preload
sept 19

Qu’est-ce que le partage intersocial ? Que devient le bulletin de déclaration envoyé par un auteur de traduction audiovisuelle à sa société de répartition ? Comment est fixé le montant des droits reversés aux auteurs par les chaînes de télévision ?

Dans son numéro 40 de mai 2011, la Lettre de la Scam (Société civile des auteurs multimédia), Astérisque, proposait un long article intitulé « La perception et la répartition pour les nuls », qui répond à ces questions et à bien d’autres encore. Cet aperçu des coulisses de la Scam nous a semblé intéressant à reproduire sur le blog de l’Ataa, puisqu’il concerne notamment les auteurs de traductions/adaptations de documentaires.

Le chapeau de l’article annonce notamment que « la déclaration en ligne des œuvres sera une réalité de la Scam avant la fin de l’année ». Et de fait, l’extranet de la Scam (c’est-à-dire l’espace réservé à ses membres) a fait peau neuve cet été.

Scam 01
Scam 02

Le bulletin de déclaration d’une traduction audiovisuelle, qu’il fallait auparavant remplir à la main, prend désormais la forme d’un document PDF que l’on peut compléter directement sur son ordinateur. Il faut encore l’imprimer pour le communiquer à la Scam, mais ce changement est d’ores et déjà appréciable. En attendant une déclaration 100% en ligne (réservée pour l’instant aux réalisateurs de documentaires), vous pouvez découvrir les étapes de la perception et de la répartition des droits dans l’article qui suit.

Un grand merci à son auteure et à la Scam, qui nous ont autorisés à reproduire ce texte.

La perception et la répartition
pour les nuls

Béatrice de Mondenard

Pour mieux comprendre à quoi correspond la retenue statutaire pour frais de gestion, prélevée sur les droits versés aux auteurs.

Dans un monde rêvé, les auteurs déclarent en ligne, les œuvres ont un numéro d’identification, les opérateurs font un reporting exhaustif des œuvres exploitées, et des logiciels sophistiqués permettent de calculer à qui reverser quoi. Ce ne sont pas là des utopies puisque la déclaration en ligne des œuvres sera une réalité de la Scam avant la fin de l’année. Dans l’attente, pour que les sommes perçues par la Scam auprès des diffuseurs et opérateurs soient bien réparties aux auteurs, des équipes s’activent pour saisir les bulletins, les analyser et les enrichir. Visite guidée des services de perception, documentation et répartition.

suite »

tags:
juil 27
Deux documentaires à l'honneur dans <em>TransLittérature</em>

Deux documentaires à l'honneur dans TransLittérature

Dans son dernier numéro, TransLittérature revient sur deux documentaires sortis en salles au cours de l’année écoulée et consacrés à la traduction : La femme aux cinq éléphants (Vadim Jendreyko, 2009, dont il a déjà été question ici, et qui est encore visible dans plusieurs salles de cinéma parisiennes) et Traduire (Nurith Aviv, 2010). Cette récente profusion (toute relative) de films consacrés à nos métiers, ainsi que les grandes qualités de ces deux œuvres, sont l’occasion d’un excellent dossier de quatre articles intitulé « Traduire en images » dans la revue semestrielle de l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF).

Un premier article de Jacques Catteau, traducteur du russe et spécialiste de Dostoïevski, éclaire La femme aux cinq éléphants sous l’angle de la métaphore filmique : ou comment le portrait tourné par Vadim Jendreyko devient, par le jeu du montage, des choix des plans et de l’agencement des séquences, une métaphore même de l’acte de traduire.

Suit une « Lettre à Svetlana Geier » d’Agathe Neuve, un hommage impressionniste et personnel à cette traductrice au parcours exceptionnel.

Sophie Ehrsam nous présente ensuite Traduire et sa plongée dans l’univers d’une dizaine de traducteurs de l’hébreu : leurs difficultés à restituer cette langue source dans leur langue maternelle, la passion qui semble les unir tous, le passage d’une langue à l’autre tout au long du film… « Il n’est pas besoin de connaître l’hébreu ni d’être traducteur pour apprécier ce film », souligne l’auteure de l’article : Nurith Aviv ouvre une série de fenêtres sur la traduction, tout comme le livre est lui-même une fenêtre sur le monde, selon les termes mêmes de la réalisatrice.

Enfin Emmanuèle Sandron, dans « La langue appartient à qui la parle et l’écrit », revient sur trois autres films de Nurith Aviv : D’une langue à l’autre (2004) et Langue sacrée, langue parlée (2008), les deux premiers volets de la trilogie consacrée à l’hébreu que vient clore Traduire ; sans oublier Vaters Land – Perte (2002), un court métrage qui aborde le vide et les fantômes de l’après-guerre en Allemagne.

