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août 23

peau

Nous reproduisons ci-dessous un intéressant article du Film Français portant sur le doublage du film La Peau (La Pelle, Liliana Cavani, 1981), qui a pour particularité de comporter des dialogues en italien et en anglais. On regrettera néanmoins que dans la dernière phrase, un rapprochement malheureux puisse assimiler le doublage à des « horreurs ».

Un film récent a mis sous les projecteurs le problème du multilinguisme au cinéma : Inglourious Basterds (Quentin Tarantino, 2009). A ce sujet, on pourra lire, en anglais, un billet de blog intitulé Tarantino on language and translation.

Interrogé au festival de Cannes en mai 2009, Tarantino déclarait : « Doubler ce film n’aurait aucun sens puisque le fait qu’on y parle plusieurs langues est crucial. Comment doubler Christopher Waltz quand il dit ‘Et maintenant, parlons en anglais’ ? […] Il n’est pas question de sortir [Inglourious Basterds] doublé aux Etats-Unis. Le problème pourrait venir des pays européens comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne qui ont l’habitude de doubler les films. Nous ne savons pas encore. Il va falloir parler. » (Première n°390, août 2009)

Notons qu’Inglourious Basterds est sorti en version doublée dans notre pays, alors que la France est étonnamment absente de cette énumération des pays ayant une grande tradition de doublage ! Un article sur le doublage français du film est d’ailleurs prévu pour un prochain numéro de la revue canadienne Meta (vol. 55, n°4 : « De la localisation à la délocalisation : le facteur local en traduction », sous la direction de Nicolas Froeliger et Jean-René Ladmiral). Cette étude est due à Nolwenn Mingant, dont les recherches portent sur les stratégies d’exportation du cinéma hollywoodien (voir son ouvrage Hollywood à la conquête du monde, paru cette année).

En Italie, Inglourious Basterds a également été diffusé en version doublée : on pourra lire une critique du doublage du film tel qu’il a été diffusé dans ce pays, en italien ou en anglais.

Enfin, signalons deux articles universitaires disponibles en ligne et consacrés au doublage des films multilingues :

- Christine Heiss, Dubbing Multilingual Films: A New Challenge?, Meta vol. 49, n°1, avril 2004.

- Michela Baldo, Dubbing multilingual films, inTRAlinea, Special Issue: The Translation of Dialects in Multimedia, 2009.

Natacha Nahon et la tour de Babel

Ange-Dominique Bouzet

Le Film Français n°1877, 20/11/81, p.4.

La Peau, c’est le choc de deux cultures : la rencontre des GI’s et de Naples, de l’armée la plus hygiénique de la terre avec la plus païenne, la plus sordide et la plus baroque des cités méditerranéennes, sur fond de guerre, de misères et d’atrocités. Babylone et Babel réunies. Le film tiré de ce roman « à images », Liliana Cavani l’a voulu, comme dans la réalité, fondé sur l’affrontement des langues : dans la version présentée à Cannes, les Américains parlaient américain et les Italiens italien. Et tous étaient sous-titrés… suite »

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juil 19

La Bibliothèque du Film (BiFi) propose sur son site un article d’Isabelle Champion consacré aux « versions multiples » :

1930-1935 : Les versions « multiples », de l’arrivée du parlant à la mise au point du doublage

Il s’agit d’une intervention faite lors de la Journée d’études consacrée aux studios de cinéma, qui s’est tenue à la Cinémathèque française le 15 avril 2010, en écho à l’exposition « Tournages : Paris, Berlin, Hollywood, 1910-1939 », dont Isabelle Champion est co-commissionnaire.

Le site de la BiFi propose d’autres articles de l’activité patrimoniale, dont un compte rendu en deux parties de la journée d’études citée ci-dessus (1ère partie, 2è partie).

Signalons enfin qu’on peut visiter l’exposition Tournages : Paris, Berlin, Hollywood, 1910-1939 jusqu’au 1er août.

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fév 22

L’article suivant est paru dans le Bulletin des Auteurs, revue trimestrielle du  SNAC (Syndicat National des Auteurs et Compositeurs), au sein duquel se trouve  un groupement doublage/sous-titrage. Nous remercions vivement Vanessa Bertran de nous avoir autorisés à reprendre ce texte ici.

