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jan 21

Lors de la dernière réunion publique organisée par l’Ataa à la Scam, le 8 novembre 2011, Caroline Hartman a présenté les résultats d’une enquête menée auprès des traducteurs/adaptateurs travaillant vers une langue autre que le français. Voici une synthèse des réponses collectées.

Ce questionnaire a été adressé à la fin de l’été 2011 à 100 adaptateurs et a recueilli 66 réponses.

Question 1 : Es-tu inscrit à la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, l’organisme collecteur chargé de reverser aux adaptateurs de l’audiovisuel les droits d’auteur relatifs au doublage et au sous-titrage des films de long métrage, des fictions ou des séries diffusées au cinéma, à la télévision ou sur DVD) ?

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Si « non », est-ce :
a) par manque de temps ?
b) parce que tu ignorais que tu pouvais t’inscrire à la Sacem ?
c) parce que la Sacem t’a fait savoir que tu n’y avais pas droit ?
d) autre

Pas inscrites à la Sacem

Si oui, est-ce pour :
a) des diffusions sur TV5
b) des DVD-multilingues
c) les deux
d) autre

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Conclusion : trop peu d’adaptateurs vers des langues étrangères sont inscrits à la Sacem, alors qu’ils en ont tout à fait le droit et peuvent percevoir des droits sur les diffusions TV5 et sur les DVD multilingues commercialisés en France et dans les pays étrangers dont les sociétés d’auteur ont signé un accord de réciprocité avec la Sacem. Ce questionnaire aura permis de sensibiliser les traducteurs à la question, de les aider à identifier les programmes sur lesquels ils peuvent toucher des droits, et de les encourager à adhérer à la Sacem.

La répartition des droits sur VOD (vidéo à la demande), souvent proposée avec un choix de sous-titres ou de doublages dans plusieurs langues, sera l’un des prochains combats à mener auprès de la Sacem.



*****


Question 2 : T’es-tu inscrit(e) à la Scam (Société civile des auteurs multimedia, la société d’auteurs qui répartit les droits sur les doublages et sous-titrages de documentaires) ?
a) oui
b) non

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Très peu d’adaptateurs vers une langue étrangère sont adhérents de la Scam, et aucun d’entre eux ne touche de droits d’auteur sur des adaptations vers une langue étrangère. Ceci est principalement dû au fait que cette société d’auteurs ne répartit pas ou peu les droits sur les documentaires édités en DVD, alors que ces adaptations relèvent bien de son répertoire. Les adaptateurs vers des langues autres que le français comptent se joindre à leurs confrères de langue française pour faire avancer ce dossier.



*****


Les deux questions suivantes avaient pour but de faire connaître l’Ataa et le Snac (Syndicat national des auteurs et des compositeurs).

Question 3 : Es-tu membre de l’Ataa ?
a) oui
b) non

Question 4 : As-tu adhéré au Snac ?
a) oui
b) non

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Seul un faible pourcentage d’adaptateurs est adhérent du Snac. Il faut dire que ce syndicat, qui défendait auparavant les intérêts des adaptateurs « vers le français », n’a que très récemment changé ses statuts pour prendre en compte plus largement les auteurs de « dialogues et commentaires d’œuvres audiovisuelles dans une langue différente de celle du tournage ».



*****


Question 5 : Vers quelle(s) langue(s) traduis-tu ?

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A partir de quelle(s) langue(s) ?

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L’éventail de langues représentées est vaste ! C’est l’occasion de rappeler que même dans le cas d’une adaptation vers le français, il est toujours préférable de faire appel à un spécialiste de la langue étrangère considérée, plutôt que de passer par ce que l’on appelle une « traduction relais » (faire adapter un film à partir d’une liste de sous-titres réalisés préalablement dans une autre langue, souvent l’anglais) pour des raisons de budget ou de temps. L’adaptateur de langue française peut au besoin travailler en binôme avec son confrère spécialiste de la langue « rare » en question si celui-ci ne manie pas parfaitement le français (à ce sujet, voir aussi la p. 21 de la brochure de l’Ataa « Faire traduire une oeuvre audiovisuelle« ), et les deux traducteurs peuvent alors signer l’adaptation ensemble. Sans oublier qu’il existe des adaptateurs parfaitement bilingues qui travaillent dans les deux sens, et d’autres qui prennent eux-mêmes l’initiative de se faire relire par un confrère de langue maternelle française.