Un dossier décidément passionnant, qui rend justice à ces deux documentaires très riches.

On trouvera par ailleurs dans ce dernier numéro de TransLittérature un comparatif des traductions en français de The Great Gatsby (rubrique « Côte à côte »), mais aussi un entretien entre Ros Schwartz et Sarah Ardizzone, respectivement auteure d’une nouvelle traduction en anglais du Petit Prince de Saint-Exupéry et traductrice de l’adaptation en bande dessinée par Joann Sfar du même Petit Prince, sans oublier des comptes rendus intéressants dans les rubriques « Profession » et « Lectures ». Un excellent cru, en somme !

Si vous n’êtes pas adhérent de l’ATLF ou d’ATLAS, vous pouvez vous abonner à TransLittérature à l’année (2 numéros) en envoyant un chèque de 20 euros à l’ordre d’ATLF au 99, rue de Vaugirard, 75006 Paris. Il est également possible de commander les anciens numéros de la revue.

En complément du dossier « Traduire en image », on pourra consulter les vidéos des nombreuses rencontres organisées autour des projections de Traduire ces derniers mois sur le site officiel du film.

Bernard Eisenschitz, auteur (avec d’autres adaptateurs) des sous-titres du film de Nurith Aviv, y explique notamment comment la réalisatrice lui a demandé de travailler sur la traduction de l’œuvre avant même que celle-ci soit terminée. Son intervention peut être visionnée ici.

Ajoutons enfin que les films de cette réalisatrice ont été réunis dans un coffret DVD aux éditions Montparnasse, et étudiés également dans un texte récent de Jean-Paul Fargier (« Les débuts infinis de Nurith Aviv », Trafic n°78, été 2011).

tags:
mai 10

Tous pour Jean Bertrand !

Tous pour Jean Bertrand !


Les assemblées générales extraordinaire et ordinaire de la Scam (Société civile des auteurs multimédia) se tiendront le 1er juin 2011. À cette occasion, les adhérents de cette société d’auteurs (qui, rappelons-le, gère les droits d’exploitation des documentaires traduits diffusés à la télévision) sont appelés à renouveler une partie du Conseil d’administration et à se prononcer sur un projet de réforme de ses statuts. Entretien avec Jean Bertrand, traducteur et candidat à ces élections, qui revient pour nous sur l’évolution de la place des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel au sein de la Scam.

 

Peux-tu nous dire en deux mots qui tu es et pourquoi tu as souhaité t’engager à la Scam ?

Je travaille depuis une vingtaine d’années comme traducteur de l’allemand vers le français, dans le domaine de l’audiovisuel et de l’édition. Cela m’a donné le temps d’observer la profession et de me poser pas mal de questions sur la pratique de ce métier. Traduisant surtout des films documentaires, j’appartiens de longue date à la Scam. En 2005, au moment de la réforme du mode de répartition qui a provoqué quelques remous au sein de la Scam, je me suis mobilisé pour défendre les intérêts des traducteurs. Cela m’a valu d’être nommé en 2006 à la Commission audiovisuelle, l’un des cinq collèges d’auteurs qui représentent le répertoire de la Scam. C’était une première !

 

Que s’est-il passé depuis ?

En 2009, la Scam a nommé un second traducteur à cette commission, en qualité de suppléant ; il s’agit de Christophe Ramage qui, la même année, s’était porté candidat aux élections du Conseil d’Administration. Là encore, c’était une première et le blog de l’Ataa s’en était fait l’écho.

Nous participons à la vie de la commission, qui donne son avis sur certaines questions qui seront ensuite discutées au Conseil d’administration, formule des propositions d’actions professionnelles et participe à l’action culturelle (préselection des Etoiles de la Scam, des autres prix audiovisuels, soirées de projection…).

Mais nous nous efforçons aussi d’œuvrer pour une meilleure visibilité des traducteurs à la Scam, qui se montre d’ailleurs plutôt réceptive à nos initiatives.

Cela passe par des choses très concrètes puisque la présence des traducteurs est désormais matérialisée par un onglet à part entière sur la page d’accueil du site de la Scam. Nous apparaissions aussi nommément dans le dernier rapport moral de la société. Et une plaquette « Vous êtes auteur de doublages ou de sous-titrages ? La Scam est votre société d’auteurs » devrait sortir très prochainement.

Nous assurons également un lien constant entre l’Ataa et la Scam, afin que l’information circule au mieux dans la profession.

 

Parlons des élections et des assemblées générales de cette année…  De quoi s’agit-il ?

D’abord, la Scam soumet à ses adhérents un projet de modification de ses statuts, qui prévoit notamment la création d’un poste réservé à un traducteur lors de l’élection du Conseil d’administration. Si cette réforme est adoptée, elle prendra effet au prochain renouvellement du conseil, en 2013. Ce serait un grand pas en avant pour les auteurs de traductions audiovisuelles et la confirmation que la Scam a amorcé un vrai mouvement d’ouverture vis-à-vis des traducteurs.

