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jan 21

Lors de la dernière réunion publique organisée par l’Ataa à la Scam, le 8 novembre 2011, Caroline Hartman a présenté les résultats d’une enquête menée auprès des traducteurs/adaptateurs travaillant vers une langue autre que le français. Voici une synthèse des réponses collectées.

Ce questionnaire a été adressé à la fin de l’été 2011 à 100 adaptateurs et a recueilli 66 réponses.

Question 1 : Es-tu inscrit à la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, l’organisme collecteur chargé de reverser aux adaptateurs de l’audiovisuel les droits d’auteur relatifs au doublage et au sous-titrage des films de long métrage, des fictions ou des séries diffusées au cinéma, à la télévision ou sur DVD) ?

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Si « non », est-ce :
a) par manque de temps ?
b) parce que tu ignorais que tu pouvais t’inscrire à la Sacem ?
c) parce que la Sacem t’a fait savoir que tu n’y avais pas droit ?
d) autre

Pas inscrites à la Sacem

Si oui, est-ce pour :
a) des diffusions sur TV5
b) des DVD-multilingues
c) les deux
d) autre

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Conclusion : trop peu d’adaptateurs vers des langues étrangères sont inscrits à la Sacem, alors qu’ils en ont tout à fait le droit et peuvent percevoir des droits sur les diffusions TV5 et sur les DVD multilingues commercialisés en France et dans les pays étrangers dont les sociétés d’auteur ont signé un accord de réciprocité avec la Sacem. Ce questionnaire aura permis de sensibiliser les traducteurs à la question, de les aider à identifier les programmes sur lesquels ils peuvent toucher des droits, et de les encourager à adhérer à la Sacem.

La répartition des droits sur VOD (vidéo à la demande), souvent proposée avec un choix de sous-titres ou de doublages dans plusieurs langues, sera l’un des prochains combats à mener auprès de la Sacem.



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Question 2 : T’es-tu inscrit(e) à la Scam (Société civile des auteurs multimedia, la société d’auteurs qui répartit les droits sur les doublages et sous-titrages de documentaires) ?
a) oui
b) non

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Très peu d’adaptateurs vers une langue étrangère sont adhérents de la Scam, et aucun d’entre eux ne touche de droits d’auteur sur des adaptations vers une langue étrangère. Ceci est principalement dû au fait que cette société d’auteurs ne répartit pas ou peu les droits sur les documentaires édités en DVD, alors que ces adaptations relèvent bien de son répertoire. Les adaptateurs vers des langues autres que le français comptent se joindre à leurs confrères de langue française pour faire avancer ce dossier.



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Les deux questions suivantes avaient pour but de faire connaître l’Ataa et le Snac (Syndicat national des auteurs et des compositeurs).

Question 3 : Es-tu membre de l’Ataa ?
a) oui
b) non

Question 4 : As-tu adhéré au Snac ?
a) oui
b) non

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Seul un faible pourcentage d’adaptateurs est adhérent du Snac. Il faut dire que ce syndicat, qui défendait auparavant les intérêts des adaptateurs « vers le français », n’a que très récemment changé ses statuts pour prendre en compte plus largement les auteurs de « dialogues et commentaires d’œuvres audiovisuelles dans une langue différente de celle du tournage ».



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Question 5 : Vers quelle(s) langue(s) traduis-tu ?

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A partir de quelle(s) langue(s) ?

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L’éventail de langues représentées est vaste ! C’est l’occasion de rappeler que même dans le cas d’une adaptation vers le français, il est toujours préférable de faire appel à un spécialiste de la langue étrangère considérée, plutôt que de passer par ce que l’on appelle une « traduction relais » (faire adapter un film à partir d’une liste de sous-titres réalisés préalablement dans une autre langue, souvent l’anglais) pour des raisons de budget ou de temps. L’adaptateur de langue française peut au besoin travailler en binôme avec son confrère spécialiste de la langue « rare » en question si celui-ci ne manie pas parfaitement le français (à ce sujet, voir aussi la p. 21 de la brochure de l’Ataa « Faire traduire une oeuvre audiovisuelle« ), et les deux traducteurs peuvent alors signer l’adaptation ensemble. Sans oublier qu’il existe des adaptateurs parfaitement bilingues qui travaillent dans les deux sens, et d’autres qui prennent eux-mêmes l’initiative de se faire relire par un confrère de langue maternelle française.



