’est le plus luxueux des journaux populaires de l’époque, avec une iconographie exceptionnelle. Films racontés, confidences de stars, concours : on retrouve les rubriques traditionnelles du magazine pour grand public, mais le niveau est bien meilleur. (…) La critique est également présente (textes de Jean-George Auriol, Roger Régent, Nino Frank), ainsi que des informations sur les activités professionnelles en France et à l’étranger, des dossiers techniques, thématiques, des enquêtes. (…) » (d’après la fiche du répertoire des périodiques, sur le site de la Bibliothèque du Film).
Pour Vous a paru entre 1928 et 1940.
Doublage… or not doublage
Jean Fayard
Pour Vous n°372, 2 janvier 1936
Le public, interrogé à l’Olympia sur la question si épineuse du doublage, s’est montré assez partagé. Les adversaires du doublage l’emportent, mais à une très faible majorité.
L’ennemi convaincu de ce procédé doit-il considérer ce vote comme un demi-succès ? Ou, au contraire, doit-il l’enregistrer comme un triomphe ? A mon avis, même si le référendum avait donné exactement le même nombre de voix aux deux thèmes, les antidoubleurs auraient remporté un avantage très significatif.
En effet, sur le terrain des idées, notre thèse n’a jamais été presque entièrement discutée. Les critiques seraient, pour une fois, presque tous d’accord. Le seul argument qu’on nous opposait était donc d’ordre commercial : « Le public aime ça, il ne peut supporter les versions originales en langue étrangère. »
Or, il se produit une sérieuse brèche dans le public le jour où la moitié des spectateurs a passé à l’autre camp. Jamais, pour ma part, je n’aurais osé espérer autant. On peut estimer que, en quelques années, la bonne cause a fait des progrès considérables.




