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jan 21

Lors de la dernière réunion publique organisée par l’Ataa à la Scam, le 8 novembre 2011, Caroline Hartman a présenté les résultats d’une enquête menée auprès des traducteurs/adaptateurs travaillant vers une langue autre que le français. Voici une synthèse des réponses collectées.

Ce questionnaire a été adressé à la fin de l’été 2011 à 100 adaptateurs et a recueilli 66 réponses.

Question 1 : Es-tu inscrit à la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, l’organisme collecteur chargé de reverser aux adaptateurs de l’audiovisuel les droits d’auteur relatifs au doublage et au sous-titrage des films de long métrage, des fictions ou des séries diffusées au cinéma, à la télévision ou sur DVD) ?

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Si « non », est-ce :
a) par manque de temps ?
b) parce que tu ignorais que tu pouvais t’inscrire à la Sacem ?
c) parce que la Sacem t’a fait savoir que tu n’y avais pas droit ?
d) autre

Pas inscrites à la Sacem

Si oui, est-ce pour :
a) des diffusions sur TV5
b) des DVD-multilingues
c) les deux
d) autre

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Conclusion : trop peu d’adaptateurs vers des langues étrangères sont inscrits à la Sacem, alors qu’ils en ont tout à fait le droit et peuvent percevoir des droits sur les diffusions TV5 et sur les DVD multilingues commercialisés en France et dans les pays étrangers dont les sociétés d’auteur ont signé un accord de réciprocité avec la Sacem. Ce questionnaire aura permis de sensibiliser les traducteurs à la question, de les aider à identifier les programmes sur lesquels ils peuvent toucher des droits, et de les encourager à adhérer à la Sacem.

La répartition des droits sur VOD (vidéo à la demande), souvent proposée avec un choix de sous-titres ou de doublages dans plusieurs langues, sera l’un des prochains combats à mener auprès de la Sacem.



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Question 2 : T’es-tu inscrit(e) à la Scam (Société civile des auteurs multimedia, la société d’auteurs qui répartit les droits sur les doublages et sous-titrages de documentaires) ?
a) oui
b) non

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Très peu d’adaptateurs vers une langue étrangère sont adhérents de la Scam, et aucun d’entre eux ne touche de droits d’auteur sur des adaptations vers une langue étrangère. Ceci est principalement dû au fait que cette société d’auteurs ne répartit pas ou peu les droits sur les documentaires édités en DVD, alors que ces adaptations relèvent bien de son répertoire. Les adaptateurs vers des langues autres que le français comptent se joindre à leurs confrères de langue française pour faire avancer ce dossier.



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Les deux questions suivantes avaient pour but de faire connaître l’Ataa et le Snac (Syndicat national des auteurs et des compositeurs).

Question 3 : Es-tu membre de l’Ataa ?
a) oui
b) non

Question 4 : As-tu adhéré au Snac ?
a) oui
b) non

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Seul un faible pourcentage d’adaptateurs est adhérent du Snac. Il faut dire que ce syndicat, qui défendait auparavant les intérêts des adaptateurs « vers le français », n’a que très récemment changé ses statuts pour prendre en compte plus largement les auteurs de « dialogues et commentaires d’œuvres audiovisuelles dans une langue différente de celle du tournage ».



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Question 5 : Vers quelle(s) langue(s) traduis-tu ?

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A partir de quelle(s) langue(s) ?

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L’éventail de langues représentées est vaste ! C’est l’occasion de rappeler que même dans le cas d’une adaptation vers le français, il est toujours préférable de faire appel à un spécialiste de la langue étrangère considérée, plutôt que de passer par ce que l’on appelle une « traduction relais » (faire adapter un film à partir d’une liste de sous-titres réalisés préalablement dans une autre langue, souvent l’anglais) pour des raisons de budget ou de temps. L’adaptateur de langue française peut au besoin travailler en binôme avec son confrère spécialiste de la langue « rare » en question si celui-ci ne manie pas parfaitement le français (à ce sujet, voir aussi la p. 21 de la brochure de l’Ataa « Faire traduire une oeuvre audiovisuelle« ), et les deux traducteurs peuvent alors signer l’adaptation ensemble. Sans oublier qu’il existe des adaptateurs parfaitement bilingues qui travaillent dans les deux sens, et d’autres qui prennent eux-mêmes l’initiative de se faire relire par un confrère de langue maternelle française.



