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mai 18

Vendredi 21 mai, à partir de 9h30, la Bibliothèque Nationale de France rend hommage au cinéaste David MacDougall, en sa présence. L’entrée est libre et gratuite. Voici le début du texte de présentation de cette journée :

Mal connu en France, David MacDougall est généralement considéré comme le plus important représentant du cinéma anthropologique dans le monde anglo-saxon aujourd’hui. A l’occasion des 25 ans de la Société Française d’Anthropologie Visuelle, la BnF et la SFAV organisent une journée en l’honneur de ce documentariste dont l’œuvre, entamée à la fin des années soixante, a été primée dans les festivals du monde entier. En collaboration avec son épouse Judith, David MacDougall a inventé une manière moderne de rendre compte de l’expérience vécue et de la vision du monde des personnes qu’il filme. Il fut ainsi – évolution en apparence anodine, mais en réalité cruciale – le premier à sous-titrer la parole « indigène » au lieu de la doubler, la donnant ainsi d’un coup à entendre comme jamais auparavant.

Cet événement nous donne l’occasion de revenir sur un texte important de David MacDougall : « Subtitling Ethnographic Films », d’abord publié en 1995 dans la revue Visual Anthropology Review, puis remanié et repris dans le livre Transcultural Cinema (1998), où l’on trouve également d’autres textes sur le cinéma ethnographique.

MacDougall commence par insister sur l’importance du sous-titrage dans ce type de cinéma :

L’apparition des premiers films ethnographiques sous-titrés, dans les années 1970, eut sur le public un impact comparable à celle des premiers films étrangers en VO sous-titrée [aux États-Unis], peu après la Seconde Guerre mondiale. Avant cela, quasiment tous les films ethnographiques étaient bâtis autour d’un commentaire en voice-over» qui évoquait les personnes montrées à l’écran, mais ne leur passait que rarement la parole. Si, par chance, on les entendait s’exprimer, leurs propos étaient tout simplement ignorés (ce qui impliquait qu’ils ne valaient pas la peine d’être compris) ou bien traduits par une voix recouvrant la leur et qui, en un sens, parlait à leur place. (…)

Le sous-titrage fit entrer le cinéma ethnographique dans une nouvelle phase. Dès lors, les spectateurs n’eurent plus seulement accès à des informations orales à propos des individus apparaissant dans ces films, mais purent les voir et les entendre d’une façon plus directe.

Il se penche ensuite sur le processus de sous-titrage proprement dit, fournissant de nombreux exemples tirés de son expérience en tant que réalisateur surveillant de près cette étape (intervenant donc pour lui à la phase de la post-production). Choix des informations à retenir, découpage, registres de langue, durée des sous-titres : autant de points sur lesquels il réfléchit, de façon théorique autant que concrète. Enfin, dans la dernière partie du texte, « Les limites du sous-titrage », il reconnaît un certain nombre de défauts liés à ce mode de traduction, qui s’opère au détriment de la communication non-verbale, par exemple.

Gageons que l’on pourra juger sur pièces vendredi en découvrant plusieurs films de David MacDougall. A ce propos, le programme de la BnF donne un avertissement à la logique quelque peu étrange : « Attention : certains films sont présentés avec un sous-titrage en anglais. Ils pourront néanmoins être suivis sans difficultés » !

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oct 08
Prière de jeter !

Prière de jeter !

Compression des coûts, économies d’échelle, déconsidération des cœurs de métier, délocalisation… sont le lot quotidien du monde du travail actuel.
On n’a plus que ces mots-là à la bouche, plus que ces mots-là dans les oreilles, devant les yeux…
Des mots, vous avez dit des mots ?
Mais, les mots, sont-ils réductibles, sont-ils rentables, sont-ils délocalisables ?
Comment ? La langue, le génie d’un peuple, serait elle aussi exportable et lucrative à souhait ?
Oui ! Le progrès n’a aucune frontière, aucune limite.
Ainsi voit-on la traduction, ce passage toujours périlleux, toujours délicat, d’un sens et d’un style à l’autre, d’un génie à l’autre, d’une culture à l’autre, bref, ainsi voit-on cette fameuse « communication interculturelle » bradée elle aussi, empaquetée, soupesée, quantifiée, externalisée, robotisée, délocalisée.
Certains « demandeurs » de traduction n’ont plus qu’un unique souci : trouver vite, très vite, le moins cher, le plus loin possible, le moins dérangeant possible, le plus corvéable à merci.
Peu leur chaut de restituer à leur public, à leur client, le message d’origine qui leur a été confié. L’auteur de départ sera méprisé ? Qu’importe ! La bonne intelligence du public de destination sera bafouée ? La belle affaire !
C’est là noircir le trait, direz-vous. Malheureusement, non.

Pour le prouver, et puisqu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit florilège des annonces que l’on rencontre parfois, de plus en plus fréquemment, dans le petit monde de la traduction audiovisuelle : la requête d’un laboratoire de post-production parisien qui file un mauvais coton, une annonce légendaire de SDI et une autre du moins légendaire Ben’s World, et puis en s’éloignant un peu de la traduction audiovisuelle pure, les lamentables dérives de l’ANPE et de notre ministère de la Culture.

On respire bien à fond…

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