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août 09

Le point de vue du traducteur : adieu qualité, bonjour Qualité !

Estelle Renard

Voici la traduction de l’intervention présentée par Estelle Renard, au nom de l’ATAA, au 7e colloque Languages and the Media, qui a eu lieu début octobre 2008 à Berlin. Nous avons déjà publié ce texte en anglais : Goodbye quality(?).

L’ATAA sera présente à la prochaine édition de Languages and the Media, du 6 au 8 octobre prochain, toujours à Berlin.

L’an dernier, l’événement au box-office français n’a pas été une superproduction de Hollywood, mais une petite comédie sur les différences de langage et les préjugés ou les liens qu’elles produisent. Bienvenue chez les Ch’tis a remporté un immense succès, et plus de la moitié de la population française l’a vu. Comme il se fonde sur le langage et les plaisanteries langagières, le film aurait dû se perdre en traduction. Ce n’a pas été le cas. Grâce à la compétence du traducteur et à l’attention que leur a portée le réalisateur, les sous-titres anglais sont si bons qu’un journaliste du Guardian a suggéré qu’un tel tour de force méritait la création d’une nouvelle catégorie d’Oscars pour les sous-titreurs. C’est grâce à la qualité de sa traduction que le film a pu avoir une carrière internationale.

Si l’anecdote prouve quelque chose, ce n’est pas le goût raffiné des Français, mais la valeur du travail des traducteurs audiovisuels.

Et en effet :

- ce n’est pas seulement parce que sans traduction, un produit audiovisuel ne passera pas les frontières de son pays d’origine ;

- ni parce que sans bonne traduction, un programme sera diffusé, mais sans être apprécié à sa juste valeur et parfois sans même être compris.

La traduction est plus encore, elle donne une valeur ajoutée à ce qu’on appelle un « produit », pour adopter le vocabulaire commercial.

Cette histoire est intéressante aussi parce que la comédie des différences culturelles, et en particulier de celles qui passent par la langue, est le défi suprême pour un traducteur audiovisuel. Elle démontre que ce que nous faisons est, par essence, quelque chose de non quantifiable. Ce quelque chose est aussi au centre, au cœur même du métier que nous exerçons. La créativité et l’efficacité ne peuvent pas se mesurer ou se quantifier selon des critères industriels ou commerciaux.

Alors, comment évaluer quelque chose qui n’est pas quantifiable ? La question semble pertinente, mais dans notre industrie, elle nous entraîne dans une fausse direction. Dans ce secteur, toutes les sociétés, de la plus grande à la plus petite, se vantent de la qualité des traductions qu’elles offrent. En même temps, elles se vantent de pouvoir obtenir cette qualité à un prix défiant toute concurrence, prix qui se réduit d’année en année. Ma question est : qu’y a-t-il derrière ces proclamations ? Je voudrais montrer que la qualité telle que l’industrie la définit se « traduit » toujours par une réduction du tarif payé au traducteur. Pourquoi ? suite »

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oct 10
Media for All - Anvers

Media for All - Anvers

L’Ataa prendra part à la conférence internationale « Media for All » qui se tiendra à Anvers du 22 au 24 octobre 2009 sur le thème « Quality Made to Measure ».

Voici un résumé de l’intervention que Samuel Bréan y fera,
in English.

Subtitling the inaudible?
Subjectivity in audiovisual translation

Subtitlers often leave certain portions of the audiovisual text untranslated, whether for reasons of lack of space (i.e. time) available or by choice. It may thus seem paradoxical to focus on the opposite scenario: when the subtitler chooses to translate elements that are hardly perceptible, or even completely inaudible, to a native speaker watching the film.

A recent British DVD edition of Une femme mariée (Jean-Luc Godard, 1964) provides several instances of such a subtitling, which can be usefully compared with other translations of the film. Godard’s oeuvre is notoriously complex, mixing sound, image and text in elaborate ways. It often poses challenges to translators, arguably culminating in his Histoire(s) du cinéma (1989-1998): “As ‘unwatchable’ and as ‘unlistenable’ in many respects as Finnegans Wake is ‘unreadable’, the first two parts of Godard’s Histoire(s)… are also almost as hard to translate as the Joyce book.” (Jonathan Rosenbaum). This paper will therefore also draw examples from other films by Godard to shed a light on the choices made by the subtitler of Une femme mariée, and help us to see the crucial role played by subjectivity in subtitling.

Rappel : l’an dernier, nous avions pris part à la conférence sœur de Media for All, Language and the Media, un rendez-vous qui nous avait permis de revoir nos excellents confrères scandinaves et polonais et de nouer d’autres liens, notamment en Serbie, en Espagne et en Grèce.

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sept 15

posterLe 26 septembre,
c’est la Journée européenne des langues !»