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Question 6 : Tu fais :
a) doublage
b) sous-titrage
c) voice-over
d) traduction avant doublage français

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Ce questionnaire a permis à un certain nombre d’adaptateurs vers des langues autres que le français de se réunir et d’échanger sur ces questions : un plus pour renseigner d’autres confrères, faire circuler les informations et aller vers la résolution de certains problèmes communs à tous les adaptateurs, quelle que soit leur langue maternelle.

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déc 21

the prosperous translator

Voici une deuxième chronique issue de l’ouvrage de Chris Durban The Prosperous Translator, traduite cette fois par Raphaëlle Antczak. Le texte original en anglais est à la suite.

Pour retrouver toutes les chroniques traduites, cliquez ici.

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

Je suis sur le point d’entamer une année sabbatique en Amérique latine et je cherche des moyens de financer ce projet. Je parle bien espagnol mais pas couramment et, en tant qu’étudiant en lettres modernes, mon anglais écrit est correct : j’ai le sens de la tournure et de la langue. Je reconnais que je ne pourrais pas exiger un tarif aussi élevé qu’un traducteur professionnel et qu’aucune agence de traduction ne sera prête à m’engager, mais où puis-je trouver du travail pour jeunes traducteurs amateurs ? Rien ne me paraîtra trop ennuyeux ou mal payé. Toute suggestion serait la bienvenue.

Yannick Sabb’attage

Réponse :

Cher Sabb’attage,

Manque de chance, votre lettre est arrivée juste après la mise sous presse du dernier numéro. Nous sommes prêtes à parier que vous lisez ces lignes dans un cybercafé du centre de Quito, avec votre billet de retour non-échangeable et non-remboursable daté du 30 mars prochain planqué dans le tiroir de votre bureau à l’auberge de jeunesse où vous séjournez. On vous voit d’ici déguster un batido de naranjilla avec, dans votre sac, quelques textes à traduire en urgence pour Traducciones Acme.

Notre conseil : reconsidérez votre projet. Pas le fait de prendre une année sabbatique, bien sûr. Se donner un an pour voir le monde avant de commencer ses études est une idée grandiose. Mais votre objectif premier à ce stade de votre vie et de votre formation devrait être de vous immerger 24 heures sur 24 dans une culture et une langue étrangères. Ce qui veut dire fréquenter des gens du pays tous âges confondus, parler uniquement espagnol et vous forger une expérience qui vous sera utile à l’université puis dans la jungle professionnelle.

La seule façon d’y arriver est d’éviter les expatriés, or vous êtes sûr de tomber entre leurs griffes si vous franchissez le seuil d’une agence de traduction.

Vous avez besoin d’argent ? Renseignez-vous autour de vous : si vous aimez les enfants, devenez baby-sitter (un excellent moyen de parfaire vos compétences en langues étrangères). Soyez serveur. Faites-vous embaucher comme cuisinier dans l’équivalent local du fast-food. Faites les vendanges. Gonflez-vous les biscotos et postulez en tant que videur dans un club de salsa. Mais quoi que vous fassiez, vivez et parlez en espagnol, uniquement en espagnol.

Si nous nous sommes trompées et que vous dormez sous un pont sans perspective de rémunération autre que l’exploitation de votre langue maternelle, nous vous conseillons de donner des cours de conversation plutôt que de vous lancer dans la traduction bradée. Les échanges oraux et directs vous permettront de tirer un maximum de votre louable énergie et de votre assurance balbutiante (« en tant qu’étudiant en lettres modernes, mon anglais écrit est correct »). Mieux, puisque les conversations sont par nature éphémères, elles présentent moins de risques pour les clients qui, même s’ils s’adressent aux prestataires les plus bas de gamme, méritent un rendu quelque peu supérieur au travail d’un étudiant.

FF & AO

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sept 29

the prosperous translator

Comme nous l’avions annoncé dans le billet qui présentait The Prosperous Translator il y a quelques mois, son auteure Chris Durban nous a donné l’autorisation de traduire et de publier une sélection de chroniques issues de l’ouvrage.

Voici la première ! Sa traduction en français est l’œuvre d’Anaïs Duchet ; le texte original en anglais est à la suite.