La numérisation dans la filière : les entreprises ont quelques perfos d’avance…

Par Vanessa Bertran


Qu’importe le flacon… Le plaisir d’écrire reste le même, qu’on utilise le crayon à papier ou la bande rythmo virtuelle, c’est l’auteur qui doit s’imposer à la technique et non l’inverse. Mais force est de constater que l’apparition du numérique dans les filières doublage et sous-titrage a considérablement modifié notre manière de travailler, tant d’un point de vue pratique que juridique et économique. Libre à chacun de juger s’il s’agit d’un progrès, et si ça n’en est pas encore un, pourquoi ne pas essayer, par notre action, de faire en sorte qu’il le devienne ?

Pour ce qui est du doublage, l’apparition des redoutées « machines » apporte à l’auteur des fonctionnalités indéniablement pratiques : ne plus avoir à relire le texte de la calligraphe en tremblant devant d’éventuels changements incongrus, pouvoir garder une copie numérique du script français sans avoir à la réclamer à cor et à cris à l’entreprise, faire des allers-retours aisément dans le film sans avoir à souffrir d’une tendinite pour aller de la boucle 1 à la 50… Mais à quel prix ? La mission de l’auteur a changé, c’est incontestable. Il a toujours existé des auteurs qui préféraient faire leur propre détection, mais les cas étaient isolés. Désormais, beaucoup d’entreprises imposent, quand elles font travailler les auteurs en virtuel, que nous fassions la détection… pour le même tarif. Une sorte de forfait qui frôle l’aumône et qui place l’auteur et l’entreprise en infraction car la prestation technique qu’est la détection devrait relever du salariat alors qu’elle se retrouve souvent aujourd’hui rémunérée en droits d’auteur. La machine, le numérique n’y sont pour rien, j’en conviens. Mais dans notre cas ils ont permis aux clients de massacrer une profession.

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nov 13

20minutes

Un petit article du quotidien 20 minutes (édition du 13 novembre 2009) s’intéresse à l’adaptation des séries anglo-saxonnes, et notamment celle de « Sex and The City ». C’est court mais, pour une fois, l’article s’intéresse à ce qui constitue l’essence de notre métier, la transposition d’une oeuvre d’une langue et d’une culture à une autre.

A noter aussi, relativement récemment, une série de quatre articles sur le site Excessif (Dvdrama) qui, il faut bien le dire, nous ont un peu déçus. [Parties n°2n°3, n°4.] Le dossier se voulait fouillé mais se perd dans des considérations techniques qui finissent par faire oublier le coeur de notre métier, et censément le sujet du dossier, c’est-à-dire la traduction ! Son auteur n’a pas cru bon de contacter des professionnels et s’est plus vraisemblablement appuyé sur des informations tronquées qu’il a glanées ici et là, notamment auprès de fansubbers. Une confusion des genres qui donne une image faussée de nos métiers.

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oct 08
Prière de jeter !

Prière de jeter !

Compression des coûts, économies d’échelle, déconsidération des cœurs de métier, délocalisation… sont le lot quotidien du monde du travail actuel.
On n’a plus que ces mots-là à la bouche, plus que ces mots-là dans les oreilles, devant les yeux…
Des mots, vous avez dit des mots ?
Mais, les mots, sont-ils réductibles, sont-ils rentables, sont-ils délocalisables ?
Comment ? La langue, le génie d’un peuple, serait elle aussi exportable et lucrative à souhait ?
Oui ! Le progrès n’a aucune frontière, aucune limite.
Ainsi voit-on la traduction, ce passage toujours périlleux, toujours délicat, d’un sens et d’un style à l’autre, d’un génie à l’autre, d’une culture à l’autre, bref, ainsi voit-on cette fameuse « communication interculturelle » bradée elle aussi, empaquetée, soupesée, quantifiée, externalisée, robotisée, délocalisée.
Certains « demandeurs » de traduction n’ont plus qu’un unique souci : trouver vite, très vite, le moins cher, le plus loin possible, le moins dérangeant possible, le plus corvéable à merci.
Peu leur chaut de restituer à leur public, à leur client, le message d’origine qui leur a été confié. L’auteur de départ sera méprisé ? Qu’importe ! La bonne intelligence du public de destination sera bafouée ? La belle affaire !
C’est là noircir le trait, direz-vous. Malheureusement, non.

Pour le prouver, et puisqu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit florilège des annonces que l’on rencontre parfois, de plus en plus fréquemment, dans le petit monde de la traduction audiovisuelle : la requête d’un laboratoire de post-production parisien qui file un mauvais coton, une annonce légendaire de SDI et une autre du moins légendaire Ben’s World, et puis en s’éloignant un peu de la traduction audiovisuelle pure, les lamentables dérives de l’ANPE et de notre ministère de la Culture.