L’ATAA, l’ESIT et l’ISIT organisent conjointement un événement au cinéma Le Nouveau Latina, 20 rue du Temple, à Paris 4e, de 18 h à 20 h.

Au programme, une présentation de la traduction écrite,  de l’interprétation, ainsi que de la Langue des Signes Française (LSF), par l’ESIT.

L’ISIT présentera ensuite les contraintes techniques de la traduction audiovisuelle sous la forme du sous-titrage. Il s’agira d’une démonstration des contraintes de temps/espace assurant une bonne lisibilité, qui répondra à l’éternelle question qui hante le profane : « Mais pourquoi ils ne traduisent pas tout ? »

L’ATAA effectuera pour sa part une démonstration par l’exemple. Principe de l’intervention : une courte séquence en langue anglaise, sous-titrée par Anaïs Duchet et Sylvestre Meininger, sera décortiquée sous les yeux du public. Niveau de langue, jeux de mots, malentendus, montage haché, cette scène constitue un véritable exercice de style. Les auteurs du sous-titrage seront présents pour expliquer les difficultés de l’adaptation, les choix qui en découlent et répondre aux questions du public.

Site officiel : http://edl.ecml.at/

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fév 15

Aires linguistiques (novembre 2008, Nanterre)

Intervention de Nicolas Froeliger, master professionnel ILTS, EA 3697, Université Paris Diderot,

et d’Isabelle Audinot (ATAA)

Nous entendons, par cet article, formuler une évidence pas si évidente : à l’heure de la formation tout au long de la vie, à l’heure où tant de masters sont estampillés « professionnels », il est du devoir de l’université de se préoccuper des conséquences qu’ont ses décisions sur le marché de la traduction, comme il est du devoir des professionnels de s’intéresser à l’amont de leur activité. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité rédiger cette contribution à quatre mains et deux voix : celles d’un ancien traducteur devenu universitaire et celles d’une spécialiste de la traduction audiovisuelle et cofondatrice de l’ATAA (Association des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel). Sachant, en effet, que le marché de la traduction se subdivise en une multitude de segments, nous avons choisi d’étayer notre argumentaire par l’étude de ce sous-domaine, qui nous paraît exemplaire. Il s’agit donc de déterminer comment ont évolué, depuis une vingtaine d’années, l’offre de formations et le marché dans ce secteur, de nous interroger sur les possibilités d’extrapoler les enseignements qui en découlent à l’ensemble du secteur de la traduction et de tenter d’en dégager les conséquences et possibilités d’action de la part des différents acteurs considérés. Cette réflexion sera également nourrie des discussions longues, approfondies et finalement infructueuses que nous avons eues, ensemble et séparément, lorsque certains de nos collègues ont envisagé la création d’une nouvelle formation en traduction audiovisuelle en région parisienne. suite »

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déc 10

Languages & the Media 2008 – 7th International Conference on Language Transfer in Audiovisual Media

The translator’s point of view:

goodbye quality, hello Quality!


As presented by Estelle Renard on behalf of the ATAA

Last year, the sensation at the French box office was not a Hollywood blockbuster, but a small comedy about language differences and the prejudices and bonds they produce. Bienvenue chez les Chtis was a huge success and over half the French population went to see it. This film, relying as it does on language and linguistic jokes, should have been lost in translation. It was not. Thanks to the competence of the English translator and the director’s attention to it, the subtitles were so good that a Guardian journalist suggested that this tour de force deserved the creation of a whole new Oscar’s category for subtitlers. It is because it was so well translated that this film has had the chance of an international career. So kudos to Michael Katims for his great translation.

If this story proves something, it is not the refinement of the French people’s tastes, but the value of the work of audiovisual translators.

And indeed,

- it it is not only that without translation, an audiovisual product will not cross the borders of the country where it was created,

- nor that without a good translation, the program will be aired, but not appreciated as it should be and sometimes, not even understood.

- Translation is even more than that, it gives an added value to what we call a “product”, if we want to use the language of business.

This story is also interesting, because the comedy of cultural differences and especially those embodied in language is the ultimate challenge for an audiovisual translator. It demonstrates that what we do is something that is, essentially, not quantifiable. This ’something’ that cannot be quantified is also at the heart, the very core of the industry in which we work. Creativity and efficiency cannot be measured or quantified in industrial and business language.

So how can we evaluate something that is not quantifiable? This question seems relevant, but in our industry, it leads us down the wrong path. In this sector, all companies, whatever their size, boast about the high quality translations they provide. At the same time, they boast that they can achieve that quality for a price defying all the odds, shrinking year after year. My question is : what is behind that boast? I would like to demonstrate how quality, as defined by the industry, always results in a cut in the rate paid to the translator. Why is this the case?

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