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

J’ai pris le statut d’indépendant il y a un an, et je travaille désormais à domicile. Malgré le temps que j’ai gagné sur les trajets, je me sens moins productif. La faute à mes voisins, à mes amis et même à mes proches envahissants qui débarquent à toute heure pour prendre le café. Deux ou trois fois par jour, j’y ai droit : « Je passais dans le coin, alors je viens te faire un petit coucou. » J’essaie de leur faire comprendre que je suis occupé, mais ils n’ont pas l’air de saisir, et je n’ai pas envie d’être désagréable. Driinggg ! Encore une visite. Comment faire ?

Toc Toc

Réponse :

Cher Toc,

Notre conseil : ne vous laissez pas envahir. Ouvrez la porte avec un grand sourire, en disant : « C’est sympa d’être passé(e), mais là, je ne peux pas, je suis en ligne avec un client. Désolé, à plus ! » Puis faites-lui au revoir de la main et refermez la porte derrière vous. Vous pouvez toujours le ou la rappeler ou l’inviter à venir prendre un verre une fois votre travail terminé.

Si vous avez peur de manquer d’aplomb, installez un téléphone à côté de votre porte d’entrée, que vous vous collerez à l’oreille chaque fois que quelqu’un sonne. Cette petite mise en scène pourra vous aider à être plus convaincant.

Sans cela, nous ne voyons qu’une autre solution : faire salon la journée et travailler la nuit… Mais est-ce vraiment ce que vous voulez ?

FF & AO

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août 15

revue-de-presse

L’équipe du blog de l’Ataa a décidé de présenter désormais une revue de presse consacrée aux métiers de la traduction/adaptation audiovisuelle, afin de rendre compte des articles et billets de blog intéressants qui paraissent à ce sujet.

Bonne lecture !

  • Vu sur 20minutes.fr (5 mai 2011) : « Thanksgiving sait rendre dinde les séries américaines », un article de Benjamin Chapon (ça ne s’invente pas) sur la traduction ou non du nom de la fête de Thanksgiving dans les séries américaines diffusées en France, avec une interview de deux auteures de sous-titrages de séries.

  • Dans son billet « Potiche », la traductrice-blogueuse Céline Graciet (qui vit outre-Manche) évoquait le 20 juin dernier la sortie au cinéma de la version sous-titrée du film Potiche (François Ozon, 2010), et notamment la délicate traduction de son titre. Le billet existe également en version anglaise.

  • On pourra consulter en complément une interview en anglais de Sionann O’Neill, qui a signé les sous-titres anglais de Potiche (San Francisco Chronicle, 5 avril 2011).

  • « La mauvaise réputation » est un billet écrit par une auteure de doublage (« La blogueuse était en rose ») début juillet. Il revient sur les idées reçues du grand public à l’endroit du doublage de fiction et les critiques dont font souvent l’objet les versions doublées.

  • Sur le site ABCNews.com, l’article de Glenn Whipp « Studios Try to Lessen What’s Lost in Translation » aborde la question des références culturelles et des subtilités de niveaux de langues qui passent parfois à la trappe lors de la traduction des films (18 juillet 2011 – en anglais).

  • Sur SlateAfrique.com, un article intitulé « Quel arabe pour faire parler Harry Potter ? » et mis en ligne le 28 juillet dernier s’interroge sur la variante d’arabe dialectal à choisir pour les films et séries distribués en version doublée dans le monde arabe. L’article original, en anglais, est plus détaillé et peut être consulté sur le site du Wall Street Journal (« Why Harry Potter’s Latest Trick Is to Speak a Syrian Dialect », Bill Spindle, 25 juillet 2011).

  • Enfin on pourra lire « Read My Lips », un article assez généraliste sur l’art du sous-titrage d’Amulya Gopalakrishnan repéré sur le site IndianExpress.com (7 août 2011).

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fév 15

À lire !

À lire !

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le quotidien du traducteur indépendant sans jamais oser le demander, quelqu’un l’a vraisemblablement déjà demandé à Fire Ant et Worker Bee, alias Chris Durban et Eugene Seidel, deux traducteurs chevronnés qui tiennent depuis 1998 une chronique intitulée « The Bottom Line » dans la revue en ligne Translation Journal. Le principe : une question posée par un lecteur (traducteur, étudiant intéressé par la traduction, acheteur de traductions, etc.), à laquelle Fire Ant et Worker Bee, la fourmi et l’abeille, apportent une réponse pratique agrémentée de réflexions de bon sens.

The Prosperous Translator, publié en octobre 2010, propose au lecteur de retrouver ces chroniques classées par grands thèmes : les débuts du traducteur indépendant, le métier au quotidien, les rapports entre clients et fournisseurs, la question des tarifs, la prospection, la déontologie, la qualité de vie, etc.

Si l’on excepte deux questions portant spécifiquement sur le sous-titrage, il faut avouer que la traduction/adaptation audiovisuelle n’est pas au cœur de l’ouvrage, qui semble s’adresser davantage aux traducteurs dits « techniques ». Pourquoi évoquer ce livre sur ce blog, alors ? Parce qu’à bien y regarder, la plupart des thèmes abordés par les auteurs concernent toutes les spécialités de la traduction. Qu’il s’agisse de la nécessité de signer son travail, de l’attitude à adopter face à certaines exigences déraisonnables posées par les acheteurs de traduction, de la chute des tarifs, de l’opportunité de recommander un confrère, de l’art de la négociation ou encore de la délicate question des traducteurs travaillant vers une langue qui n’est pas leur langue maternelle, The Prosperous Translator fournit quelques piqûres de rappel fort salutaires et de précieux conseils.

Résolument pragmatiques (et pas toujours tendres), les auteurs prennent le contrepied de la morosité ambiante et rappellent qu’il n’y a qu’une solution possible pour arracher le secteur de la traduction au marasme dans lequel il se trouve : la sortie par le haut. Vous croulez sous le travail ? Augmentez vos tarifs. Vous perdez vos clients à la concurrence roumaine, indienne ou coréenne ? Changez de clientèle-cible, visez des acheteurs de traduction intéressés par la qualité de votre travail, pas par le prix défiant toute concurrence de vos prestations. Vous êtes dans un creux d’activité ? Profitez-en pour prospecter sérieusement et muscler votre marketing. Vous vous sentez trop timide pour aller frapper à la porte des entreprises susceptibles de vous confier des traductions ? Personne ne fera ce travail à votre place. Et le reste est à l’avenant.

Alors certes, bien des traducteurs de l’audiovisuel soupireront en lisant certains conseils récurrents. « Augmentez vos tarifs », au hasard, semble une injonction bien illusoire à l’heure où il semble déjà difficile de maintenir ses tarifs sans baisse d’une année sur l’autre. Mais n’est-ce pas le signe que l’on marche sur la tête et qu’il est vraiment temps que chacun se donne les moyens d’y remédier ? Oui, The Prosperous Translator a parfois un côté « donneur de leçons » qui peut agacer. Mais c’est avant tout un livre qui fait du bien, donne envie de ne pas baisser les bras et rappelle que la traduction n’est pas qu’un métier passionnant exercé avec amour par des linguistes talentueux : c’est aussi un business, avec des segments de marché plus ou moins lucratifs, une concurrence qu’il convient d’aborder avec hauteur de vue et discernement, et des clients qui ont besoin des compétences des traducteurs. Enfin, son ton vivant et plein d’humour en fait un ouvrage très agréable à lire, ce qui ne gâte rien.

Pour clore cet article, une bonne nouvelle et un conseil :

  • Une sélection de lettres issues de The Prosperous Translator sera publiée à l’avenir sur le blog de l’Ataa après traduction en français, selon un rythme qui reste à définir. Un grand merci à Chris Durban qui a donné son accord pour ce projet.

  • Si vous souhaitez vous procurer The Prosperous Translator, n’hésitez pas à passer directement par Lulu.com, la plateforme de publication utilisée pour éditer cet ouvrage, plutôt que par un autre revendeur qui prélèvera une part plus importante de la marge des auteurs.

The Prosperous Translator: Advice from Fire Ant & Worker Bee, compiled and edited by Chris Durban, FA&WB Press, 2010, 280 pages.

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mai 18

Vendredi 21 mai, à partir de 9h30, la Bibliothèque Nationale de France rend hommage au cinéaste David MacDougall, en sa présence. L’entrée est libre et gratuite. Voici le début du texte de présentation de cette journée :

Mal connu en France, David MacDougall est généralement considéré comme le plus important représentant du cinéma anthropologique dans le monde anglo-saxon aujourd’hui. A l’occasion des 25 ans de la Société Française d’Anthropologie Visuelle, la BnF et la SFAV organisent une journée en l’honneur de ce documentariste dont l’œuvre, entamée à la fin des années soixante, a été primée dans les festivals du monde entier. En collaboration avec son épouse Judith, David MacDougall a inventé une manière moderne de rendre compte de l’expérience vécue et de la vision du monde des personnes qu’il filme. Il fut ainsi – évolution en apparence anodine, mais en réalité cruciale – le premier à sous-titrer la parole « indigène » au lieu de la doubler, la donnant ainsi d’un coup à entendre comme jamais auparavant.