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Question 6 : Tu fais :
a) doublage
b) sous-titrage
c) voice-over
d) traduction avant doublage français

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Ce questionnaire a permis à un certain nombre d’adaptateurs vers des langues autres que le français de se réunir et d’échanger sur ces questions : un plus pour renseigner d’autres confrères, faire circuler les informations et aller vers la résolution de certains problèmes communs à tous les adaptateurs, quelle que soit leur langue maternelle.

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nov 15

(Cliquer ici pour lire le premier volet de cet entretien.)

Dans la seconde partie de l’entretien, Marie-Céline Noclain revient sur les liens entre traducteurs et directeurs artistiques, le rôle du client final dans la réalisation d’une version française, le (triste) sort parfois réservé aux traductions en enregistrement et l’évolution des exigences vis-à-vis des adaptations.

Y a-t-il des demandes précises des rédacteurs Arte s’agissant de la direction artistique ? Comment la chaîne contrôle-t-elle l’étape de l’enregistrement ?

Le contrôle en amont, c’est le casting que propose le D.A. : il transmet systématiquement des échantillons de voix à la chaîne, qui fait son choix. Arte peut aussi demander qu’un programme soit confié à un D.A. donné, en fonction du style de direction des uns et des autres. Pour certains documentaires, le rédacteur vient en outre assister à l’enregistrement. Dans ce cas, je sais qu’une partie de la direction artistique va m’échapper, c’est comme ça… Mais dans l’ensemble, le contrôle se fait surtout a posteriori : la version française doit être encore validée par Arte une fois qu’elle est enregistrée et mixée.

Il y a aussi la fameuse indication « Direction artistique fine, s’il vous plaît ! » qui figure parfois sur les bons de commande. Là, on fait de son mieux en sachant que le client sera très exigeant sur le résultat, mais on ne dispose pas d’indications plus précises. En revanche, rien n’empêche le D.A. d’appeler le rédacteur et d’orienter son travail en fonction de cet échange. C’est une pratique courante.

L’une des demandes de la chaîne, c’est aussi qu’on lui apporte « du sang neuf » et de fait, les comédiens se renouvellent beaucoup. Il y a quelques années, une autre société de postproduction strasbourgeoise a commencé à faire venir de Paris des comédiens de doublage pour les enregistrements de documentaires, ce qui ne se faisait qu’exceptionnellement auparavant. Les autres laboratoires lui ont emboîté le pas, et ça a entraîné une grosse évolution dans le style d’interprétation des textes.

En définitive, ça correspond à ce que souhaite Arte : s’éloigner d’un style de documentaires un peu plat et sans relief. Les traitements très neutres sont désormais réservés à l’information et aux reportages. Pour tout le reste, il faut incarner davantage le texte, être vivant.

Les traductions ont suivi ce mouvement ?

Oui, on est allé vers plus d’adaptation et plus de simplicité. À une époque, il y avait des règles sacro-saintes, des mots à bannir : on avait par exemple l’interdiction formelle d’utiliser le passé simple, jugé trop littéraire. Aujourd’hui, on estime que son emploi peut se justifier sans alourdir la traduction, que tout dépend du contexte. « Être » et « avoir » étaient pratiquement bannis au profit de verbes plus riches ; cette règle paraît un peu désuète, maintenant. La traduction évolue autant que la langue française.

On préfère globalement la simplicité, pour éviter de noyer les téléspectateurs dans un flot de paroles. Ça crée aussi des dilemmes, bien sûr : il ne s’agit pas de tout niveler et j’aime aussi entendre du beau français. Comme en toute chose, il faut trouver un juste milieu.

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nov 02
Marie-Céline Noclain

Un bon D.A. doit savoir où il va !

Que devient une traduction/adaptation de voice-over une fois que son auteur l’a rendue ? Après relecture, elle passe entre les mains d’un directeur artistique qui va superviser l’enregistrement des voix.

Marie-Céline Noclain exerce ce métier de directrice artistique (elle préfère dire « D.A. ») dans le créneau spécialisé des documentaires Arte, après avoir dirigé pendant plusieurs années le service multilingue d’une société de postproduction strasbourgeoise. Nous l’avons rencontrée pour en savoir plus sur cette profession aux contours parfois flous et sur ses liens avec la traduction/adaptation audiovisuelle.

Parcours, compétences et méthode de direction artistique sont au programme de la première partie de cet entretien en deux volets.

Quel a été ton parcours ?

J’ai fini mes études par un DEA d’études germaniques, avec un mémoire orienté sur la télévision. À l’époque, j’ai postulé auprès de Carmin Films (aujourd’hui Seppia) à Strasbourg et je suis tombée au bon moment, car la responsable du service multilingue était sur le point de s’en aller. J’ai été retenue pour le poste, mes fonctions se partageaient entre une partie coordination (planning des traductions et des enregistrements, arrivée des commandes, livraisons, etc.) et une partie relecture de traductions. J’étais contente de faire des relectures parce que je suis plutôt une littéraire… Petit à petit, j’ai délégué certains aspects organisationnels pour faire davantage de relectures et m’intéresser de plus près aux castings. Je m’occupais aussi des relations avec le client (Arte), des discussions de fond avec les différents rédacteurs de la chaîne ou encore des éventuels litiges sur les traductions.

Comment es-tu ensuite arrivée à la direction artistique ?

À l’origine, la notion de D.A. était assez floue chez les laboratoires de postproduction travaillant pour Arte. Certains en avaient, d’autres pas, les ingénieurs du son se débrouillaient souvent tous seuls… c’était un peu informel. Jusqu’au jour où Arte a demandé expressément à ses prestataires de faire appel à un directeur artistique, vers 2004. Je n’avais pas forcément prévu de me lancer là-dedans, mais après tout, je connaissais les rédacteurs chez Arte, je connaissais les textes, puisque je les relisais, et je connaissais aussi les comédiens… Je me suis dit que j’allais essayer.

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sept 19

Qu’est-ce que le partage intersocial ? Que devient le bulletin de déclaration envoyé par un auteur de traduction audiovisuelle à sa société de répartition ? Comment est fixé le montant des droits reversés aux auteurs par les chaînes de télévision ?

Dans son numéro 40 de mai 2011, la Lettre de la Scam (Société civile des auteurs multimédia), Astérisque, proposait un long article intitulé « La perception et la répartition pour les nuls », qui répond à ces questions et à bien d’autres encore. Cet aperçu des coulisses de la Scam nous a semblé intéressant à reproduire sur le blog de l’Ataa, puisqu’il concerne notamment les auteurs de traductions/adaptations de documentaires.

Le chapeau de l’article annonce notamment que « la déclaration en ligne des œuvres sera une réalité de la Scam avant la fin de l’année ». Et de fait, l’extranet de la Scam (c’est-à-dire l’espace réservé à ses membres) a fait peau neuve cet été.

Scam 01
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Le bulletin de déclaration d’une traduction audiovisuelle, qu’il fallait auparavant remplir à la main, prend désormais la forme d’un document PDF que l’on peut compléter directement sur son ordinateur. Il faut encore l’imprimer pour le communiquer à la Scam, mais ce changement est d’ores et déjà appréciable. En attendant une déclaration 100% en ligne (réservée pour l’instant aux réalisateurs de documentaires), vous pouvez découvrir les étapes de la perception et de la répartition des droits dans l’article qui suit.

Un grand merci à son auteure et à la Scam, qui nous ont autorisés à reproduire ce texte.

La perception et la répartition
pour les nuls

Béatrice de Mondenard

Pour mieux comprendre à quoi correspond la retenue statutaire pour frais de gestion, prélevée sur les droits versés aux auteurs.

Dans un monde rêvé, les auteurs déclarent en ligne, les œuvres ont un numéro d’identification, les opérateurs font un reporting exhaustif des œuvres exploitées, et des logiciels sophistiqués permettent de calculer à qui reverser quoi. Ce ne sont pas là des utopies puisque la déclaration en ligne des œuvres sera une réalité de la Scam avant la fin de l’année. Dans l’attente, pour que les sommes perçues par la Scam auprès des diffuseurs et opérateurs soient bien réparties aux auteurs, des équipes s’activent pour saisir les bulletins, les analyser et les enrichir. Visite guidée des services de perception, documentation et répartition.

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mai 10

Tous pour Jean Bertrand !

Tous pour Jean Bertrand !


Les assemblées générales extraordinaire et ordinaire de la Scam (Société civile des auteurs multimédia) se tiendront le 1er juin 2011. À cette occasion, les adhérents de cette société d’auteurs (qui, rappelons-le, gère les droits d’exploitation des documentaires traduits diffusés à la télévision) sont appelés à renouveler une partie du Conseil d’administration et à se prononcer sur un projet de réforme de ses statuts. Entretien avec Jean Bertrand, traducteur et candidat à ces élections, qui revient pour nous sur l’évolution de la place des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel au sein de la Scam.

 

Peux-tu nous dire en deux mots qui tu es et pourquoi tu as souhaité t’engager à la Scam ?

Je travaille depuis une vingtaine d’années comme traducteur de l’allemand vers le français, dans le domaine de l’audiovisuel et de l’édition. Cela m’a donné le temps d’observer la profession et de me poser pas mal de questions sur la pratique de ce métier. Traduisant surtout des films documentaires, j’appartiens de longue date à la Scam. En 2005, au moment de la réforme du mode de répartition qui a provoqué quelques remous au sein de la Scam, je me suis mobilisé pour défendre les intérêts des traducteurs. Cela m’a valu d’être nommé en 2006 à la Commission audiovisuelle, l’un des cinq collèges d’auteurs qui représentent le répertoire de la Scam. C’était une première !

 

Que s’est-il passé depuis ?

En 2009, la Scam a nommé un second traducteur à cette commission, en qualité de suppléant ; il s’agit de Christophe Ramage qui, la même année, s’était porté candidat aux élections du Conseil d’Administration. Là encore, c’était une première et le blog de l’Ataa s’en était fait l’écho.

Nous participons à la vie de la commission, qui donne son avis sur certaines questions qui seront ensuite discutées au Conseil d’administration, formule des propositions d’actions professionnelles et participe à l’action culturelle (préselection des Etoiles de la Scam, des autres prix audiovisuels, soirées de projection…).

Mais nous nous efforçons aussi d’œuvrer pour une meilleure visibilité des traducteurs à la Scam, qui se montre d’ailleurs plutôt réceptive à nos initiatives.

Cela passe par des choses très concrètes puisque la présence des traducteurs est désormais matérialisée par un onglet à part entière sur la page d’accueil du site de la Scam. Nous apparaissions aussi nommément dans le dernier rapport moral de la société. Et une plaquette « Vous êtes auteur de doublages ou de sous-titrages ? La Scam est votre société d’auteurs » devrait sortir très prochainement.

Nous assurons également un lien constant entre l’Ataa et la Scam, afin que l’information circule au mieux dans la profession.

 

Parlons des élections et des assemblées générales de cette année…  De quoi s’agit-il ?

D’abord, la Scam soumet à ses adhérents un projet de modification de ses statuts, qui prévoit notamment la création d’un poste réservé à un traducteur lors de l’élection du Conseil d’administration. Si cette réforme est adoptée, elle prendra effet au prochain renouvellement du conseil, en 2013. Ce serait un grand pas en avant pour les auteurs de traductions audiovisuelles et la confirmation que la Scam a amorcé un vrai mouvement d’ouverture vis-à-vis des traducteurs.

Il est donc tout naturel que je dépose ma candidature à l’élection du Conseil d’administration. Je souhaite poursuivre mon action, continuer à mieux faire connaître notre métier au sein même de notre société d’auteurs, et y défendre la qualité du doublage et du sous-titrage de documentaires. Cette candidature m’a semblé importante à la veille de cette réforme des statuts : il est plus que jamais nécessaire que les traducteurs de l’audiovisuel manifestent leur envie de participer à la vie de la Scam et saisissent la chance qui leur est donnée de faire entendre leur voix.

 

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Avis aux membres de la Scam :

Vous trouverez Jean Bertrand sur la liste A « Collège des œuvres audiovisuelles » des candidatures au Conseil d’administration.

Le projet de modification des statuts et du règlement général fait l’objet d’un bulletin de vote à part (« Assemblée générale extraordinaire »). Vous pouvez voter dès maintenant en ligne ou par courrier, ou encore en séance le 1er juin lors des Assemblées générales. Pour de plus amples précisions, rendez-vous sur le site de la Scam. Les adhérents de l’Ataa peuvent également consulter le fil de discussion consacré à ce sujet sur le forum.

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déc 06

Fruit de trois ans de travail, la brochure Faire adapter une œuvre audiovisuelle – Guide du sous-titrage et du doublage est enfin achevée, mise en page et imprimée.

Il s’agit de la première publication de l’ATAA. Elle est coéditée avec l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF), laquelle a contribué à sa rédaction, et s’adresse aux véritables destinataires des traductions/adaptations audiovisuelles, que l’on appelle globalement les diffuseurs (y compris les entreprises hors du secteur de l’audiovisuel qui souhaitent faire adapter des programmes institutionnels).

La raison d’être de cette brochure est double : renouer le dialogue entre les auteurs et les commanditaires de traductions/adaptations, et œuvrer en faveur de la qualité en détaillant les conditions indispensables à l’obtention d’une adaptation qui rende justice à l’œuvre originale. L’ATAA entend ainsi mettre en lumière la valeur ajoutée que représente une bonne traduction – et, a contrario, rappeler combien une adaptation peut nuire à une œuvre si elle n’est pas réalisée dans les règles de l’art.

La brochure est structurée en trois grandes parties : tout d’abord, une partie générale qui présente les trois spécialités de la traduction audiovisuelle (sous-titrage, doublage et voice-over) et décrit les conditions d’un travail de qualité. Dans un deuxième temps, la brochure s’adresse spécifiquement à ses différents destinataires : réalisateurs et producteurs, distributeurs, chaînes de télévision, éditeurs vidéo/DVD, festivals, entreprises et institutions. C’est l’occasion de prodiguer des conseils ciblés en fonction des particularités de chaque type de commanditaire. Enfin, les dernières pages abordent des questions liées au statut d’auteur des traducteurs/adaptateurs.

Ce guide du sous-titrage et du doublage est disponible en PDF sur le site de l’ATAA. Et sans plus attendre, vous pouvez la feuilleter virtuellement ici même !

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sept 23

Dans le cadre du colloque « La traduction des noms propres dans le contexte de la traduction des écrits de voyage », qui se tiendra le vendredi 1er octobre à l’ESIT (Centre Universitaire Paris-Dauphine, Métro Dauphine, Paris 16) à partir de 9h30, Anne-Lise Weidmann présentera une communication liée à la traduction audiovisuelle, dont voici le résumé.

Norme, pragmatisme et frustration : la traduction des noms propres dans le documentaire de voyage

Le documentaire de voyage conduit le traducteur à se plonger dans un univers parfois inconnu, souvent exotique, dans un délai relativement bref. Les noms propres y occupent une place non négligeable et leur traduction nécessite le recours à des sources et à des stratégies spécifiques pour restituer et/ou franciser toponymes et anthroponymes. Contrainte supplémentaire, ces recherches terminologiques se doublent nécessairement de recherches phonétiques, le texte du documentaire étant destiné à être enregistré par un comédien. En la matière, le traducteur est souvent amené à trouver un compromis entre la norme prescrite par les sources dites « de référence » et un certain pragmatisme imposé par la nature du support qu’il traduit, destiné à un média de masse. Il en résulte une négociation constante et parfois frustrante – une situation bien connue des traducteurs, mais qui a de quoi surprendre, à première vue, puisqu’il est « simplement » question de transposer des noms propres d’une langue dans une autre.

Voici une description du colloque :

D’Ibn Battuta à James Cook, de Luis Chang à Marco Polo, de Jules Verne à Bruce Chatwin, des journaux de bord aux carnets illustrés en passant par les mémoires, les voyages ont de longue date donné lieu à des récits, biographiques ou de fiction, à des formes d’écriture diverses qui semblent susciter un engouement croissant, à en juger par les ventes en librairie de ce type d’écrit ou par le succès renouvelé d’année en année du festival « Etonnants voyageurs » organisé par Michel Le Bris.

L’Ecole Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs réunit, dans le cadre d’une journée d’étude organisée par son Centre de recherches en traductologie (Cr-Trad), des traducteurs qui feront part de leur expérience, aborderont et développeront les problématiques spécifiques à ce champ de la pratique.

Le programme complet se trouve ici (pdf à télécharger sur la colonne de droite) ou .

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juil 01

Plongée dans le tutorat

Plongée dans le tutorat


Deuxième épisode du journal de bord de tutorat de Clémence. Lire aussi : l’épisode 1.

Comme je l’ai déjà évoqué, c’est surtout le fait de prendre en compte l’ensemble de toutes les consignes propres à la traduction audiovisuelle qui représente pour moi la plus grande difficulté. A trop vouloir me concentrer dessus, j’ai pu oublier des règles que je suis censée maîtriser. Voilà le genre d’erreurs que j’ai commises et relevées après correction :

Il s’agit parfois de simples erreurs d’inattention, auquel cas je me suis laissée « piéger » par l’anglais et ai utilisé un vocabulaire imprécis, voire tout à fait inapproprié.

Dans le premier documentaire animalier que j’ai traduit apparaissait la phrase suivante : Its foot bones are adapted so it runs only on tiptoe. Alors qu’il était fait allusion à un guépard, je l’ai traduite par Les os de ses pieds font qu’il ne court que sur les pointes. Je savais évidemment que pattes aurait été bien plus adroit que pieds, il ne s’agissait là que de l’une des nombreuses erreurs d’inattention que j’ai faites.

Dans les quelques émissions que j’ai déjà traduites, j’ai bien sûr rencontré des termes qui m’ont posé davantage de problèmes. Étant donné mon manque d’expérience en traduction professionnelle, je n’ai pas tout de suite adopté les bons réflexes face à un terme inconnu, quel que soit son degré de technicité.

Pour reprendre l’exemple d’un animalier, je n’ai pas toujours su me référer aux sources adéquates pour trouver certains noms d’animaux. Face au terme anglais corn snake, j’ai testé à tout hasard le terme serpent des blés sur Google pour voir s’il existait en français. Il semblait effectivement être couramment utilisé et c’est donc pour lui que j’ai opté, sans chercher plus loin. Lorsque Christophe a relu mon travail, il m’a signalé que ça n’était pas le terme exact. Si j’avais cherché dans des sources plus sûres et plus précises, j’aurais certainement trouvé le nom correct.

A présent, afin de mettre le maximum de chances de mon côté, je cherche dans la mesure du possible dans des dictionnaires spécialisés, encyclopédies ou autres sites officiels tout terme qui me paraît relativement technique. Lors de la traduction d’une émission autour de l’exploration d’une épave, j’ai ainsi été amenée à consulter – entre autres choses – un dictionnaire technique maritime et les sites Internet du ministère de l’Ecologie et de la Fédération française d’études et de sports sous-marins.

Bien que je traduise uniquement des documentaires qui restent à ma portée, c’est-à-dire pas trop techniques et n’exigeant pas des recherches trop longues, j’ai tout de même rencontré des mots anglais dont je n’ai trouvé l’équivalent dans aucune des sources que je viens de mentionner. J’ai appris à surmonter cette difficulté, soit en poussant mes recherches plus loin, soit en optant pour un terme plus général qui m’évite toute faute de sens.

Par exemple, dans le documentaire dont je viens de parler, j’ai rencontré le terme maritime report. D’apparence simple, j’ai pensé le trouver rapidement en français. Ça n’a pas été le cas et sur les conseils de Christophe, je me suis « limitée » à l’expression documents maritimes. Ainsi, j’étais sûre de ne pas commettre de faux-sens.

Cette liste de difficultés n’est évidemment pas exhaustive mais au cours de mes relectures, je me suis aperçu qu’elles revenaient relativement souvent. Je pense qu’il est primordial d’y être confronté avant de se lancer dans la vie professionnelle, et si possible dans un autre cadre que le cadre scolaire, afin de mieux connaître ses faiblesses et d’éviter le maximum de pièges.