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Question 6 : Tu fais :
a) doublage
b) sous-titrage
c) voice-over
d) traduction avant doublage français

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Ce questionnaire a permis à un certain nombre d’adaptateurs vers des langues autres que le français de se réunir et d’échanger sur ces questions : un plus pour renseigner d’autres confrères, faire circuler les informations et aller vers la résolution de certains problèmes communs à tous les adaptateurs, quelle que soit leur langue maternelle.

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déc 27

<em>Series Addict</em>, l'addiction aux séries vue par Olivier Joyard

Series Addict, l'addiction aux séries vue par Olivier Joyard


Canal + a diffusé début décembre un documentaire réalisé par Olivier Joyard, Series Addict, qui a suscité de vives réactions de la part des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel. Il nous semblait donc nécessaire de revenir sur la question.

Pour ceux à qui la polémique aurait échappé, ce documentaire est une enquête somme toute bien faite sur le phénomène des séries et leur évolution au cours de ces dernières années. Mais un passage, finalement bien peu de choses dans ces 50 minutes de film, a fait réagir nombre d’entre nous. En effet, le « fansubbing » y est, on peut le dire, littéralement porté aux nues.

Le documentaire prend le temps d’expliquer comment travaillent ces fansubbers, qualifiés de « sous-titreurs » par le narrateur. A l’aube, ces « héros de l’ombre » téléchargent les vidéos et les transcriptions pour sourds et malentendants, puis ils dispatchent chaque épisode entre différents subbers : certains traduisent, d’autres synchronisent, d’autres enfin, corrigent…

Là où le bât blesse, c’est qu’Olivier Joyard donne uniquement la parole aux fans et aux fansubbers, ce qui produit un discours assez surprenant, car ce documentaire affirme sans argumenter, sans remettre en question un seul instant l’éloge inconditionnel des fansubbers, et sans s’interroger sur les conditions de réalisation du fansubbing, que ce soit en termes de qualité ou de légalité.

Pas un mot sur le droit d’auteur, une notion reconnue internationalement à travers la Convention de Berne, ni sur le Code de la Propriété Intellectuelle français (voir lien à la fin de l’article) ou sur l’illégalité dans laquelle œuvrent les fansubbers. Oliver Joyard est auteur, ignore-t-il que les traducteurs audiovisuels le sont aussi ? Ignore-t-il le rôle important que le droit d’auteur joue dans la création audiovisuelle ou préfère-t-il laisser croire à son public tous les poncifs qu’on entend sur le sujet du piratage ? Le fansubbing serait un acte militant pour apporter la culture gratuite et défendre les fans de séries contre les gros producteurs qui s’en mettent plein les poches ? Naïf ou malhonnête ? A voir.

Si cette complaisance dans la présentation du fansubbing est un choix du réalisateur, qui est libre de donner la direction qu’il souhaite à son documentaire, elle nous amène à poser d’autres questions. Que pense donc Olivier Joyard du phénomène illégal qu’il encense ainsi ? Lui-même auteur, comprend-il le risque que représentent pour la création le fansubbing et le piratage ? Pourquoi n’a-t-il pas l’honnêteté de reconnaître que la majorité des sous-titres de fansubbing sont de piètre qualité, remplis de fautes et de contresens, mal synchronisés, repérés à la hache, rédigés en dépit du respect de la lisibilité du spectateur ?

De même, cela ne pose-t-il pas problème à Canal+, une chaîne payante qui a bâti son image sur des productions de qualité et sur la diffusion de séries en exclusivité, de diffuser un documentaire qui fait l’apologie d’une pratique qui va directement à l’encontre de ses valeurs et de ses intérêts économiques ? En effet, ce phénomène met directement l’industrie audiovisuelle en danger, ainsi que celle du doublage et du sous-titrage. Car si les séries ne sont plus regardées à la télévision mais piratées, elles rapportent moins d’argent aux chaînes françaises, qui peuvent encore moins investir dans le doublage et le sous-titrage.

Certes, certaines plaintes avancées par les fans sont légitimes. Il est vrai que le retard entre les diffusions américaines et françaises est considérable. Et quand les chaînes font l’effort de mettre les épisodes à disposition très rapidement, c’est à des prix prohibitifs. De plus, les téléspectateurs qui souhaitent se tourner vers les éditions DVD sont souvent confrontés à des sous-titrages catastrophiques, payés au rabais et réalisés par des non professionnels engagés par de grandes multinationales de la localisation. Mais, d’une part, le droit de se plaindre ne donne pas le droit de voler, et, d’autre part, les fans ne pousseront pas les chaînes à faire davantage d’effort en les volant. Deux évidences qui semblent avoir échappé à Olivier Joyard.

