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fév 15

À lire !

À lire !

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le quotidien du traducteur indépendant sans jamais oser le demander, quelqu’un l’a vraisemblablement déjà demandé à Fire Ant et Worker Bee, alias Chris Durban et Eugene Seidel, deux traducteurs chevronnés qui tiennent depuis 1998 une chronique intitulée « The Bottom Line » dans la revue en ligne Translation Journal. Le principe : une question posée par un lecteur (traducteur, étudiant intéressé par la traduction, acheteur de traductions, etc.), à laquelle Fire Ant et Worker Bee, la fourmi et l’abeille, apportent une réponse pratique agrémentée de réflexions de bon sens.

The Prosperous Translator, publié en octobre 2010, propose au lecteur de retrouver ces chroniques classées par grands thèmes : les débuts du traducteur indépendant, le métier au quotidien, les rapports entre clients et fournisseurs, la question des tarifs, la prospection, la déontologie, la qualité de vie, etc.

Si l’on excepte deux questions portant spécifiquement sur le sous-titrage, il faut avouer que la traduction/adaptation audiovisuelle n’est pas au cœur de l’ouvrage, qui semble s’adresser davantage aux traducteurs dits « techniques ». Pourquoi évoquer ce livre sur ce blog, alors ? Parce qu’à bien y regarder, la plupart des thèmes abordés par les auteurs concernent toutes les spécialités de la traduction. Qu’il s’agisse de la nécessité de signer son travail, de l’attitude à adopter face à certaines exigences déraisonnables posées par les acheteurs de traduction, de la chute des tarifs, de l’opportunité de recommander un confrère, de l’art de la négociation ou encore de la délicate question des traducteurs travaillant vers une langue qui n’est pas leur langue maternelle, The Prosperous Translator fournit quelques piqûres de rappel fort salutaires et de précieux conseils.

Résolument pragmatiques (et pas toujours tendres), les auteurs prennent le contrepied de la morosité ambiante et rappellent qu’il n’y a qu’une solution possible pour arracher le secteur de la traduction au marasme dans lequel il se trouve : la sortie par le haut. Vous croulez sous le travail ? Augmentez vos tarifs. Vous perdez vos clients à la concurrence roumaine, indienne ou coréenne ? Changez de clientèle-cible, visez des acheteurs de traduction intéressés par la qualité de votre travail, pas par le prix défiant toute concurrence de vos prestations. Vous êtes dans un creux d’activité ? Profitez-en pour prospecter sérieusement et muscler votre marketing. Vous vous sentez trop timide pour aller frapper à la porte des entreprises susceptibles de vous confier des traductions ? Personne ne fera ce travail à votre place. Et le reste est à l’avenant.

Alors certes, bien des traducteurs de l’audiovisuel soupireront en lisant certains conseils récurrents. « Augmentez vos tarifs », au hasard, semble une injonction bien illusoire à l’heure où il semble déjà difficile de maintenir ses tarifs sans baisse d’une année sur l’autre. Mais n’est-ce pas le signe que l’on marche sur la tête et qu’il est vraiment temps que chacun se donne les moyens d’y remédier ? Oui, The Prosperous Translator a parfois un côté « donneur de leçons » qui peut agacer. Mais c’est avant tout un livre qui fait du bien, donne envie de ne pas baisser les bras et rappelle que la traduction n’est pas qu’un métier passionnant exercé avec amour par des linguistes talentueux : c’est aussi un business, avec des segments de marché plus ou moins lucratifs, une concurrence qu’il convient d’aborder avec hauteur de vue et discernement, et des clients qui ont besoin des compétences des traducteurs. Enfin, son ton vivant et plein d’humour en fait un ouvrage très agréable à lire, ce qui ne gâte rien.

Pour clore cet article, une bonne nouvelle et un conseil :

  • Une sélection de lettres issues de The Prosperous Translator sera publiée à l’avenir sur le blog de l’Ataa après traduction en français, selon un rythme qui reste à définir. Un grand merci à Chris Durban qui a donné son accord pour ce projet.

  • Si vous souhaitez vous procurer The Prosperous Translator, n’hésitez pas à passer directement par Lulu.com, la plateforme de publication utilisée pour éditer cet ouvrage, plutôt que par un autre revendeur qui prélèvera une part plus importante de la marge des auteurs.

The Prosperous Translator: Advice from Fire Ant & Worker Bee, compiled and edited by Chris Durban, FA&WB Press, 2010, 280 pages.

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oct 10
Media for All - Anvers

Media for All - Anvers

L’Ataa prendra part à la conférence internationale « Media for All » qui se tiendra à Anvers du 22 au 24 octobre 2009 sur le thème « Quality Made to Measure ».

Voici un résumé de l’intervention que Samuel Bréan y fera,
in English.

Subtitling the inaudible?
Subjectivity in audiovisual translation

Subtitlers often leave certain portions of the audiovisual text untranslated, whether for reasons of lack of space (i.e. time) available or by choice. It may thus seem paradoxical to focus on the opposite scenario: when the subtitler chooses to translate elements that are hardly perceptible, or even completely inaudible, to a native speaker watching the film.

A recent British DVD edition of Une femme mariée (Jean-Luc Godard, 1964) provides several instances of such a subtitling, which can be usefully compared with other translations of the film. Godard’s oeuvre is notoriously complex, mixing sound, image and text in elaborate ways. It often poses challenges to translators, arguably culminating in his Histoire(s) du cinéma (1989-1998): “As ‘unwatchable’ and as ‘unlistenable’ in many respects as Finnegans Wake is ‘unreadable’, the first two parts of Godard’s Histoire(s)… are also almost as hard to translate as the Joyce book.” (Jonathan Rosenbaum). This paper will therefore also draw examples from other films by Godard to shed a light on the choices made by the subtitler of Une femme mariée, and help us to see the crucial role played by subjectivity in subtitling.

Rappel : l’an dernier, nous avions pris part à la conférence sœur de Media for All, Language and the Media, un rendez-vous qui nous avait permis de revoir nos excellents confrères scandinaves et polonais et de nouer d’autres liens, notamment en Serbie, en Espagne et en Grèce.

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oct 08
Prière de jeter !

Prière de jeter !

Compression des coûts, économies d’échelle, déconsidération des cœurs de métier, délocalisation… sont le lot quotidien du monde du travail actuel.
On n’a plus que ces mots-là à la bouche, plus que ces mots-là dans les oreilles, devant les yeux…
Des mots, vous avez dit des mots ?
Mais, les mots, sont-ils réductibles, sont-ils rentables, sont-ils délocalisables ?
Comment ? La langue, le génie d’un peuple, serait elle aussi exportable et lucrative à souhait ?
Oui ! Le progrès n’a aucune frontière, aucune limite.
Ainsi voit-on la traduction, ce passage toujours périlleux, toujours délicat, d’un sens et d’un style à l’autre, d’un génie à l’autre, d’une culture à l’autre, bref, ainsi voit-on cette fameuse « communication interculturelle » bradée elle aussi, empaquetée, soupesée, quantifiée, externalisée, robotisée, délocalisée.
Certains « demandeurs » de traduction n’ont plus qu’un unique souci : trouver vite, très vite, le moins cher, le plus loin possible, le moins dérangeant possible, le plus corvéable à merci.
Peu leur chaut de restituer à leur public, à leur client, le message d’origine qui leur a été confié. L’auteur de départ sera méprisé ? Qu’importe ! La bonne intelligence du public de destination sera bafouée ? La belle affaire !
C’est là noircir le trait, direz-vous. Malheureusement, non.

Pour le prouver, et puisqu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit florilège des annonces que l’on rencontre parfois, de plus en plus fréquemment, dans le petit monde de la traduction audiovisuelle : la requête d’un laboratoire de post-production parisien qui file un mauvais coton, une annonce légendaire de SDI et une autre du moins légendaire Ben’s World, et puis en s’éloignant un peu de la traduction audiovisuelle pure, les lamentables dérives de l’ANPE et de notre ministère de la Culture.

On respire bien à fond…

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déc 10

Languages & the Media 2008 – 7th International Conference on Language Transfer in Audiovisual Media

The translator’s point of view:

goodbye quality, hello Quality!


As presented by Estelle Renard on behalf of the ATAA

Last year, the sensation at the French box office was not a Hollywood blockbuster, but a small comedy about language differences and the prejudices and bonds they produce. Bienvenue chez les Chtis was a huge success and over half the French population went to see it. This film, relying as it does on language and linguistic jokes, should have been lost in translation. It was not. Thanks to the competence of the English translator and the director’s attention to it, the subtitles were so good that a Guardian journalist suggested that this tour de force deserved the creation of a whole new Oscar’s category for subtitlers. It is because it was so well translated that this film has had the chance of an international career. So kudos to Michael Katims for his great translation.

If this story proves something, it is not the refinement of the French people’s tastes, but the value of the work of audiovisual translators.

And indeed,

- it it is not only that without translation, an audiovisual product will not cross the borders of the country where it was created,

- nor that without a good translation, the program will be aired, but not appreciated as it should be and sometimes, not even understood.

- Translation is even more than that, it gives an added value to what we call a “product”, if we want to use the language of business.

This story is also interesting, because the comedy of cultural differences and especially those embodied in language is the ultimate challenge for an audiovisual translator. It demonstrates that what we do is something that is, essentially, not quantifiable. This ’something’ that cannot be quantified is also at the heart, the very core of the industry in which we work. Creativity and efficiency cannot be measured or quantified in industrial and business language.

So how can we evaluate something that is not quantifiable? This question seems relevant, but in our industry, it leads us down the wrong path. In this sector, all companies, whatever their size, boast about the high quality translations they provide. At the same time, they boast that they can achieve that quality for a price defying all the odds, shrinking year after year. My question is : what is behind that boast? I would like to demonstrate how quality, as defined by the industry, always results in a cut in the rate paid to the translator. Why is this the case?

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