Il est donc tout naturel que je dépose ma candidature à l’élection du Conseil d’administration. Je souhaite poursuivre mon action, continuer à mieux faire connaître notre métier au sein même de notre société d’auteurs, et y défendre la qualité du doublage et du sous-titrage de documentaires. Cette candidature m’a semblé importante à la veille de cette réforme des statuts : il est plus que jamais nécessaire que les traducteurs de l’audiovisuel manifestent leur envie de participer à la vie de la Scam et saisissent la chance qui leur est donnée de faire entendre leur voix.

 

*****************

 

Avis aux membres de la Scam :

Vous trouverez Jean Bertrand sur la liste A « Collège des œuvres audiovisuelles » des candidatures au Conseil d’administration.

Le projet de modification des statuts et du règlement général fait l’objet d’un bulletin de vote à part (« Assemblée générale extraordinaire »). Vous pouvez voter dès maintenant en ligne ou par courrier, ou encore en séance le 1er juin lors des Assemblées générales. Pour de plus amples précisions, rendez-vous sur le site de la Scam. Les adhérents de l’Ataa peuvent également consulter le fil de discussion consacré à ce sujet sur le forum.

tags:
mar 05

Nous avons parlé de ce film ici même.

Voir aussi le site officiel.

Séance de travail pour Svetlana Geier

Séance de travail pour Svetlana Geier

Le président de la Scam,

l’Association des Traducteurs-Adaptateurs de l’Audiovisuel (ATAA),

l’Association des Traducteurs Littéraires de France (ATLF)

et la Société Française des Traducteurs (SFT)

ont le plaisir de vous convier à la projection de

La Femme aux 5 éléphants

un film documentaire de Vadim Jendreyko
2009 – 1h33’
une production Mira Film et Filmtank
une distribution Nour Films

Ce documentaire retrace l’histoire et l’œuvre de Svetlana Geier, grande traductrice de Dostoïevski en allemand. Il tente de percer à jour le mystère de cette femme infatigable. Une grande souffrance, des aides secrètes, des chances inespérées. Et un amour des mots qui éclipse tout le reste.

La projection sera suivie d’une discussion menée par Jacques Catteau, professeur de littérature russe et traducteur, et en présence de Patrick Sibourd, distributeur du film.

mardi 22 mars 2011
à 19 heures 45
salle Charles Brabant à la Scam
5, avenue Vélasquez
75008 Paris (métro Villiers ou Monceau)

Nombre de places limité, réservation indispensable à delegation.iledefrance@sft.fr

tags:
oct 06
Svetlana Geier et l'oeuvre de Dostoïevski

Svetlana Geier et l'oeuvre de Dostoïevski

Non. Les éléphants en question sont cinq grands romans. Et le documentaire met la lumière sur un être qui reste trop souvent dans l’ombre : le traducteur ou, en l’occurrence, la traductrice. Quoique, dans ce cas particulier, il s’agisse d’une représentante célèbre de notre profession.

Intitulé La femme aux cinq éléphants, ce film de Vadim Jendreyko est consacré à Svetlana Geier, traductrice vers l’allemand de cinq œuvres de Dostoïevski.

« Le film tisse l’histoire de la vie de Svetlana Geier avec son œuvre littéraire et suit la trace du mystère de cette femme infatigablement active. Il parle d’une grande souffrance, d’aides secrètes, de chances inespérées – et d’un amour pour la langue éclipsant tout le reste », lit-on sur le site officiel du film.

Il sera diffusé en salle, à Paris et dans plusieurs villes de province, à partir du mercredi 13 octobre 2010 (tous les détails ici).

Avec une avant-première le lundi 11 octobre à l’Institut Goethe (Paris).

Pour les amoureux de la traduction et de l’audiovisuel, difficile de manquer ça, non ?

tags:
sept 23

Dans le cadre du colloque « La traduction des noms propres dans le contexte de la traduction des écrits de voyage », qui se tiendra le vendredi 1er octobre à l’ESIT (Centre Universitaire Paris-Dauphine, Métro Dauphine, Paris 16) à partir de 9h30, Anne-Lise Weidmann présentera une communication liée à la traduction audiovisuelle, dont voici le résumé.