Voilà pourquoi ce documentaire nous a choqués, notamment sur une chaîne dont les points forts sont la qualité et l’innovation, deux ambitions incompatibles avec le piratage. Nous souhaitions donc exercer notre droit de réponse et le faisons tout d’abord en publiant ce billet sur le blog de l’Ataa avant de passer à une action plus large qui visera à faire connaître et souligner les lacunes de ce documentaire.



Un lien indispensable : « Fansubbing et droit d’auteur : le sous-titrage par les fans d’œuvres protégées est-il légal ? »


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nov 21

revue-de-presse



Pour retrouver toutes les revues de presse de l’Ataa, cliquez ici.



Cette fois-ci, trois textes fouillés, parus dans des revues en ligne, ont retenu notre attention :

  • Claire Ellender (Lille 3), dans « Transporting the Aquarium », étudie les défis posés par le sous-titrage de Fish Tank (Andrea Arnold, 2009) vers le français. Le texte isole quelques scènes et chansons clés de ce film britannique, et observe les stratégies utilisées par les deux traductrices (Translation Journal).

  • Le texte « Professional identity and training of translators in the context of globalisation: The example of subtitling », dû à Dionysios Kapsaskis (Roehampton University, Londres), offre une réflexion sur la « crise d’identité des traducteurs » (en l’occurrence, dans le secteur du sous-titrage) liée aux tâches qu’ils effectuent : l’exemple pris est celui des template files (fichiers de sous-titres au repérage uniforme et impossible à modifier, censé servir pour toutes les langues cible), dont les effets néfastes sur la qualité de la traduction sont examinés. L’auteur propose ensuite, de façon personnelle, des pistes à explorer en matière de formation des traducteurs (Journal of Specialized Translation).

  • Dans « godard english cannes: The Reception of Film Socialisme’s “Navajo English” Subtitles », Samuel Bréan, secrétaire actuel de l’ATAA, se penche sur les sous-titres anglais très particuliers du dernier film de J.-L. Godard, ainsi que sur la façon dont ils ont été accueillis (Senses of Cinema).


Ailleurs sur le net :

  • Le titre de l’article « How to dub a film » est trompeur, puisqu’il propose un (bon) aperçu aussi bien du doublage que du sous-titrage (The Independent, 4 octobre)

  • L’article « In other words: The language of cinema », sur le site du quotidien égyptien Al-Masry Al-Youm (3 octobre), permet de s’instruire sur la pratique du sous-titrage dans ce pays, hélas souvent entravé par la censure locale. Il s’agit de l’interview d’un responsable « traductions » d’un grand prestataire de sous-titrage du Caire.

  • Un article qui nous éloigne de la traduction audiovisuelle, mais qui pose des problèmes de droits d’auteur : dans Le Monde (24 octobre), un rapport sur les soupçons de plagiat qui pèsent sur le texte français d’une pièce d’Ingmar Bergman (qui vient d’être jouée au Rond-Point, à Paris).

  • Sur son blog « Les Piles intermédiaires », une traductrice œuvrant dans l’audiovisuel réagit, de son point de vue de praticienne et avec sa verve habituelle, à « une proposition de loi déposée par un député pour imposer la diffusion à la fois en VF et en VO (donc en VM) de tous les films et séries sur les chaînes du câble ». Affaire à suivre ?

  • La presse anglaise révèle ces jours-ci que la BBC a demandé expressément à des traducteurs d’adoucir les injures dans les sous-titres d’une série. Il s’agit de la deuxième saison de la série danoise Forbrydelsen, plus connue sous son titre international The Killing. Un article du Daily Mail (18 novembre) révèle notamment le contenu d’un mémo envoyé par la chaîne au laboratoire de post-production, et apporte des témoignages des différents acteurs de la chaîne. En France, les deux saisons de The Killing ont été diffusées sur Arte en version doublée ; la première saison est disponible en DVD avec des sous-titres français.


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avr 18
Medietext, une expérience rafraîchissante

Medietext, une expérience rafraîchissante

Depuis sa création en 2006, l’ATAA entretient des rapports amicaux avec de nombreuses autres associations de traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel en Europe et suit attentivement l’actualité de nos métiers à l’étranger. En Suède, la profession a connu il y a quelques années de profonds bouleversements qui ont conduit à les adaptateurs à se regrouper pour créer leur propre entreprise de services de sous-titrage, Medietext (son site comporte notamment une page de présentation en français).

Nicholas Ryderås nous raconte l’aventure de la naissance de Medietext, à laquelle il a participé, et son évolution au cours des cinq dernières années. Son texte, en anglais, est reproduit à la suite de la traduction. Un grand merci à Karine Rybaka pour la version française.

L’histoire de Medietext

Par Nicholas Ryderås

Medietext est née d’une crise. Au début de l’été 2006, la chaîne de télévision publique suédoise, SVT, annonce à son équipe de traducteurs-adaptateurs, composée d’une centaine de free-lances fidèles depuis de nombreuses années, qu’elle n’aura plus besoin de ses services. En effet, SVT a décidé de s’adresser désormais à des sociétés de sous-titrage privées. La chaîne publique va donc lancer un appel d’offres à destination de ces sociétés.

Bien évidemment, les traducteurs-adaptateurs de SVT sont sous le choc. Un grand nombre d’entre eux travaillent régulièrement pour la chaîne depuis près de 30 ans. Par ailleurs, l’idée de se tourner vers le privé semble assez éloignée des principes de service public de SVT, car il est bien connu que la qualité et les conditions de travail sont plus que douteuses dans les sociétés de sous-titrage privées. Mais la décision est sans appel. Une décision manifestement motivée par des raisons économiques, mais également en accord avec la nouvelle politique de SVT en matière de sous-traitance.

Comment ce changement de politique a-t-il été possible ? Comment une chaîne de télévision publique a-t-elle pu démanteler une structure adaptée à ses besoins depuis des décennies, et comptant dans ses rangs des traducteurs extrêmement compétents dans un grand nombre de langues ? Contre toute attente, le syndicat de la profession en est le premier responsable. En Suède, il n’y a pas de salaire minimum légal. Les salaires sont négociés entre les syndicats et les employeurs, pour chaque branche d’activité. Mais le syndicat des traducteurs de sous-titres, Teaterförbundet» , avait signé deux accords pour le même type d’activité : l’un fixant des salaires très élevés, avec SVT, et l’autre des salaires très bas, avec les sociétés privées. En acceptant ce deuxième accord, le syndicat signait l’arrêt de mort de ses propres membres.

Comment donc une société a-t-elle pu naître d’une telle crise ? Les traducteurs ont commencé par se réunir afin d’évaluer la situation. Rapidement, ces réunions se sont transformées en discussions sur le besoin de s’adapter à la concurrence et de créer une société privée offrant un service de qualité. Il devint rapidement évident que les anciens traducteurs de SVT possédaient des compétences précieuses et un fort potentiel économique. En fait, c’était un peu comme une usine sur le point de démarrer sa production : les machines et les ouvriers étaient en place. Il manquait juste un responsable pour procéder à la mise en route. Heureusement, parmi les traducteurs de SVT se trouvaient quelques personnes dotées de l’esprit d’entreprise, dont une avait une expérience en gestion des entreprises, et une autre était experte en logiciels de sous-titrage. Et en engageant un consultant expérimenté, les traducteurs acquirent instantanément la crédibilité et la structure nécessaires pour fonder une société et répondre à l’appel d’offres de SVT.

Ainsi, au beau milieu des congés d’été suédois, naît Medietext, société à responsabilité limitée de cinquante associés. Un conseil d’administration est élu, le consultant, engagé, et le dossier de soumission à l’appel d’offres, préparé. Les traducteurs de Medietext veulent proposer un travail de qualité, alors rare au sein des sociétés privées, et revaloriser les tarifs des traducteurs-adaptateurs.

Les négociations avec SVT se passent bien et un contrat est signé entre la chaîne et Medietext. Bien entendu, cette réussite a un prix. Pour être compétitive, Medietext doit baisser les anciens tarifs de SVT d’environ 30 %. Malgré tout, les nouveaux tarifs négociés restent près de deux fois plus élevés que ceux des autres sociétés privées. En un rien de temps, Medietext devient la quatrième société de sous-titrage du pays, et parvient à établir un niveau de rémunération parfaitement décent pour le privé . À partir de là, les traducteurs de Medietext n’ont qu’un but : réaliser et encourager un sous-titrage de qualité, avec des conditions de travail acceptables ; diriger leur entreprise sans profits excessifs, de manière à ce que l’essentiel des bénéfices soient destinés aux traducteurs. Au final, les clients obtiennent un bon rapport qualité/prix, et les traducteurs sont correctement rémunérés pour leur travail. Tout le monde est gagnant.

Medietext s’impose rapidement comme la société de sous-titrage de référence sur le marché suédois. Elle trouve de nouveaux clients soucieux de la qualité, tels que les majors du cinéma, la chaîne TV4 (la plus grande chaîne commerciale de Scandinavie), des sociétés de production indépendantes, ou encore Axess TV, chaîne culturelle et scientifique à but non lucratif. En outre, Medietext parvient également à conquérir le marché danois, en proposant aux traducteurs du Danemark de bons tarifs pour sous-titrer des programmes suédois dans leur langue. Enfin, Medietext a récemment étendu ses services à la postproduction. Onze salariés travaillent aujourd’hui au siège de la société, qui collabore de façon régulière avec plus d’une centaine de free-lances, basés essentiellement en Suède et au Danemark.

Les fondateurs de Medietext estiment que la présence de leur société sur le marché du sous-titrage aura un impact sur les conditions de travail des adaptateurs free-lance. Ils ont prouvé aux clients que la qualité méritait un certain budget, et aux traducteurs que des tarifs convenables n’étaient pas une utopie. De bonnes conditions de travail profiteront à tous. Enfin, améliorer ces conditions se fera en collaboration avec les syndicats. Les traducteurs de sous-titres free-lances ont récemment quitté leur syndicat, Teaterförbundet, pour rejoindre celui des journalistes, dans l’espoir que cela sera positif pour le marché du sous-titrage suédois.


Traduction française : Karine Rybaka



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oct 12

Bangalore : ses temples, ses parcs et... ses traducteurs

Bangalore : ses temples, ses parcs et... ses traducteurs

« L’insertion professionnelle des jeunes diplômés »…

Une expression employée par les universités, les administrations et les centres de recherche pour évaluer la façon dont les étudiants négocient le difficile passage du système éducatif au monde du travail.

Un critère important pour les jeunes à la recherche d’une formation qui leur permettra de vivre grâce aux qualifications et aux compétences qu’ils auront acquises.

Et un casse-tête pour les formations à la traduction audiovisuelle, soucieuses d’assurer un avenir viable et souriant à leurs étudiants.

Face à ce délicat problème, il semble que le Master 2 de Traduction Audiovisuelle de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense ait décidé de prendre le taureau par les cornes, puisqu’il diffusait récemment une offre alléchante à ses anciens étudiants, dont voici un long extrait :

We are currently looking for several qualified professionals with language skills in Indo-European or Asian languages for our DVD localization team in our Bangalore office. Details are provided below:

English to Foreign Language Specialists

The Role:
- Formatting foreign-language scripts for Hollywood movie into subtitle files in accordance to studio specifications for DVD distribution
- Matching foreign-language subtitle files to English audio and vice versa
- Performing quality control checks on language subtitles
- Liaising with Language Project Coordinators in affiliate offices worldwide

(…)

All candidates must:
- Must take an online language proficiency test
- Be prepared to work in the evenings, 4PM-12AM/Midnight
(free transport will be provided by the company)
- Be based in Bangalore or able to relocate to Bangalore and available to join immediately

L’offre émane d’une grande multinationale du sous-titrage, Deluxe Digital Studios, connue jusqu’à une date récente sous le nom de Softitler. Renseignements pris, le salaire brut de départ se monte à 40 000 roupies indiennes, soit environ 660 euros par mois (conversion au 17 septembre 2010).

Alors oui, on entend déjà les cris d’orfraie de la profession : « C’est une honte, enfin, envoyer les jeunes diplômés en Inde… » Mais refusant de céder à la facilité – et à la morosité ambiante – l’Ataa a décidé de recenser les points positifs de cette offre. Et franchement, ils sont innombrables :

  • En allant travailler pour cette multinationale à Bangalore, les jeunes diplômés de Nanterre bénéficieront d’une formidable expérience internationale dans un pays exotique en pleine expansion. Chercher du travail en France quand on est un traducteur de langue maternelle française, que l’on a achevé sa formation en France et que l’on compte travailler pour des commanditaires français, c’est passablement ridicule – et complètement dépassé, comme chacun le sait.