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juin 23

A l’ATAA, nous réfléchissons depuis quelque temps à l’éventuelle mise en place d’une forme de tutorat pour les étudiants en formation à la traduction audiovisuelle pour pallier les stages souvent abusifs qui leur sont proposés dans les laboratoires de doublage/sous-titrage. Nous sommes cependant confrontés à plusieurs problèmes : difficulté de mise en place compte tenu des exigences administratives des universités (possibilité ou non de faire un stage auprès d’un indépendant, durée minimale…), fonctionnement quotidien (fait que nous travaillons à domicile, que nous avons une activité irrégulière, que nous travaillons pour la plupart seuls…), etc. Cette problématique m’intéressait et il se trouve que j’ai été contacté en début d’année par une étudiante de l’ISIT (Institut Supérieur d’Interprétation et de Traduction) qui souhaitait faire un stage de deux mois auprès d’un traducteur indépendant. Elle est avec moi depuis 15 jours et elle a gentiment accepté de nous faire part de ses impressions. Clémence, c’est son nom, nous adressera donc régulièrement par le biais du blog un billet d’humeur pour nous faire part des avantages/inconvénients de la formule que nous avons choisie, de ses impressions, de ses critiques, de ses coups de gueule et que sais-je encore. A bientôt !

Christophe Ramage

En 4e année à l’ISIT, je dois réaliser cet été un stage d’au moins huit semaines. L’année dernière, j’avais choisi une agence de traduction. N’ayant pas d’idée précise de la profession que j’aimerais exercer, bien que je tienne à travailler dans la traduction, il m’a semblé important de varier les expériences. J’ai évidemment beaucoup entendu parler du métier de traducteur indépendant au cours de mes études, sans jamais vraiment savoir à quoi m’attendre. Faire un stage auprès d’un traducteur indépendant était donc pour moi la seule façon de me confronter à des conditions réelles : surcharge ou manque de travail, gestion du temps, aspect administratif, etc.

Voilà deux semaines que j’ai commencé ce stage.  L’organisation est proche de ce à quoi je m’attendais : je travaille dans « mon » propre bureau sur une traduction que me confie Christophe, mais j’ai la possibilité de lui poser toutes les questions que je souhaite. Les premiers jours néanmoins, je n’ai pas eu le réflexe d’aller l’interroger régulièrement, et ai préféré garder tous mes doutes pour la fin. C’était sans compter sur le nombre de difficultés que j’allais rencontrer ! Ce n’est qu’une fois ma traduction corrigée que j’ai réalisé l’importance de demander de l’aide et résoudre régulièrement mes difficultés.

Ma première « mission » consistait en la traduction d’un documentaire animalier de 52 minutes déjà assurée par Christophe, qu’il m’avait mise de côté car elle était censée être simple. J’avoue pourtant, en bonne débutante, m’être un peu perdue dans toutes ces nouvelles consignes et recommandations. L’exercice de la traduction audiovisuelle étant tout nouveau pour moi, il a fallu que je mette en pratique toute une série de compétences auxquelles je fais peu souvent ou jamais appel.

D’abord, je ne suis pas réellement exercée à la compréhension orale. Même si mon oreille s’y est vite habituée, j’ai réalisé que cet enseignement n’était pas vraiment mis en valeur à l’ISIT.

Une fois le message compris, j’ai dû passer à la traduction. Une étape qui, théoriquement, ne devrait pas me poser trop de problèmes. Mais traduire tout en prenant en compte de nouveaux paramètres tels que la gestion du temps de parole, c’est bien différent de la traduction d’un simple texte à laquelle j’étais habituée.

Après lecture et correction de ma traduction, Christophe a passé plusieurs heures à m’expliquer mes erreurs (il faut dire qu’il y en avait…) J’ai ainsi pu mettre le doigt sur mes principales faiblesses : mauvaise présentation de la traduction, trop de répétitions, passages carrément oubliés, etc.

Il me paraît absolument nécessaire qu’un traducteur indépendant qui reçoit un ou une stagiaire soit en mesure de lui accorder une partie de son temps. Si un stage de ce type est idéal pour quelqu’un qui souhaite travailler dans des conditions de travail réel, il deviendrait vite inutile sans des corrections et un retour réguliers. Je me suis aperçu que je faisais rapidement fausse route en travaillant seule trop longtemps.

Depuis la semaine dernière, je traduis un autre documentaire animalier, lui aussi sur les serpents. Cette fois-ci, j’ai un délai à respecter : je dois avoir fini ma traduction dans deux jours, quand Christophe rendra son propre travail à son client. Evidemment, je me suis mise au travail bien plut tôt que lui. Le défi pour moi, c’est de mettre en application les leçons que j’ai retenues de ma première expérience audiovisuelle.

Je pense avoir déjà beaucoup insisté sur la nécessité de la disponibilité du traducteur qui prend un stagiaire. Mais je tiens aussi à souligner l’importance d’un tel stage, qui représente pour tous les étudiants en traduction l’unique moyen de se faire une idée du métier qu’ils envisagent de faire.

Clémence

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mai 18

Vendredi 21 mai, à partir de 9h30, la Bibliothèque Nationale de France rend hommage au cinéaste David MacDougall, en sa présence. L’entrée est libre et gratuite. Voici le début du texte de présentation de cette journée :

Mal connu en France, David MacDougall est généralement considéré comme le plus important représentant du cinéma anthropologique dans le monde anglo-saxon aujourd’hui. A l’occasion des 25 ans de la Société Française d’Anthropologie Visuelle, la BnF et la SFAV organisent une journée en l’honneur de ce documentariste dont l’œuvre, entamée à la fin des années soixante, a été primée dans les festivals du monde entier. En collaboration avec son épouse Judith, David MacDougall a inventé une manière moderne de rendre compte de l’expérience vécue et de la vision du monde des personnes qu’il filme. Il fut ainsi – évolution en apparence anodine, mais en réalité cruciale – le premier à sous-titrer la parole « indigène » au lieu de la doubler, la donnant ainsi d’un coup à entendre comme jamais auparavant.

Cet événement nous donne l’occasion de revenir sur un texte important de David MacDougall : « Subtitling Ethnographic Films », d’abord publié en 1995 dans la revue Visual Anthropology Review, puis remanié et repris dans le livre Transcultural Cinema (1998), où l’on trouve également d’autres textes sur le cinéma ethnographique.

MacDougall commence par insister sur l’importance du sous-titrage dans ce type de cinéma :

L’apparition des premiers films ethnographiques sous-titrés, dans les années 1970, eut sur le public un impact comparable à celle des premiers films étrangers en VO sous-titrée [aux États-Unis], peu après la Seconde Guerre mondiale. Avant cela, quasiment tous les films ethnographiques étaient bâtis autour d’un commentaire en voice-over» qui évoquait les personnes montrées à l’écran, mais ne leur passait que rarement la parole. Si, par chance, on les entendait s’exprimer, leurs propos étaient tout simplement ignorés (ce qui impliquait qu’ils ne valaient pas la peine d’être compris) ou bien traduits par une voix recouvrant la leur et qui, en un sens, parlait à leur place. (…)

Le sous-titrage fit entrer le cinéma ethnographique dans une nouvelle phase. Dès lors, les spectateurs n’eurent plus seulement accès à des informations orales à propos des individus apparaissant dans ces films, mais purent les voir et les entendre d’une façon plus directe.

Il se penche ensuite sur le processus de sous-titrage proprement dit, fournissant de nombreux exemples tirés de son expérience en tant que réalisateur surveillant de près cette étape (intervenant donc pour lui à la phase de la post-production). Choix des informations à retenir, découpage, registres de langue, durée des sous-titres : autant de points sur lesquels il réfléchit, de façon théorique autant que concrète. Enfin, dans la dernière partie du texte, « Les limites du sous-titrage », il reconnaît un certain nombre de défauts liés à ce mode de traduction, qui s’opère au détriment de la communication non-verbale, par exemple.

Gageons que l’on pourra juger sur pièces vendredi en découvrant plusieurs films de David MacDougall. A ce propos, le programme de la BnF donne un avertissement à la logique quelque peu étrange : « Attention : certains films sont présentés avec un sous-titrage en anglais. Ils pourront néanmoins être suivis sans difficultés » !

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