On respire bien à fond…

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mai 11
"Pour vous" 8 mars 1939

"Pour vous" 8 mars 1939

L’article qui suit est un témoignage d’époque d’un auteur de doublage sur son travail.

Pour en savoir plus sur le doublage, lire le texte disponible sur le site de l’ATAA (partiellement repris dans l’article Doublage de Wikipédia).
L’auteur : auteur de romans, d’études historiques, Paul Reboux (1877 – 1963) est surtout connu pour ses pastiches (A la manière de…, 5 volumes parus entre 1908 et 1950), dont les premiers ont été co-écrits avec Charles Muller.

La revue : voir la fiche de l’article Doublage… or not doublage.

Le casse-tête du doublage

Paul Reboux

Pour Vous n°538, 8 mars 1939.

Il fut un temps où doubler un film consistait simplement à faire traduire le texte de Hollywood en français par un de ces polyglottes d’Europe Centrale qui pullulent dans les organisations cinématographiques.
Il en résultait une sorte de jargon, ou du moins un texte où l’on aurait pu cueillir les fautes de français pour les rassembler en bouquet.
De plus, ce texte était joué par des comédiens qui avaient adopté, on ne sait pourquoi, une façon spéciale de parler, aussi artificielle que le sont les intonations des orateurs politiques.
Ajoutez à cela que l’on n’était pas encore très fixé sur la concordance de certaines consonnes et sur le nombre de syllabes. Si bien que l’on voyait des personnages, sur l’écran, remuer les lèvres, sans entendre un son. D’autre part, certains d’entre eux parlaient, bien qu’ils eussent les lèvres fermées, à la façon des ventriloques.
Il est naturel que ces défauts aient alors braqué contre le doublage les gens de goût et les gens de bon sens.
Mais le doublage a fait maintenant de tels progrès que, bien des fois, l’illusion est complète.
Aussi est-on mal fondé à se dresser contre ce procédé. Grâce à lui, il nous est permis de comprendre certains films à grand spectacle, ou certains films qu’il nous serait pratiquement impossible de réaliser chez nous.

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mai 06

Un traducteur de l'audiovisuel en pleine action

Un traducteur de l'audiovisuel en pleine préparation

Il est encore modeste, mais il a de l’avenir ! Le prix « Liliput » récompense chaque année le meilleur doublage et le meilleur sous-titrage parmi les sorties cinéma en Allemagne. C’est un prix purement honorifique (pas d’argent à la clé) qui a été remis en octobre 2008 lors du Salon du livre de Francfort. Il existe depuis 1997 et était auparavant remis dans le cadre de la Berlinale.
Une belle initiative, surtout dans un pays où le sous-titrage est pratiquement inexistant. L’un des objectifs de ce prix est d’ailleurs de faire progresser la proportion de films sous-titrés en Allemagne.
Pour les germanophones intéressés, liste des lauréats et avis du jury ici :
http://www.vdfk.de/news/view/51-12-liliput-preis

Une idée que l’Ataa a bien envie de développer en France. A suivre sur le forum.

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avr 27
Couverture du magazine "Pour vous" de janvier 1936

Couverture du magazine "Pour vous" du 2 janvier 1936

Dans cette rubrique, nous présenterons des articles, en français ou en anglais, portant sur le doublage et le sous-titrage, depuis leurs origines jusqu’à aujourd’hui, et cela, afin de donner un aperçu de la façon dont la traduction audiovisuelle est présentée dans les médias (spécialisés ou non) à diverses périodes et dans des pays différents.
Pour commencer, voici un article datant des débuts du parlant. Il montre que le débat VO/VF (ou sous-titrage/doublage) ne date pas d’hier… Les arguments employés par l’auteur sont parfois pour le moins farfelus.

La référence de cet article a été trouvée grâce au précieux site Calindex, qui répertorie de façon détaillée 17 revues françaises de cinéma (Positif, Ecran, Image et Son, Midi-Minuit Fantastique…).

L’auteur : fils d’Arthème Fayard, lui-même fils du fondateur des éditions du même nom, Jean Fayard (1902 – 1978) était journaliste et romancier (Mal d’amour, Prix Goncourt 1931). A la mort de son père, en 1936, il prit sa place à la tête de la maison d’édition Fayard.