  • Ils se retrouveront en prise directe avec les enjeux de la mondialisation : la délocalisation des services linguistiques est un sujet d’actualité (on pourra lire à ce sujet cette longue discussion sur le forum de traducteurs proz.com, qui date de quelques années mais n’a rien perdu de sa pertinence), rien de tel qu’une immersion au paradis de la délocalisation pour s’en faire une idée par soi-même.

  • Ils bénéficieront d’une première expérience dans un environnement où la qualité est au cœur du processus de traduction. Il suffit, pour s’en convaincre, de visionner les sous-titres réalisés par Softitler/Deluxe Digital Studios.

  • Ils apprendront la flexibilité, une aptitude indispensable dans le monde d’aujourd’hui. Joignables à tout instant, prêts à travailler de nuit, ces jeunes traducteurs seront, à l’issue de cette formidable (répétons-le) expérience professionnelle, des candidats idéaux pour travailler en free-lance pour la même multinationale. À l’époque où cette dernière s’appelait Softitler, elle proposait aux traducteurs indépendants un généreux tarif de 0,20 dollar par sous-titre traduit (soit 15 centimes d’euro, conversion au 17 septembre 2010). À titre indicatif, le tarif syndical minimum recommandé par le SNAC se monte actuellement à 2,80 euros, c’est-à-dire près de 20 fois plus. Autant dire que cette perspective est, là encore, fort alléchante.

  • Mais surtout, cette offre d’emploi apporte une solution révolutionnaire (et ingénieuse en diable) au problème de la baisse des revenus des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel. Peu importe, finalement, que l’on ne puisse plus vivre du sous-titrage en France : il est toujours possible d’aller exercer le même métier à l’autre bout du monde. Et avec 660 euros par mois, il faut savoir qu’on vit très bien en Inde. Là encore, vouloir préserver le métier sur le territoire français est une ambition tout à fait ridicule. D’ailleurs, si tous les traducteurs de France voulaient se donner la peine de se délocaliser en Inde, ils râleraient beaucoup moins.

  • Prête à tout pour le bien de ses anciens étudiants, la formation qui diffuse cette offre n’hésite pas à prendre le risque de mettre en péril sa propre pérennité. Après tout, si le marché français de la traduction audiovisuelle continue à se délocaliser et si le métier disparaît peu à peu du territoire français, il deviendra à terme inutile de former des auteurs de sous-titres en France. Mieux vaudra aller faire ses études directement dans les pays à faible niveau de vie pour se trouver à la source, à proximité des entreprises implantées sur place. Audacieuse stratégie, donc (mais qui a sans doute sa raison d’être, nous n’en doutons pas).

  • On notera que le Master 2 de Nanterre n’hésite pas non plus à se démarquer de la pensée unique : dans un pays où le SMIC brut mensuel se monte actuellement à un peu plus de 1 300 euros, tous niveaux de qualification confondus, il suggère sans complexes à ses étudiants diplômés Bac+5 de travailler pour un salaire représentant la moitié de ce montant. Une façon, sans doute, de braver les idées reçues.

Au-delà de l’ironie, il n’est pas question ici de montrer du doigt telle ou telle formation, ni de dénigrer en bloc les tentatives des Masters 2 pour accompagner les débuts professionnels de leurs étudiants. Mais de dire simplement ceci : la traduction/adaptation audiovisuelle est un secteur en crise, il serait vain et contreproductif de le nier. Si les formations spécialisées veulent espérer former non plus des chômeurs mais de futurs traducteurs professionnels exerçant leur métier avec l’amour du travail bien fait et dans des conditions matérielles satisfaisantes, il est indispensable qu’elles travaillent main dans la main avec les organisations représentant la profession, qui connaissent la réalité du terrain et vivent au quotidien la dégradation du marché de la traduction audiovisuelle. Former toujours plus de jeunes traducteurs, passer sous silence la nature exacte des débouchés qui s’offrent à eux et les encourager à travailler dans des conditions indignes de leur niveau d’étude est hautement néfaste, tant pour la crédibilité des Masters 2 que pour la profession dans son ensemble.

Et répétons-le : non, envoyer les traducteurs de l’audiovisuel travailler en Inde n’est pas une solution.

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juil 24
Mai Harris

Mai Harris

Cette fois-ci, changement de pays et d’époque, avec le portrait d’une sous-titreuse britannique qui a commencé à exercer au début des années 1930.