Norme, pragmatisme et frustration : la traduction des noms propres dans le documentaire de voyage

Le documentaire de voyage conduit le traducteur à se plonger dans un univers parfois inconnu, souvent exotique, dans un délai relativement bref. Les noms propres y occupent une place non négligeable et leur traduction nécessite le recours à des sources et à des stratégies spécifiques pour restituer et/ou franciser toponymes et anthroponymes. Contrainte supplémentaire, ces recherches terminologiques se doublent nécessairement de recherches phonétiques, le texte du documentaire étant destiné à être enregistré par un comédien. En la matière, le traducteur est souvent amené à trouver un compromis entre la norme prescrite par les sources dites « de référence » et un certain pragmatisme imposé par la nature du support qu’il traduit, destiné à un média de masse. Il en résulte une négociation constante et parfois frustrante – une situation bien connue des traducteurs, mais qui a de quoi surprendre, à première vue, puisqu’il est « simplement » question de transposer des noms propres d’une langue dans une autre.

Voici une description du colloque :

D’Ibn Battuta à James Cook, de Luis Chang à Marco Polo, de Jules Verne à Bruce Chatwin, des journaux de bord aux carnets illustrés en passant par les mémoires, les voyages ont de longue date donné lieu à des récits, biographiques ou de fiction, à des formes d’écriture diverses qui semblent susciter un engouement croissant, à en juger par les ventes en librairie de ce type d’écrit ou par le succès renouvelé d’année en année du festival « Etonnants voyageurs » organisé par Michel Le Bris.

L’Ecole Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs réunit, dans le cadre d’une journée d’étude organisée par son Centre de recherches en traductologie (Cr-Trad), des traducteurs qui feront part de leur expérience, aborderont et développeront les problématiques spécifiques à ce champ de la pratique.

Le programme complet se trouve ici (pdf à télécharger sur la colonne de droite) ou .

tags:
mai 18

Vendredi 21 mai, à partir de 9h30, la Bibliothèque Nationale de France rend hommage au cinéaste David MacDougall, en sa présence. L’entrée est libre et gratuite. Voici le début du texte de présentation de cette journée :

Mal connu en France, David MacDougall est généralement considéré comme le plus important représentant du cinéma anthropologique dans le monde anglo-saxon aujourd’hui. A l’occasion des 25 ans de la Société Française d’Anthropologie Visuelle, la BnF et la SFAV organisent une journée en l’honneur de ce documentariste dont l’œuvre, entamée à la fin des années soixante, a été primée dans les festivals du monde entier. En collaboration avec son épouse Judith, David MacDougall a inventé une manière moderne de rendre compte de l’expérience vécue et de la vision du monde des personnes qu’il filme. Il fut ainsi – évolution en apparence anodine, mais en réalité cruciale – le premier à sous-titrer la parole « indigène » au lieu de la doubler, la donnant ainsi d’un coup à entendre comme jamais auparavant.

Cet événement nous donne l’occasion de revenir sur un texte important de David MacDougall : « Subtitling Ethnographic Films », d’abord publié en 1995 dans la revue Visual Anthropology Review, puis remanié et repris dans le livre Transcultural Cinema (1998), où l’on trouve également d’autres textes sur le cinéma ethnographique.

MacDougall commence par insister sur l’importance du sous-titrage dans ce type de cinéma :

L’apparition des premiers films ethnographiques sous-titrés, dans les années 1970, eut sur le public un impact comparable à celle des premiers films étrangers en VO sous-titrée [aux États-Unis], peu après la Seconde Guerre mondiale. Avant cela, quasiment tous les films ethnographiques étaient bâtis autour d’un commentaire en voice-over» qui évoquait les personnes montrées à l’écran, mais ne leur passait que rarement la parole. Si, par chance, on les entendait s’exprimer, leurs propos étaient tout simplement ignorés (ce qui impliquait qu’ils ne valaient pas la peine d’être compris) ou bien traduits par une voix recouvrant la leur et qui, en un sens, parlait à leur place. (…)

Le sous-titrage fit entrer le cinéma ethnographique dans une nouvelle phase. Dès lors, les spectateurs n’eurent plus seulement accès à des informations orales à propos des individus apparaissant dans ces films, mais purent les voir et les entendre d’une façon plus directe.

Il se penche ensuite sur le processus de sous-titrage proprement dit, fournissant de nombreux exemples tirés de son expérience en tant que réalisateur surveillant de près cette étape (intervenant donc pour lui à la phase de la post-production). Choix des informations à retenir, découpage, registres de langue, durée des sous-titres : autant de points sur lesquels il réfléchit, de façon théorique autant que concrète. Enfin, dans la dernière partie du texte, « Les limites du sous-titrage », il reconnaît un certain nombre de défauts liés à ce mode de traduction, qui s’opère au détriment de la communication non-verbale, par exemple.

Gageons que l’on pourra juger sur pièces vendredi en découvrant plusieurs films de David MacDougall. A ce propos, le programme de la BnF donne un avertissement à la logique quelque peu étrange : « Attention : certains films sont présentés avec un sous-titrage en anglais. Ils pourront néanmoins être suivis sans difficultés » !

tags: