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jan 21

Lors de la dernière réunion publique organisée par l’Ataa à la Scam, le 8 novembre 2011, Caroline Hartman a présenté les résultats d’une enquête menée auprès des traducteurs/adaptateurs travaillant vers une langue autre que le français. Voici une synthèse des réponses collectées.

Ce questionnaire a été adressé à la fin de l’été 2011 à 100 adaptateurs et a recueilli 66 réponses.

Question 1 : Es-tu inscrit à la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, l’organisme collecteur chargé de reverser aux adaptateurs de l’audiovisuel les droits d’auteur relatifs au doublage et au sous-titrage des films de long métrage, des fictions ou des séries diffusées au cinéma, à la télévision ou sur DVD) ?

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Si « non », est-ce :
a) par manque de temps ?
b) parce que tu ignorais que tu pouvais t’inscrire à la Sacem ?
c) parce que la Sacem t’a fait savoir que tu n’y avais pas droit ?
d) autre

Pas inscrites à la Sacem

Si oui, est-ce pour :
a) des diffusions sur TV5
b) des DVD-multilingues
c) les deux
d) autre

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Conclusion : trop peu d’adaptateurs vers des langues étrangères sont inscrits à la Sacem, alors qu’ils en ont tout à fait le droit et peuvent percevoir des droits sur les diffusions TV5 et sur les DVD multilingues commercialisés en France et dans les pays étrangers dont les sociétés d’auteur ont signé un accord de réciprocité avec la Sacem. Ce questionnaire aura permis de sensibiliser les traducteurs à la question, de les aider à identifier les programmes sur lesquels ils peuvent toucher des droits, et de les encourager à adhérer à la Sacem.

La répartition des droits sur VOD (vidéo à la demande), souvent proposée avec un choix de sous-titres ou de doublages dans plusieurs langues, sera l’un des prochains combats à mener auprès de la Sacem.



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Question 2 : T’es-tu inscrit(e) à la Scam (Société civile des auteurs multimedia, la société d’auteurs qui répartit les droits sur les doublages et sous-titrages de documentaires) ?
a) oui
b) non

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Très peu d’adaptateurs vers une langue étrangère sont adhérents de la Scam, et aucun d’entre eux ne touche de droits d’auteur sur des adaptations vers une langue étrangère. Ceci est principalement dû au fait que cette société d’auteurs ne répartit pas ou peu les droits sur les documentaires édités en DVD, alors que ces adaptations relèvent bien de son répertoire. Les adaptateurs vers des langues autres que le français comptent se joindre à leurs confrères de langue française pour faire avancer ce dossier.



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Les deux questions suivantes avaient pour but de faire connaître l’Ataa et le Snac (Syndicat national des auteurs et des compositeurs).

Question 3 : Es-tu membre de l’Ataa ?
a) oui
b) non

Question 4 : As-tu adhéré au Snac ?
a) oui
b) non

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Seul un faible pourcentage d’adaptateurs est adhérent du Snac. Il faut dire que ce syndicat, qui défendait auparavant les intérêts des adaptateurs « vers le français », n’a que très récemment changé ses statuts pour prendre en compte plus largement les auteurs de « dialogues et commentaires d’œuvres audiovisuelles dans une langue différente de celle du tournage ».



*****


Question 5 : Vers quelle(s) langue(s) traduis-tu ?

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A partir de quelle(s) langue(s) ?

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L’éventail de langues représentées est vaste ! C’est l’occasion de rappeler que même dans le cas d’une adaptation vers le français, il est toujours préférable de faire appel à un spécialiste de la langue étrangère considérée, plutôt que de passer par ce que l’on appelle une « traduction relais » (faire adapter un film à partir d’une liste de sous-titres réalisés préalablement dans une autre langue, souvent l’anglais) pour des raisons de budget ou de temps. L’adaptateur de langue française peut au besoin travailler en binôme avec son confrère spécialiste de la langue « rare » en question si celui-ci ne manie pas parfaitement le français (à ce sujet, voir aussi la p. 21 de la brochure de l’Ataa « Faire traduire une oeuvre audiovisuelle« ), et les deux traducteurs peuvent alors signer l’adaptation ensemble. Sans oublier qu’il existe des adaptateurs parfaitement bilingues qui travaillent dans les deux sens, et d’autres qui prennent eux-mêmes l’initiative de se faire relire par un confrère de langue maternelle française.



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Question 6 : Tu fais :
a) doublage
b) sous-titrage
c) voice-over
d) traduction avant doublage français

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Ce questionnaire a permis à un certain nombre d’adaptateurs vers des langues autres que le français de se réunir et d’échanger sur ces questions : un plus pour renseigner d’autres confrères, faire circuler les informations et aller vers la résolution de certains problèmes communs à tous les adaptateurs, quelle que soit leur langue maternelle.

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déc 27

<em>Series Addict</em>, l'addiction aux séries vue par Olivier Joyard

Series Addict, l'addiction aux séries vue par Olivier Joyard


Canal + a diffusé début décembre un documentaire réalisé par Olivier Joyard, Series Addict, qui a suscité de vives réactions de la part des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel. Il nous semblait donc nécessaire de revenir sur la question.

Pour ceux à qui la polémique aurait échappé, ce documentaire est une enquête somme toute bien faite sur le phénomène des séries et leur évolution au cours de ces dernières années. Mais un passage, finalement bien peu de choses dans ces 50 minutes de film, a fait réagir nombre d’entre nous. En effet, le « fansubbing » y est, on peut le dire, littéralement porté aux nues.

Le documentaire prend le temps d’expliquer comment travaillent ces fansubbers, qualifiés de « sous-titreurs » par le narrateur. A l’aube, ces « héros de l’ombre » téléchargent les vidéos et les transcriptions pour sourds et malentendants, puis ils dispatchent chaque épisode entre différents subbers : certains traduisent, d’autres synchronisent, d’autres enfin, corrigent…

Là où le bât blesse, c’est qu’Olivier Joyard donne uniquement la parole aux fans et aux fansubbers, ce qui produit un discours assez surprenant, car ce documentaire affirme sans argumenter, sans remettre en question un seul instant l’éloge inconditionnel des fansubbers, et sans s’interroger sur les conditions de réalisation du fansubbing, que ce soit en termes de qualité ou de légalité.

Pas un mot sur le droit d’auteur, une notion reconnue internationalement à travers la Convention de Berne, ni sur le Code de la Propriété Intellectuelle français (voir lien à la fin de l’article) ou sur l’illégalité dans laquelle œuvrent les fansubbers. Oliver Joyard est auteur, ignore-t-il que les traducteurs audiovisuels le sont aussi ? Ignore-t-il le rôle important que le droit d’auteur joue dans la création audiovisuelle ou préfère-t-il laisser croire à son public tous les poncifs qu’on entend sur le sujet du piratage ? Le fansubbing serait un acte militant pour apporter la culture gratuite et défendre les fans de séries contre les gros producteurs qui s’en mettent plein les poches ? Naïf ou malhonnête ? A voir.

Si cette complaisance dans la présentation du fansubbing est un choix du réalisateur, qui est libre de donner la direction qu’il souhaite à son documentaire, elle nous amène à poser d’autres questions. Que pense donc Olivier Joyard du phénomène illégal qu’il encense ainsi ? Lui-même auteur, comprend-il le risque que représentent pour la création le fansubbing et le piratage ? Pourquoi n’a-t-il pas l’honnêteté de reconnaître que la majorité des sous-titres de fansubbing sont de piètre qualité, remplis de fautes et de contresens, mal synchronisés, repérés à la hache, rédigés en dépit du respect de la lisibilité du spectateur ?

De même, cela ne pose-t-il pas problème à Canal+, une chaîne payante qui a bâti son image sur des productions de qualité et sur la diffusion de séries en exclusivité, de diffuser un documentaire qui fait l’apologie d’une pratique qui va directement à l’encontre de ses valeurs et de ses intérêts économiques ? En effet, ce phénomène met directement l’industrie audiovisuelle en danger, ainsi que celle du doublage et du sous-titrage. Car si les séries ne sont plus regardées à la télévision mais piratées, elles rapportent moins d’argent aux chaînes françaises, qui peuvent encore moins investir dans le doublage et le sous-titrage.

Certes, certaines plaintes avancées par les fans sont légitimes. Il est vrai que le retard entre les diffusions américaines et françaises est considérable. Et quand les chaînes font l’effort de mettre les épisodes à disposition très rapidement, c’est à des prix prohibitifs. De plus, les téléspectateurs qui souhaitent se tourner vers les éditions DVD sont souvent confrontés à des sous-titrages catastrophiques, payés au rabais et réalisés par des non professionnels engagés par de grandes multinationales de la localisation. Mais, d’une part, le droit de se plaindre ne donne pas le droit de voler, et, d’autre part, les fans ne pousseront pas les chaînes à faire davantage d’effort en les volant. Deux évidences qui semblent avoir échappé à Olivier Joyard.

Voilà pourquoi ce documentaire nous a choqués, notamment sur une chaîne dont les points forts sont la qualité et l’innovation, deux ambitions incompatibles avec le piratage. Nous souhaitions donc exercer notre droit de réponse et le faisons tout d’abord en publiant ce billet sur le blog de l’Ataa avant de passer à une action plus large qui visera à faire connaître et souligner les lacunes de ce documentaire.



Un lien indispensable : « Fansubbing et droit d’auteur : le sous-titrage par les fans d’œuvres protégées est-il légal ? »


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nov 21

revue-de-presse



Pour retrouver toutes les revues de presse de l’Ataa, cliquez ici.



Cette fois-ci, trois textes fouillés, parus dans des revues en ligne, ont retenu notre attention :

  • Claire Ellender (Lille 3), dans « Transporting the Aquarium », étudie les défis posés par le sous-titrage de Fish Tank (Andrea Arnold, 2009) vers le français. Le texte isole quelques scènes et chansons clés de ce film britannique, et observe les stratégies utilisées par les deux traductrices (Translation Journal).

  • Le texte « Professional identity and training of translators in the context of globalisation: The example of subtitling », dû à Dionysios Kapsaskis (Roehampton University, Londres), offre une réflexion sur la « crise d’identité des traducteurs » (en l’occurrence, dans le secteur du sous-titrage) liée aux tâches qu’ils effectuent : l’exemple pris est celui des template files (fichiers de sous-titres au repérage uniforme et impossible à modifier, censé servir pour toutes les langues cible), dont les effets néfastes sur la qualité de la traduction sont examinés. L’auteur propose ensuite, de façon personnelle, des pistes à explorer en matière de formation des traducteurs (Journal of Specialized Translation).

  • Dans « godard english cannes: The Reception of Film Socialisme’s “Navajo English” Subtitles », Samuel Bréan, secrétaire actuel de l’ATAA, se penche sur les sous-titres anglais très particuliers du dernier film de J.-L. Godard, ainsi que sur la façon dont ils ont été accueillis (Senses of Cinema).


Ailleurs sur le net :

  • Le titre de l’article « How to dub a film » est trompeur, puisqu’il propose un (bon) aperçu aussi bien du doublage que du sous-titrage (The Independent, 4 octobre)

  • L’article « In other words: The language of cinema », sur le site du quotidien égyptien Al-Masry Al-Youm (3 octobre), permet de s’instruire sur la pratique du sous-titrage dans ce pays, hélas souvent entravé par la censure locale. Il s’agit de l’interview d’un responsable « traductions » d’un grand prestataire de sous-titrage du Caire.

  • Un article qui nous éloigne de la traduction audiovisuelle, mais qui pose des problèmes de droits d’auteur : dans Le Monde (24 octobre), un rapport sur les soupçons de plagiat qui pèsent sur le texte français d’une pièce d’Ingmar Bergman (qui vient d’être jouée au Rond-Point, à Paris).

  • Sur son blog « Les Piles intermédiaires », une traductrice œuvrant dans l’audiovisuel réagit, de son point de vue de praticienne et avec sa verve habituelle, à « une proposition de loi déposée par un député pour imposer la diffusion à la fois en VF et en VO (donc en VM) de tous les films et séries sur les chaînes du câble ». Affaire à suivre ?

  • La presse anglaise révèle ces jours-ci que la BBC a demandé expressément à des traducteurs d’adoucir les injures dans les sous-titres d’une série. Il s’agit de la deuxième saison de la série danoise Forbrydelsen, plus connue sous son titre international The Killing. Un article du Daily Mail (18 novembre) révèle notamment le contenu d’un mémo envoyé par la chaîne au laboratoire de post-production, et apporte des témoignages des différents acteurs de la chaîne. En France, les deux saisons de The Killing ont été diffusées sur Arte en version doublée ; la première saison est disponible en DVD avec des sous-titres français.


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sept 09

Doublage traditionnel

Doublage traditionnel

Les grandes évolutions du marché de la traduction audiovisuelle, dans un paysage en pleine mutation, sont conditionnées par les comportements de quatre acteurs majeurs.

  • Les commanditaires (chaînes, éditeurs, distributeurs), qui cherchent à limiter leurs coûts tout en préservant la qualité des adaptations.

  • Les prestataires techniques qui, souvent, engagent les auteurs, mais qui, face à la pression des commanditaires, cherchent à préserver leurs marges.

  • Les formations à la traduction audiovisuelle, qui cherchent à maintenir ou augmenter le nombre d’étudiants inscrits.

  • Les auteurs, qui cherchent à travailler.

Les rapports de force entre ces quatre acteurs sont longtemps restés à peu près équilibrés. Mais depuis quinze ans, aussi bien en termes de conditions de travail que de qualité, le sous-titrage de traduction, puis le voice-over et le sous-titrage à destination des sourds et malentendants ont successivement pâti de graves déséquilibres apparus sur le marché de la traduction audiovisuelle.

Or l’observation des faits permet de conclure que le doublage se trouve aujourd’hui dans la même situation que le sous-titrage il y a une quinzaine d’années. En effet, la conjonction de plusieurs facteurs déterminants menace aujourd’hui de pousser les différents acteurs du doublage à répéter les erreurs commises dans le passé par le secteur du sous-titrage.



1) Augmentation massive des volumes


Comme il y a quinze ans, avec l’arrivée du câble puis du DVD, l’explosion des séries a provoqué une augmentation rapide de la demande de doublage. Ceci aurait pu bénéficier aux traducteurs en exercice, mais la multiplication des formations et la mécanisation de la profession ont produit l’effet inverse et accentué la pression sur les tarifs.



2) Multiplication des formations à la traduction audiovisuelle et augmentation du nombre de traducteurs


Le marché de la traduction audiovisuelle continue à être perçu, à tort, comme prometteur par des enseignants pas toujours au fait des réalités économiques, statutaires et pratiques du métier d’auteur. De plus, en pensant accompagner l’évolution technique de la profession, ces formations ont largement investi dans des outils informatiques coûteux, encouragées dans cette voie par le démarchage agressif de certains éditeurs de logiciels. Ces investissements, qu’elles doivent rentabiliser, les incitent à promettre des débouchés aux étudiants, alors qu’aucun contrôle administratif n’est exercé sur la réalité de ces promesses.

Si 50 à 100 diplômés en traduction audiovisuelle ont été formés entre 1982 et 1992 (chiffres cumulés), puis environ 230 entre 1992 et 2002 (idem), nous en sommes aujourd’hui à 60 par an. Or la mise en parallèle de l’effondrement des tarifs et de l’augmentation du nombre de formations montre que l’explosion de ces formations est une des causes principales de la dégradation des conditions de travail. Tout porte à croire que les mêmes causes auront les mêmes effets dans le domaine du doublage. À ces jeunes diplômés s’ajoutent, entre autres, les détecteurs et calligraphes qui se reconvertissent au doublage parce qu’ils ont de moins en moins de travail.



3) Mécanisation de la profession


L’apparition des logiciels de sous-titrage au milieu des années 1990 a accéléré la dégradation des conditions de travail, non parce que la technologie est nuisible en elle-même, mais parce que les laboratoires ont pu, grâce à elle, obliger les auteurs à s’équiper pour réaliser leur propre repérage et généraliser peu à peu les tarifs « tout compris » (repérage + adaptation). Face à la pression des chaînes et des éditeurs, les prestataires de postproduction ont pu ainsi préserver leurs marges en limitant leurs propres investissements techniques, puisque ceux-ci étaient soit reportés sur les auteurs, soit rendus inutiles par la dématérialisation progressive des supports.

La chaîne technique du doublage étant plus complexe, il a fallu attendre l’avènement du numérique pour que les laboratoires puissent imposer l’utilisation de logiciels et, avec elle, des contraintes semblables : nécessité d’acheter un logiciel pour travailler (alors que les bandes-mères du doublage traditionnel, pourtant plus coûteuses que les logiciels, ont toujours été payées par les entreprises), détection imposée, parfois non rémunérée, alors que le numérique fait réaliser des économies considérables aux entreprises, notamment du fait de la disparition du matériel physique et du métier de calligraphe. Différence importante par rapport au sous-titrage, et qui aggrave la situation, les éditeurs informatiques n’ont pas établi de standard commun permettant la compatibilité entre fichiers de doublage créés sur des programmes différents, ce qui oblige les auteurs à acheter plusieurs logiciels en fonction de leurs clients.



4) Une impression de sécurité et même de prospérité


Comme les auteurs de sous-titres il y a quinze ans, les auteurs de doublage exerçant aujourd’hui, notamment les plus jeunes, évoluent dans un marché qui semble sain et dynamique. Les saisons de séries s’enchaînent, les commandes affluent et le métier se modernise, même s’il faut, en contrepartie, consentir à une baisse de la qualité, à la fragilisation de certaines professions (détecteur, calligraphe), et à des entorses au Code du travail, qui consistent à obliger les auteurs à effectuer la détection gratuitement, ou à les payer en droits d’auteur pour cette tâche, au lieu de les rémunérer en salaires, comme l’exige la loi.



Il serait bien sûr possible de détailler et de nuancer chacun de ces quatre points, mais là n’est pas l’essentiel. En effet, c’est la conjonction de ces facteurs qui menace aujourd’hui le métier du doublage. Augmentation des volumes, mécanisation et multiplication des formations font chuter les tarifs et poussent les jeunes auteurs (et parfois même les moins jeunes) à accepter des conditions de travail en constante dégradation. Dans quelques années, si rien n’est fait, de nombreux auteurs confrontés à cette situation se demanderont : «  Mais pourquoi n’avons-nous rien vu venir ?  »

Le doublage est donc à un tournant. Il est de la responsabilité de chacun de refuser les conditions de travail susceptibles de nuire à la profession dans son ensemble. En d’autres termes, de ne pas scier la branche sur laquelle il est assis. Cependant, les expériences conjointes du Snac et de l’Ataa montrent que le moyen d’action le plus efficace face à la crise qui nous a frappés hier et menace aujourd’hui est l’action auprès des institutions et des pouvoirs publics dont dépendent nos intérêts et ceux de nos métiers. Ainsi, une Charte des bons usages dans le doublage et le sous-titrage élaborée sous l’égide du CNC vient d’être signée par la Ficam, les représentants des auteurs et ceux de nombreux commanditaires. Ce document représente une avancée importante pour notre secteur d’activité, et il faut désormais redoubler d’efforts pour en concrétiser les potentialités.



Auteurs de sous-titrage, auteurs de doublage, il n’est jamais trop tard pour agir. L’Ataa et le Snac vous représentent, mais comme tout organisme représentatif, ils ne sont que la somme de leurs adhérents. A ce titre, la nature et la portée de leur action dépendent entièrement de votre participation.

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août 15

revue-de-presse

L’équipe du blog de l’Ataa a décidé de présenter désormais une revue de presse consacrée aux métiers de la traduction/adaptation audiovisuelle, afin de rendre compte des articles et billets de blog intéressants qui paraissent à ce sujet.

Bonne lecture !

  • Vu sur 20minutes.fr (5 mai 2011) : « Thanksgiving sait rendre dinde les séries américaines », un article de Benjamin Chapon (ça ne s’invente pas) sur la traduction ou non du nom de la fête de Thanksgiving dans les séries américaines diffusées en France, avec une interview de deux auteures de sous-titrages de séries.

  • Dans son billet « Potiche », la traductrice-blogueuse Céline Graciet (qui vit outre-Manche) évoquait le 20 juin dernier la sortie au cinéma de la version sous-titrée du film Potiche (François Ozon, 2010), et notamment la délicate traduction de son titre. Le billet existe également en version anglaise.

  • On pourra consulter en complément une interview en anglais de Sionann O’Neill, qui a signé les sous-titres anglais de Potiche (San Francisco Chronicle, 5 avril 2011).

  • « La mauvaise réputation » est un billet écrit par une auteure de doublage (« La blogueuse était en rose ») début juillet. Il revient sur les idées reçues du grand public à l’endroit du doublage de fiction et les critiques dont font souvent l’objet les versions doublées.

  • Sur le site ABCNews.com, l’article de Glenn Whipp « Studios Try to Lessen What’s Lost in Translation » aborde la question des références culturelles et des subtilités de niveaux de langues qui passent parfois à la trappe lors de la traduction des films (18 juillet 2011 – en anglais).

  • Sur SlateAfrique.com, un article intitulé « Quel arabe pour faire parler Harry Potter ? » et mis en ligne le 28 juillet dernier s’interroge sur la variante d’arabe dialectal à choisir pour les films et séries distribués en version doublée dans le monde arabe. L’article original, en anglais, est plus détaillé et peut être consulté sur le site du Wall Street Journal (« Why Harry Potter’s Latest Trick Is to Speak a Syrian Dialect », Bill Spindle, 25 juillet 2011).

  • Enfin on pourra lire « Read My Lips », un article assez généraliste sur l’art du sous-titrage d’Amulya Gopalakrishnan repéré sur le site IndianExpress.com (7 août 2011).

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juin 08

Une journée co-organisée par l'Université Paris Diderot et l'ESIT

Une journée co-organisée par l'Université Paris Diderot et l'ESIT

L’Ataa participera à la quatrième journée d’études « Traductologie de plein champ », qui se tiendra le 18 juin au Centre universitaire Dauphine à Paris.

Organisée conjointement par le Master pro ILTS de l’Université Paris Diderot et l’École Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs, cette manifestation a cette année pour thème le désir de traduire et la légitimité du traducteur. « Envie, quête, urgence : on traduit parfois parce qu’on a le sentiment que c’est nécessaire, pour nous ou pour autrui », rappellent les organisateurs dans leur présentation de cette journée d’études, laquelle donnera la parole à des universitaires, mais aussi à des traducteurs et à des interprètes en exercice.

C’est notamment le cas de la table-ronde intitulée « Les professions d’interprètes et de traducteurs face à la montée de la société numérique et des nouvelles technologies », à laquelle participeront Chloé Leleu et Michèle Nahon, adaptatrices spécialisées dans le sous-titrage et membres de l’Ataa.

La présentation et le programme complet de cette journée d’études peuvent être téléchargés ici en PDF.

Si vous souhaitez y assister, il est nécessaire de vous inscrire auprès des organisateurs, Nicolas Froeliger (nf@eila.univ-paris-diderot.fr) et Colette Laplace (LaplaceCol@aol.com).

Enfin, pour consulter le programme des précédentes éditions des journées « Traductologie de plein champ », rendez-vous sur le site de l’Université Paris Diderot.

Lieu :
ESIT – Centre Universitaire Dauphine
Paris 16e

Métro Ligne 2 : Porte Dauphine
BUS PC 1 : Maréchal de Lattre de Tassigny
RER Ligne C : Avenue Foch

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mai 18

Un colloque intitulé Le sous-titrage de film – Perspectives extra- et intrafilmiques se tiendra à Paris les 3 et 4 juin prochain.

Citons la présentation disponible sur le site du colloque : « L’objectif de ce colloque junior qui s’adresse en priorité aux jeunes chercheurs mais aussi aux chercheurs « confirmés » est de permettre un tour de table que nous souhaitons interdisciplinaire et international sur cette traduction audiovisuelle spécifique qu’est le sous-titrage de film. »

Attention, particularité de ce colloque : plusieurs interventions seront faites en allemand.

Lieu :

Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Salle « Las Vergnas », 3ème étage
14, rue de Santeuil
75005 Paris
(Métro Censier Daubenton)

Enfin, voici un lien vers le programme complet (fichier pdf).

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avr 18
Medietext, une expérience rafraîchissante

Medietext, une expérience rafraîchissante

Depuis sa création en 2006, l’ATAA entretient des rapports amicaux avec de nombreuses autres associations de traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel en Europe et suit attentivement l’actualité de nos métiers à l’étranger. En Suède, la profession a connu il y a quelques années de profonds bouleversements qui ont conduit à les adaptateurs à se regrouper pour créer leur propre entreprise de services de sous-titrage, Medietext (son site comporte notamment une page de présentation en français).

Nicholas Ryderås nous raconte l’aventure de la naissance de Medietext, à laquelle il a participé, et son évolution au cours des cinq dernières années. Son texte, en anglais, est reproduit à la suite de la traduction. Un grand merci à Karine Rybaka pour la version française.

L’histoire de Medietext

Par Nicholas Ryderås

Medietext est née d’une crise. Au début de l’été 2006, la chaîne de télévision publique suédoise, SVT, annonce à son équipe de traducteurs-adaptateurs, composée d’une centaine de free-lances fidèles depuis de nombreuses années, qu’elle n’aura plus besoin de ses services. En effet, SVT a décidé de s’adresser désormais à des sociétés de sous-titrage privées. La chaîne publique va donc lancer un appel d’offres à destination de ces sociétés.

Bien évidemment, les traducteurs-adaptateurs de SVT sont sous le choc. Un grand nombre d’entre eux travaillent régulièrement pour la chaîne depuis près de 30 ans. Par ailleurs, l’idée de se tourner vers le privé semble assez éloignée des principes de service public de SVT, car il est bien connu que la qualité et les conditions de travail sont plus que douteuses dans les sociétés de sous-titrage privées. Mais la décision est sans appel. Une décision manifestement motivée par des raisons économiques, mais également en accord avec la nouvelle politique de SVT en matière de sous-traitance.

Comment ce changement de politique a-t-il été possible ? Comment une chaîne de télévision publique a-t-elle pu démanteler une structure adaptée à ses besoins depuis des décennies, et comptant dans ses rangs des traducteurs extrêmement compétents dans un grand nombre de langues ? Contre toute attente, le syndicat de la profession en est le premier responsable. En Suède, il n’y a pas de salaire minimum légal. Les salaires sont négociés entre les syndicats et les employeurs, pour chaque branche d’activité. Mais le syndicat des traducteurs de sous-titres, Teaterförbundet» , avait signé deux accords pour le même type d’activité : l’un fixant des salaires très élevés, avec SVT, et l’autre des salaires très bas, avec les sociétés privées. En acceptant ce deuxième accord, le syndicat signait l’arrêt de mort de ses propres membres.

Comment donc une société a-t-elle pu naître d’une telle crise ? Les traducteurs ont commencé par se réunir afin d’évaluer la situation. Rapidement, ces réunions se sont transformées en discussions sur le besoin de s’adapter à la concurrence et de créer une société privée offrant un service de qualité. Il devint rapidement évident que les anciens traducteurs de SVT possédaient des compétences précieuses et un fort potentiel économique. En fait, c’était un peu comme une usine sur le point de démarrer sa production : les machines et les ouvriers étaient en place. Il manquait juste un responsable pour procéder à la mise en route. Heureusement, parmi les traducteurs de SVT se trouvaient quelques personnes dotées de l’esprit d’entreprise, dont une avait une expérience en gestion des entreprises, et une autre était experte en logiciels de sous-titrage. Et en engageant un consultant expérimenté, les traducteurs acquirent instantanément la crédibilité et la structure nécessaires pour fonder une société et répondre à l’appel d’offres de SVT.

Ainsi, au beau milieu des congés d’été suédois, naît Medietext, société à responsabilité limitée de cinquante associés. Un conseil d’administration est élu, le consultant, engagé, et le dossier de soumission à l’appel d’offres, préparé. Les traducteurs de Medietext veulent proposer un travail de qualité, alors rare au sein des sociétés privées, et revaloriser les tarifs des traducteurs-adaptateurs.

Les négociations avec SVT se passent bien et un contrat est signé entre la chaîne et Medietext. Bien entendu, cette réussite a un prix. Pour être compétitive, Medietext doit baisser les anciens tarifs de SVT d’environ 30 %. Malgré tout, les nouveaux tarifs négociés restent près de deux fois plus élevés que ceux des autres sociétés privées. En un rien de temps, Medietext devient la quatrième société de sous-titrage du pays, et parvient à établir un niveau de rémunération parfaitement décent pour le privé . À partir de là, les traducteurs de Medietext n’ont qu’un but : réaliser et encourager un sous-titrage de qualité, avec des conditions de travail acceptables ; diriger leur entreprise sans profits excessifs, de manière à ce que l’essentiel des bénéfices soient destinés aux traducteurs. Au final, les clients obtiennent un bon rapport qualité/prix, et les traducteurs sont correctement rémunérés pour leur travail. Tout le monde est gagnant.

Medietext s’impose rapidement comme la société de sous-titrage de référence sur le marché suédois. Elle trouve de nouveaux clients soucieux de la qualité, tels que les majors du cinéma, la chaîne TV4 (la plus grande chaîne commerciale de Scandinavie), des sociétés de production indépendantes, ou encore Axess TV, chaîne culturelle et scientifique à but non lucratif. En outre, Medietext parvient également à conquérir le marché danois, en proposant aux traducteurs du Danemark de bons tarifs pour sous-titrer des programmes suédois dans leur langue. Enfin, Medietext a récemment étendu ses services à la postproduction. Onze salariés travaillent aujourd’hui au siège de la société, qui collabore de façon régulière avec plus d’une centaine de free-lances, basés essentiellement en Suède et au Danemark.

Les fondateurs de Medietext estiment que la présence de leur société sur le marché du sous-titrage aura un impact sur les conditions de travail des adaptateurs free-lance. Ils ont prouvé aux clients que la qualité méritait un certain budget, et aux traducteurs que des tarifs convenables n’étaient pas une utopie. De bonnes conditions de travail profiteront à tous. Enfin, améliorer ces conditions se fera en collaboration avec les syndicats. Les traducteurs de sous-titres free-lances ont récemment quitté leur syndicat, Teaterförbundet, pour rejoindre celui des journalistes, dans l’espoir que cela sera positif pour le marché du sous-titrage suédois.


Traduction française : Karine Rybaka



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jan 07

En 2010, l’ATAA a décidé d’organiser un Prix du meilleur sous-titrage, ayant pour but de faire parler de nos métiers et de replacer la traduction audiovisuelle au cœur du processus de création d’une œuvre en lui redonnant de la visibilité. Un galop d’essai a été mis en place entre mai et octobre, selon les modalités suivantes :

- un jury composé de trois traductrices audiovisuelles

- une sélection de deux films par mois, choisis parmi les sorties en salles du moment par deux scrutateurs, membres du Conseil d’Administration de l’ATAA, dans un effort de panacher les langues des films, les pays de production, les distributeurs, les genres…

- une grille d’évaluation élaborée par l’ATAA servant de guide au jury

- des discussions régulières avec les scrutateurs afin de faire le point sur les films mais aussi sur les modalités de ce Prix.

À la fin de ce galop d’essai, plusieurs nouvelles idées ont été suggérées pour la mise en place du Prix en 2011 :

- un jury plus nombreux (7 personnes) sera composé, avec au moins pour moitié des personnes extérieures à la traduction audiovisuelle : journalistes, réalisateurs, producteurs, traducteurs littéraires ou techniques… Car l’idée de ce prix n’est pas de rester entre nous, mais au contraire de faire parler nos métiers le plus largement possible !

- l’un des deux films du mois pourra être choisi à tour de rôle par les membres du jury, afin de favoriser une meilleure implication et plus de motivation

- des réunions seront organisées régulièrement pour permettre au jury de débattre, et des rendez-vous pour aller voir les films en groupe pourront être envisagés.

Le Prix du meilleur sous-titrage 2011 démarrera en mars ou avril prochain, le temps de constituer le nouveau jury et de revenir à un calendrier permettant une remise des prix lors de la réunion portes ouvertes du printemps 2012, et éventuellement à l’approche du festival de Cannes.

Si vous êtes d’ores et déjà intéressés pour participer à ce jury, ou à celui de l’année suivante, vous pouvez écrire à info@traducteurs-av.org.

Si le principe de ce Prix fonctionne bien, nous envisagerons de créer par la suite, sur le même modèle, un Prix du meilleur sous-titrage de série et un Prix du meilleur doublage.

Rendez-vous en mars/avril 2011 pour le lancement officiel !

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déc 06

Fruit de trois ans de travail, la brochure Faire adapter une œuvre audiovisuelle – Guide du sous-titrage et du doublage est enfin achevée, mise en page et imprimée.

Il s’agit de la première publication de l’ATAA. Elle est coéditée avec l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF), laquelle a contribué à sa rédaction, et s’adresse aux véritables destinataires des traductions/adaptations audiovisuelles, que l’on appelle globalement les diffuseurs (y compris les entreprises hors du secteur de l’audiovisuel qui souhaitent faire adapter des programmes institutionnels).

La raison d’être de cette brochure est double : renouer le dialogue entre les auteurs et les commanditaires de traductions/adaptations, et œuvrer en faveur de la qualité en détaillant les conditions indispensables à l’obtention d’une adaptation qui rende justice à l’œuvre originale. L’ATAA entend ainsi mettre en lumière la valeur ajoutée que représente une bonne traduction – et, a contrario, rappeler combien une adaptation peut nuire à une œuvre si elle n’est pas réalisée dans les règles de l’art.

La brochure est structurée en trois grandes parties : tout d’abord, une partie générale qui présente les trois spécialités de la traduction audiovisuelle (sous-titrage, doublage et voice-over) et décrit les conditions d’un travail de qualité. Dans un deuxième temps, la brochure s’adresse spécifiquement à ses différents destinataires : réalisateurs et producteurs, distributeurs, chaînes de télévision, éditeurs vidéo/DVD, festivals, entreprises et institutions. C’est l’occasion de prodiguer des conseils ciblés en fonction des particularités de chaque type de commanditaire. Enfin, les dernières pages abordent des questions liées au statut d’auteur des traducteurs/adaptateurs.

Ce guide du sous-titrage et du doublage est disponible en PDF sur le site de l’ATAA. Et sans plus attendre, vous pouvez la feuilleter virtuellement ici même !

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