Profitons-en pour saluer amicalement Subtle, association britannique regroupant des sous-titreurs professionnels !

La revue : cet article a paru dans la revue Films and Filming, créée en 1954. « Pendant les quatorze premières années de sa parution, Films and Filming, sous la houlette de Peter Baker, peut s’enorgueillir de représenter le plus gros tirage des revues critiques en Angleterre. Cette période est également la meilleure pour la revue qui, à la fois populaire et d’une excellente tenue rédactionnelle, allie reportages, entretiens, articles de fond, informations professionnelles multiples. Dès le début s’impose un important cahier critique, qui couvre toute l’actualité cinématographique. Parmi les collaborateurs réguliers ou exceptionnels, on trouve les noms de John Grierson, Roger Manwell, Ivor Montagu, Paul Rotha, Raymond Durgnat. (…) En 1968, Robin Dean devient rédacteur en chef et la revue perd un peu en qualité. » (d’après la fiche du répertoire des périodiques, sur le site de la Bibliothèque du Film). Par la suite, Films and Filming connaîtra plusieurs changements éditoriaux, avant d’être absorbée par Film Review en 1990 .

N.B. Cet article est disponible en pdf. Si vous le lisez ainsi, n’oubliez pas de jeter quand même un œil sur l’Annexe.

Eyes and Ears of the World

David Gunston

Films and Filming, vol. 3, n°5, February 1957.

Millions of people who do not understand foreign languages are able to appreciate films from France or Japan or from any country in the world, thanks to the skill of Mai Harris and others like her.

Before the cinema learned to talk, when action was unable to speak louder than words, the words were transmitted to the audience by subtitles. The coming of sound was not to do away. The coming of sound was not to do away with the subtitler’s art; for language barriers had to be overcome if the film was to be a truly international art. The subtitle became the most effective way of giving a good film its necessary passport to travel to foreign shores.

The majority of people who see French, Italian, German, Russian and other foreign films in Britain rely on the skill of the subtitler for much of their enjoyment. The subtitler can ruin a good film-or help its transition in such a way that very little of its original atmosphere is lost.
In spite of what is often very clever dubbing (as in the majority of the mammoth Italian spectacles and largely visual pictures like M. Hulot’s Holiday), the use of English dialogue in a Continental film (as in The Wages of Fear), and the growing practice of making pictures in both English-speaking as well as native versions (like Clément’s Knave of Hearts and Delannoy’s Marie-Antoinette), the market for good, subtitled pictures is expanding.

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déc 10

Languages & the Media 2008 – 7th International Conference on Language Transfer in Audiovisual Media

The translator’s point of view:

goodbye quality, hello Quality!


As presented by Estelle Renard on behalf of the ATAA

Last year, the sensation at the French box office was not a Hollywood blockbuster, but a small comedy about language differences and the prejudices and bonds they produce. Bienvenue chez les Chtis was a huge success and over half the French population went to see it. This film, relying as it does on language and linguistic jokes, should have been lost in translation. It was not. Thanks to the competence of the English translator and the director’s attention to it, the subtitles were so good that a Guardian journalist suggested that this tour de force deserved the creation of a whole new Oscar’s category for subtitlers. It is because it was so well translated that this film has had the chance of an international career. So kudos to Michael Katims for his great translation.

If this story proves something, it is not the refinement of the French people’s tastes, but the value of the work of audiovisual translators.

And indeed,

- it it is not only that without translation, an audiovisual product will not cross the borders of the country where it was created,

- nor that without a good translation, the program will be aired, but not appreciated as it should be and sometimes, not even understood.

- Translation is even more than that, it gives an added value to what we call a “product”, if we want to use the language of business.

This story is also interesting, because the comedy of cultural differences and especially those embodied in language is the ultimate challenge for an audiovisual translator. It demonstrates that what we do is something that is, essentially, not quantifiable. This ’something’ that cannot be quantified is also at the heart, the very core of the industry in which we work. Creativity and efficiency cannot be measured or quantified in industrial and business language.

So how can we evaluate something that is not quantifiable? This question seems relevant, but in our industry, it leads us down the wrong path. In this sector, all companies, whatever their size, boast about the high quality translations they provide. At the same time, they boast that they can achieve that quality for a price defying all the odds, shrinking year after year. My question is : what is behind that boast? I would like to demonstrate how quality, as defined by the industry, always results in a cut in the rate paid to the translator. Why is this the case?

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