La revue : « Soutenu par un groupe de presse puissant – celui du grand quotidien du soir L’Intransigeant - Pour Vous peut se permettre une certaine indépendance : sans publicité, c’est le plus luxueux des journaux populaires de l’époque, avec une iconographie exceptionnelle. Films racontés, confidences de stars, concours : on retrouve les rubriques traditionnelles du magazine pour grand public, mais le niveau est bien meilleur. (…) La critique est également présente (textes de Jean-George Auriol, Roger Régent, Nino Frank), ainsi que des informations sur les activités professionnelles en France et à l’étranger, des dossiers techniques, thématiques, des enquêtes. (…) » (d’après la fiche du répertoire des périodiques, sur le site de la Bibliothèque du Film).

Pour Vous a paru entre 1928 et 1940.

Doublage… or not doublage

Jean Fayard

Pour Vous n°372, 2 janvier 1936

Le public, interrogé à l’Olympia sur la question si épineuse du doublage, s’est montré assez partagé. Les adversaires du doublage l’emportent, mais à une très faible majorité.
L’ennemi convaincu de ce procédé doit-il considérer ce vote comme un demi-succès ? Ou, au contraire, doit-il l’enregistrer comme un triomphe ? A mon avis, même si le référendum avait donné exactement le même nombre de voix aux deux thèmes, les antidoubleurs auraient remporté un avantage très significatif.
En effet, sur le terrain des idées, notre thèse n’a jamais été presque entièrement discutée. Les critiques seraient, pour une fois, presque tous d’accord. Le seul argument qu’on nous opposait était donc d’ordre commercial : « Le public aime ça, il ne peut supporter les versions originales en langue étrangère. »
Or, il se produit une sérieuse brèche dans le public le jour où la moitié des spectateurs a passé à l’autre camp. Jamais, pour ma part, je n’aurais osé espérer autant. On peut estimer que, en quelques années, la bonne cause a fait des progrès considérables.

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avr 14
Dr House

Le sourire du Dr House

L’excellent doublage de la série Dr House est enfin sous les projecteurs ! Mais peut-être pas sous son meilleur jour… Un article de Télérama.fr titré « Le Dr House antisémite ? » a très vite suscité une vive polémique. L’article a provoqué des réactions en cascade, d’abord des internautes, puis les excuses de TF1 et celles de la traductrice, interviewée dans Libération. Dans la foulée, d’autres médias se sont emparés de l’affaire, qui a fait le tour de la toile et de la blogosphère.

Au-delà de la polémique et à tête reposée, ce qui ressort de cette affaire, c’est que nos métiers sont méconnus. L’Ataa a donc saisi l’occasion pour écrire un petit mot aux journalistes de Télérama et de Libération, que voici : suite »

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mar 04

Rappel :
Depuis que les chaînes DU RÉSEAU HERTZIEN ont commencé à diffuser des
programmes en VM (Version Multilingue où le spectateur a accès a
plusieurs versions : sous-titrée français, doublée francais et parfois
sous-titrée en langues étrangères), les auteurs de sous-titrage ne
perçoivent plus de droits d’auteur pour ces programmes qui sont déclarés
à la Sacem comme de la VF.

Le Snac» et l’ATAA essaient de débloquer la situation depuis deux ans et une clé de répartition a été trouvée pour ce qui concerne les diffusions sur le câble et le satellite. Il faut maintenant trouver une clé de
répartition entre les auteurs de sous-titrage et de doublage pour le
réseau hertzien. Le problème n’est pas simple car TF1 et Arte, par
exemple, n’ont pas le même public VO/VF, et ce n’est qu’un des nombreux
problèmes qu’il convient de résoudre pour ne léser aucune catégorie
d’auteur.

Avant toute chose, la Sacem a demandé aux auteurs de sous-titrage de lui
fournir une liste des programmes diffusés sur le hertzien (TF1, Canal+,
Arte pour le moment). Durant deux mois, de février à mars, nous avons donc relevé les titres des diffusions en VM. Ces titres étaient mis sous forme de tableau sur une feuille excel Google accessible en ligne, chaque auteur de sous-titrage ou doublage a donc pu la compléter et l’amender au besoin. Nous avons également eu l’idée de fournir le nom des auteurs pour chaque programme afin de faire un envoi groupé à la Sacem.

Le tableau a été transmis au délégué général du Snac qui va à son tour le transmettre à la Sacem. La clé de répartition pourra ainsi être étudiée sur des bases concrètes.

Contact : sacem@traducteurs-av.org

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