Cet événement nous donne l’occasion de revenir sur un texte important de David MacDougall : « Subtitling Ethnographic Films », d’abord publié en 1995 dans la revue Visual Anthropology Review, puis remanié et repris dans le livre Transcultural Cinema (1998), où l’on trouve également d’autres textes sur le cinéma ethnographique.

MacDougall commence par insister sur l’importance du sous-titrage dans ce type de cinéma :

L’apparition des premiers films ethnographiques sous-titrés, dans les années 1970, eut sur le public un impact comparable à celle des premiers films étrangers en VO sous-titrée [aux États-Unis], peu après la Seconde Guerre mondiale. Avant cela, quasiment tous les films ethnographiques étaient bâtis autour d’un commentaire en voice-over» qui évoquait les personnes montrées à l’écran, mais ne leur passait que rarement la parole. Si, par chance, on les entendait s’exprimer, leurs propos étaient tout simplement ignorés (ce qui impliquait qu’ils ne valaient pas la peine d’être compris) ou bien traduits par une voix recouvrant la leur et qui, en un sens, parlait à leur place. (…)

Le sous-titrage fit entrer le cinéma ethnographique dans une nouvelle phase. Dès lors, les spectateurs n’eurent plus seulement accès à des informations orales à propos des individus apparaissant dans ces films, mais purent les voir et les entendre d’une façon plus directe.

Il se penche ensuite sur le processus de sous-titrage proprement dit, fournissant de nombreux exemples tirés de son expérience en tant que réalisateur surveillant de près cette étape (intervenant donc pour lui à la phase de la post-production). Choix des informations à retenir, découpage, registres de langue, durée des sous-titres : autant de points sur lesquels il réfléchit, de façon théorique autant que concrète. Enfin, dans la dernière partie du texte, « Les limites du sous-titrage », il reconnaît un certain nombre de défauts liés à ce mode de traduction, qui s’opère au détriment de la communication non-verbale, par exemple.

Gageons que l’on pourra juger sur pièces vendredi en découvrant plusieurs films de David MacDougall. A ce propos, le programme de la BnF donne un avertissement à la logique quelque peu étrange : « Attention : certains films sont présentés avec un sous-titrage en anglais. Ils pourront néanmoins être suivis sans difficultés » !

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oct 08
Prière de jeter !

Prière de jeter !

Compression des coûts, économies d’échelle, déconsidération des cœurs de métier, délocalisation… sont le lot quotidien du monde du travail actuel.
On n’a plus que ces mots-là à la bouche, plus que ces mots-là dans les oreilles, devant les yeux…
Des mots, vous avez dit des mots ?
Mais, les mots, sont-ils réductibles, sont-ils rentables, sont-ils délocalisables ?
Comment ? La langue, le génie d’un peuple, serait elle aussi exportable et lucrative à souhait ?
Oui ! Le progrès n’a aucune frontière, aucune limite.
Ainsi voit-on la traduction, ce passage toujours périlleux, toujours délicat, d’un sens et d’un style à l’autre, d’un génie à l’autre, d’une culture à l’autre, bref, ainsi voit-on cette fameuse « communication interculturelle » bradée elle aussi, empaquetée, soupesée, quantifiée, externalisée, robotisée, délocalisée.
Certains « demandeurs » de traduction n’ont plus qu’un unique souci : trouver vite, très vite, le moins cher, le plus loin possible, le moins dérangeant possible, le plus corvéable à merci.
Peu leur chaut de restituer à leur public, à leur client, le message d’origine qui leur a été confié. L’auteur de départ sera méprisé ? Qu’importe ! La bonne intelligence du public de destination sera bafouée ? La belle affaire !
C’est là noircir le trait, direz-vous. Malheureusement, non.

Pour le prouver, et puisqu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit florilège des annonces que l’on rencontre parfois, de plus en plus fréquemment, dans le petit monde de la traduction audiovisuelle : la requête d’un laboratoire de post-production parisien qui file un mauvais coton, une annonce légendaire de SDI et une autre du moins légendaire Ben’s World, et puis en s’éloignant un peu de la traduction audiovisuelle pure, les lamentables dérives de l’ANPE et de notre ministère de la Culture.

On respire bien à fond…

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